L’Opposition exhorte la CENI à sauver la présidentielle

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dynamique oppositionC’était un véritable choc frontal hier dimanche 21 février 2016 entre la Dynamique de l’opposition et la Commission Electorale Nationale Indépendante. Vital Kamerhe, Joseph Olenghankoy, Martin Fayulu, Jean- Lucien Bussa, José Makila, Freddy Matungulu, Gabriel Mokia … ont fait le déplacement de la Centrale Electorale pour exprimer leur désaccord à tout glissement de l’élection présidentielle prévue le 27 novembre 2016, conformément au calendrier global et inclusif publié par la CENI en février 2015.

Face à Corneille Nangaa, président de la Ceni, Joseph Olenghankoy a martelé, au nom de la Dynamique de l’Opposition, que l’élection présidentielle doit se tenir impérativement dans le délai constitutionnel.

Il a souligné que la Constitution du 18 février 2006 votée par referendum par la majorité des Congolais, après une longue crise de légitimité au sommet de l’Etat congolais,  oblige la CENI à convoquer le corps électoral 90 jours avant la fin du mandat de l’actuel Chef de l’Etat.

Olenghankoy a insisté sur le respect de la Constitution, fruit d’un accord politique après une longue guerre qui avait coûté la vie à plus de cinq millions de Congolais.

Le modérateur en exercice de la Dynamique de l’Opposition a fait savoir que sa famille politique peut à la limite concéder à la Ceni le report d’autres scrutins. Mais il est hors de question de faire « glisser » la présidentielle, dont la date d’organisation est déjà fixée par la Constitution.

«Tout glissement du calendrier électoral pour l’élection présidentielle pourrait avoir des conséquences fâcheuses sur la jeune démocratie congolaise », a-t-il déclaré, avant de rappeler qu’à Sun City, les Congolais, toutes tendances confondues, avaient résolu de faire des élections l’unique source du pouvoir.

          Olenghankoy a, dans la foulée, mis Corneille Nangaa devant ses responsabilités pour que le processus électoral soit sauvé par l’organisation de l’élection présidentiel dans le délai constitutionnel, car le coût de cette élection est parfaitement supportable par le trésor public.

Le président de FONUS a prévenu que sa famille politique mobilisera le peuple contre toute tentative du glissement de l’élection présidentielle. « La Constitution, notre loi fondamentale, doit être respectée dans toutes ses dispositions, y compris celles fixant le calendrier de l’organisation de la présidentielle », a-t-il ajouté.

          En réponse aux préoccupation de la Dynamique de l’Opposition, le président de la CENI a rassuré ses interlocuteurs quant à son attachement à la Constituion. Seulement, Corneille Nangaa a étalé les contraintes techniques, politiques et financières auxquelles se trouve confrontée son instituion pour organiser les élections.

A l’en croire, la principale contrainte est liée à la révision du fichier électoral, qui doit précéder la tenue des élections. Ce travail devrait consommer plus de 16 mois.

On signale que cette rencontre intervient 3 jours après la réunion entre le bureau de la CENI et les partis politiques au Palais du peuple.

          Le président de la CENI avait à cette occasion fait part aux délégués des partis politiques du glissement du calendrier suite aux contraintes techniques liées à la révision du fichier électoral.

          Les acteurs de la Dynamique ont profité la rencontre de dimanche pour faire leur plaidoyer en faveur de la tenue prioritaire de l’élection présidentielle, car verrouillée par la Constitution.

          Concernant l’appel au dialogue  de la communauté internationale, la Dynamique de l’Opposition considère ce forum comme inopportun, dès lors qu’il découle de l’initiative du Chef de l’Etat.

          Dans son communiqué rendu public le vendredi 20 février 2016, cette plate-forme de l’opposition demande à l’ensemble de la communauté internationale de tout mettre en œuvre afin que le président Kabila, garant de la Constitution, la respecte, libère la démocratie ainsi que le processus électoral, gage de l’unité nationale, de la paix, de la stabilité et du développement durable.

ERIC WEMBA