L’ONG « Mbou-Mon-Tour » en campagne de sensibilisation à Bolobo

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Au moment où tous les pays du monde commencent à prendre conscience  des risques de la destruction de la biodiversité, où des forums internationaux sont consacrés à ce sujet de brûlante actualité, et où les communautés locales tardent à se mettre au pas, des initiatives privées à compter sur les bouts de doigts s’amorcent en RDC. Et avec une forte dose de détermination, l’une d’elles chapeautée par Jean-Christophe Bokika Ngawolo, a lancé depuis 1997, en compagnie de quelques bénévoles et avec de maigres ressources, une organisation non gouvernementale dénommée Mbou-Mon-Tour, dont la mission principale est la conservation de la nature.

Témoin de la destruction de la faune à la suite des campagnes ininterrompues de chasse au gibier, au détriment de la préservation des espèces protégées, le président national de Mbou-Mon-Tour avait pris en son temps et au risque de sa vie et celle de siens, le courage de hausser le ton, contre la disparition accélérée de certaines espèces. Incompris à cette époque, son entreprise était considérée comme hasardeuse et sans lendemain. C’était un véritable sacerdoce que se consacrer à la cause de la protection de la faune que d’aucuns croyaient destinée à l’alimentation humaine.

Ce rêve fou, est devenu réalité avec la conjonction de plusieurs facteurs dont l’implication de quelques autorités gouvernementales et des responsables de l’Institut congolais pour la conservation de la nature et des pressions du Fonds mondial pour la conservation de la nature ( WWF) et de l’UICN.

Epinglons quelques actions de Mbou-Mon-Tour :  forte campagne auprès des populations locales de la province de Maï-Ndombe, pour les amener à rompre avec leurs habitudes alimentaires de consommation des primates et d’autres espèces protégées. Le président national de Mbou-Mon-Tour a sillonné des villages, navigué sur de lacs à bord de petites embarcations et traversé la forêt pour parler avec les autorités traditionnelles, les paysans et autres chasseurs sur les menaces de disparition des primates.

Avec la prise de conscience des populations locales, l’utilisation durable de la biodiversité et la conservation des bonobos sont devenues de préoccupations majeures dans la plupart des villages riverains des habitats naturels de ces primates. En 2001 en révélant au monde scientifique, la présence des bonobos dans le territoire de Bolobo, Jean-Christophe Bokika avait suscité un intérêt majeur pour la faune congolaise et les bonobos.

Bien que contestée, cette présence des primates sera confirmée par WWF en 2006, précisant qu’elle l’était avec une densité importante. Cela a eu pour conséquence, la modification de landscape Lac Tumba et l’installation de WWF dans la région.

Pour ce faire, Mbou-Mon-Tour s’est consacré ensuite à l’habituation et le monitoring des bonobos, ainsi que le développement des activités alternatives susceptibles de réduire la dépendance des populations locales à la forêt. Face aux enjeux de l’heure, Jean-Christophe Bokika a engagé «  ses troupes » à étendre dans les différents villages du territoire de Bolobo, la culture de la lutte contre la destruction des forêts par la production des braises et la coupe de bois de chauffe, la passion de la conservation de nature avec comme axe central la préservation et la protection des primates. Mais aussi le reboisement pour mieux lutter contre les menaces de désertification.

            J.R.T.