l’Ong Toges Noires inquiète de la persistante de l’insécurité au Sud-Kivu

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L’Organisation de Défense et de promotion des Droits de l’Homme et de Développement démocratique « Toges Noires » est très préoccupée par la situation Sécuritaire qui prévaut dans la province du Sud-Kivu, en général, et, en particulier dans le territoire de Fizi.

En effet, selon les renseignements qui se recoupent, la semaine dernière, la population du Centre Fizi, excédée par les violations massives, persistances, continues et impunies des Droits de I’homme dont elle est victime des faits des éléments des Forces Armées de la RDC déployés dons le cadre de l’opération Amani, a procédé au lynchage d’un soldat et, aussitôt après, a vidé le territoire pour se mettre à l’abri des actions punitives légendaires marquant souvent les hauts faits de cette armée.

Approchés par le Gouverneur de la province du Sud-Kivu pour regagner la cité, les leaders de la population de ce territoire conditionnent leur retour à la délocalisation des éléments des FARDC et à leur remplacement, de manière permanente, par les casques bleus de la MONUSCO. Répondant à ces préoccupations, le Gouverneur de la province dit que, faute pour le moment de la logistique appropriée, les éléments des FARDC décriés par la population ne pourront pas être délocalisés, mais qu’il prendrait des dispositions nécessaires pour que les mesures disciplinaires soient infligées aux soldats coupables.

Il ressort des faits ainsi décrits et de la réaction de l’autorité provinciale des évidences ci-dessous :

* Les éléments des FARDC déployés dans la province du Sud-Kivu dans le cadre de l’opération Amani se livrent à des violations massives des Droits de l’Homme.

* La population de Fizi, au lieu d’attendre la Justice militaire faire son travail, a recouru à la justice populaire en lynchant un soldat des FARDC ;

* La population de Fizi ne fait plus confiance aux casques bleus de la Monusco qu’aux éléments FARDC déployés dans le cadre de l’opération Amani ;

* Le Gouverneur de la Province du Sud-Kivu soutient la cohabitation de la population de Fizi avec les hommes en uniformes qui les martyrisent, mais lui promet seulement que les auteurs des forfaits perpétrés contre elle seront punis.

 

L’Organisation de Défense et de promotion des Droits de l’Homme et de Développement démocratique, « Toges Noires » rappelle que :

* Plusieurs rapports des institutions internationales et des organisations des Droits de l’Homme documentés accusent les éléments des FARDC de perpétrer des violations des Droits de l’Homme; et ce, sans que les autorités congolaises ne s’en émeuvent.

* Le recours à la justice populaire et la préférence des casques bleus de la MONUSCO à l’armée nationale produit généralement, dans le mental de la Population, la méfiance dans les institutions, le divorce entre les dirigeants et le peuple ainsi que l’inexistence de l’Etat,

* Les rapports d’audit de la Justice et d’observation des prisons de la RDC relèvent les difficultés que rencontrent les magistrats pour poursuivre les hommes en uniformes, l’impunité dont bénéficient bon nombre de ces délinquants et la multiplication de cas d’évasions orchestrées par leurs collègues.

* Le Gouvernement de la République. sans consultation préalable aucune de la population qui, du reste, est la première victime de l’insécurité, avait, au cours de l’année qui vient de s’écouler, au motif qu’il avait la logistique nécessaire et le personnel aguerri pour assurer la protection des personnes et de leurs bien sur toute l’étendu du territoire national, mené une campagne intense pour obtenir le retrait de la MONUSCO et de ses casques bleus du pays; casques bleus qui, à entendre les préoccupations de la population du Sud-Kivu. la protège et la rassure mieux que les éléments de FARDC.

* La Constitution de la République prescrit, en son article 182, qu’il est de la responsabilité de l’Etat de garantir, à travers la Police nationale, la sécurité des personnes et de leurs biens et poursuit, en son article 182, que les Forces armées ont pour mission de défendre l’intégrité du territoire national et les frontières et qu’elles participent, dans les conditions fixées par la loi, en temps de paix, ou développement économique. social et culturel ainsi qu’à la protection des personnes et de leurs biens.

* La Constitution de la République prescrit, en son article 69, que le Président de la République veille au respect de la Constitution et qu’il est garant du respect des traités et accords internationaux, dont les instruments juridiques internationaux des Droits de l’Homme garantissant le droit à la sécurité de la personne et de ses biens, et poursuit, en son article 83, que le Président de la République est le Commandant Suprême des Forces armées dont, à lire l’article 81 alinéa 3 de la Constitution, il nomme les officiers généraux et supérieurs, le Chef d’Etat major général, les chefs d’état-major et les commandants des grandes unités.

Forte de ces fais et de ce rappel, l’organisation de Défense et de promotion des Droits de l’Homme et de Développement démocratique, « Toges Noires » :

* Accuse les autorités en place d’avoir cherché à exposer la population de la province du Sud-Kivu aux exactions des éléments de FARDC, et ce, pour avoir, dans le cas d’espèce. demandé le retrait de la MONUSCO et de ses casques bleus et menti l’opinion tant nationale qu’internationale que le pays avait déjà une armée capable de garantir seule la sécurité des personnes et de leurs biens, alors qu’ils savaient bel et bien. Tel qu’il se constate sur terrain, qu’il n’en est pas le cas ;

* Condamne avec la dernière énergie toutes les violations des droits de l’Homme perpétrées sur la population du Sud-Kivu par les éléments FARDC déployés dans le cadre de l’opération Amani par les FARDC et demandent au Président de la République, Commandant suprême de cette armée de prendre les dispositions nécessaires pour sanctionner les auteurs de tous ces forfaits, réparer les préjudice causés à la population de Fizi et libérer le territoire de Fizi de ces éléments en uniformes qui se comportent plus en force d’occupation qu’en armée.

* Juge dangereux le maintien, dans le territoire de Fizi, d’une force armée qui ne jouit plus de la confiance de la population et tient les autorités en place responsables de toutes les violations des droits de l’Homme qui surviendraient encore à la suite de la présence de cette force dans ce territoire.

 

 

Maître Marie André Muila Kayembe

Secrétaire Général

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