Londres exige l’élection présidentielle en 2017

0
1476
President Kabila looks on during signature ceremonies.« Nouveau Dialogue pour un nouvel Accord politique », « Kabila doit transférer le pouvoir pacifiquement », « Election présidentielle en 2017, avec une date précise » : telles sont les trois exigences du gouvernement britannique formulées à l’endroit des autorités congolaises. Et c’est Tobias Ellwood, ministre des Affaires Etrangères chargé de l’Afrique et du Moyen-Orient, qui l’a fait savoir dans un communiqué remis aux médias. 
 
On croit savoir que cette réaction est liée à la fois à l’absence du « Rassemblement » au dialogue-monologue en chantier à la Cité de l’Union Africaine, aux manifestations populaires contre la non convocation du corps électoral pour le scrutin présidentiel le 19 septembre 2016  mais surtout aux velléités de glissement du processus électoral clairement affichées par la Majorité Présidentielle, avec la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) au cœur de la manœuvre.
          Manifestement, le pays de sa Majesté Elisabeth II, à l’instar de plusieurs pays occidentaux (Belgique, France, Allemagne, Suisse, Etats-Unis d’Amérique, Canada…) voudrait voir la République Démocratique du Congo rompre avec le passé sombre des « présidents à vie » et s’engager dans la voie de l’alternance démocratique, gage de la cohésion nationale, de la stabilité politique, de la paix et du progrès socio-économique.
          «La Constitution de la RDC est claire que les aspirations démocratiques du peuple congolais doivent être remplies par des élections, en particulier l’élection présidentielle. Ceci est également l’avis unanime du Conseil de Sécurité des Nations Unies », a martelé l’homme d’Etat britannique, qui a poursuivi : « Le Royaume-Uni regrette que le corps électoral ne soit pas convoqué 3 mois avant la fin du mandat du président Kabila, comme la Constitution l’exige ».
          Foncièrement opposé au « glissement » de l’élection présidentielle, Tobias Ellwood, qui parle au nom de son pays, exhorte « toutes les parties à parvenir à un Accord urgent sur une date pour l’élection présidentielle en 2017 ».
          S’agissant des contraintes techniques, financières et autres, le gouvernement britannique se déclare « prêt à soutenir le processus électoral en RDC à la fois financièrement et diplomatiquement. Cependant, la responsabilité principale de l’organisation des élections incombe au gouvernement de la RDC ».
          A l’instar de Washington, Londres insiste sur la passation civilisée du pouvoir entre le président sortant et son successeur à sortir des urnes : « L’un des plus grands héritages que le président Kabila peut laisser à son peuple est une passation pacifique et démocratique du pouvoir, la première dans l’histoire de la RDC. Nous exhortons le président Kabila et son gouvernement à prendre rapidement cette responsabilité », fait savoir le ministre Tobias Ellwood.
S’il y a une chose à relever dans la position britannique face au processus électoral congolais, c’est le fait que les USA, le Canada et l’Europe parlent désormais d’une seule voix dans leur vision de l’avenir immédiat du grand Congo. Ils en appellent vivement à la tenue de l’élection présidentielle dans le délai constitutionnel et à l’alternance démocratique au sommet de l’Etat. A leur avis, la survie de l’Etat-Nation en RDC est à ce prix. Un schéma autre que celui du respect du jeu démocratique dans la conquête ou la conservation du pouvoir serait suicidaire pour un Etat aussi fragile politiquement, militairement, financièrement et socialement que le pays de Lumumba.
                                      Kimp