L’opposition dans la tourmente

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L’opposition congolaise saura-t-elle s’ériger en « front commun » face à la majorité au pouvoir, lors des échéances électorales unilatéralement programmées de 2011 à 2013 par l’agonisante Commission Electorale Indépendante ? Il est difficile d’y croire, au regard des contradictions qui s’observent dans ses rangs. Depuis que le président de l’Assemblée Nationale a annoncé la mise sur pied imminente du Bureau de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), l’Opposition Parlementaire ne semble pas du tout disposée à laisser un quelconque poste à l’opposition extraparlementaire. Le week-end dernier, l’on a entendu le président du groupe parlementaire ODR (Ordre des Démocrates Républicains), Roger Lumbala, évoquer les dispositions de la loi pour justifier la non qualification de cette tendance pour la CENI. Cette opinion est largement partagée par les députés et sénateurs de l’opposition.  

            A ce sujet, les opposants non représentés dans les institutions de la République rétorquent, que leur « oubli » volontaire a été justement cautionné par leur propre « famille politique », qui a également ignoré la société civile. 

Et, même alors, souligne-t-on, s’il existait réellement au sein de l’Opposition parlementaire une volonté d’associer l’opposition non institutionnelle à la CENI, rien ne s’opposerait à une telle option. La Constitution ne ferme la porte ni un opposant hors Parlement, ni à un délégué de la Société Civile. En d’autres termes, la dernière décision revient à l’Alliance de la Majorité Présidentielle ou à l’Opposition Parlementaire.

            Ainsi, parler de la Constitution relèverait d’un faux débat. 

L’Union Sacrée étouffée dans l’œuf ? 

            Pendant les dernières vacances parlementaires (juin-septembre 2010), plusieurs chefs des partis de l’opposition présents au Sénat et à l’Assemblée Nationale ont multiplié des appels du pied en direction de leurs collègues qui évoluent en dehors du Parlement. La volonté affirmée de leurs messages est d’arriver à la création d’une nouvelle Union Sacrée de l’opposition, qui se présenterait comme un bloc soudé, face à l’AMP, lors des élections de 2010 à 2013. L’objectif visé serait de mobiliser sérieusement l’électorat en vue de booster l’alternance au pouvoir à partir du sommet de l’Etat jusqu’aux entités de base, en passant par l’Assemblée Nationale, le Sénat et les parlements provinciaux.

            Mais, au vu de la grande fissure qui affecte l’édifice de la maison « Opposition » à partir de la privatisation, par l’Opposition parlementaire, du quota de ses représentants au Bureau de la CENI, il y a lieu de se demander s’il est possible de mettre ensemble les bénéficiaires des lois faites sur mesure et les troupes des partis victimes de l’exclusion. En clair, la partition unitaire ou commune que d’aucuns proposent à l’ensemble de l’opposition devient difficile à jouer à partir de ce jeu des dupes. Il serait dès lors  plus honnête de laisser le soin à chaque formation ou leader qui se réclame de l’opposition, de se battre seul pour soit échouer lamentablement, soit engranger des voix compatibles avec son poids sociologique sur le terrain. A moins d’un correctif d’ici le 25 septembre 2010, c’est une opposition largement divisée qui va affronter les urnes en 2011-2013.

Jacques Kimpozo

 

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