Lokondo qualifie l’arrêt de la Cour constitutionnelle de «honte pour la République»

0
261

Saisie trois semaines après la promulgation par le chef de l’Etat de la loi électorale révisée, soit le 15 janvier 2018, pour le dépôt de la première requête en inconstitutionnalité, c’est le vendredi 30 mars que la Cour constitutionnelle a dû rendre son arrêt. Celui-ci a posé
pas mal de problèmes pour pouvoir s’imposer comme décision judiciaire.

Car, il était difficile de trancher sur le vote des 8 membres du bureau qui était égalitaire, soit 4 pour et 4 contre. Il a fallu le vote du président pour trancher. Sans surprise, le président de la haute cour a choisi le camp du rejet de la requête e inconstitutionnalité de la nouvelle loi électorale.

Comme il fallait s’y attendre, ce vote prépondérant du président de
la Cour constitutionnelle a suscité des réactions aussi bien dans le
camp de ceux qui avaient saisi la cour que dans la sphère politique et
les organisations de la société civile.
Parmi les contestataires ou ceux qui dénoncent la position prise par
le président de la haute cour figure Henri Thomas Lokondo Yoka,
l’initiateur de la requête déposée le 15 janvier 2018 par un groupe de
députés nationaux et sénateurs.
Pour l’élu de Mbandaka, l’arrêt rendu par la Cour constitutionnelle
est une tricherie, une honte pour le pays, « c’est une tricherie,
c’est une honte pour la république », s’est-il exclamé.
Toutefois, il se réjouit d’avoir gagné malgré les manœuvres de
certains membres de la haute cour pour contourner la vérité. « En
dépit de toutes les manœuvres politiques qui ont émaillé la procédure,
nous avons gagné politiquement car sur les huit juges présents qui ont
voté l’arrêt, il y a eu quatre voix dissidentes. La voix du président
étant prépondérante, l’arrêt est difficilement passé. Ce vote ex aequo
neutralise politiquement la loi sur le plan de l’opinion tant
nationale qu’internationale … De ce fait, la Cour constitutionnelle,
sans le savoir, s’est démonétisée ».
On rappelle que le député national Henri Thomas Lokondo avait saisi
le 15 janvier 2018 la Cour constitutionnelle, avec un groupe de
députés et sénateurs, pour qu’elle déclare inconstitutionnalité la
nouvelle loi électorale révisée. Et après son groupe, trois autres
avaient agi dans le même sens. Mais voilà. C’est seulement le vendredi
30 mars 2018 que la haute cour a rendu son arrêt.
Dans leur démarche, Lokondo et Cie démontraient qu’en instituant le
seuil de présentativité, la nouvelle loi électorale violait la
constitution par le fait que cette disposition éliminait
automatiquement l’une des trois catégories des personnes éligibles, en
l’occurrence les indépendants. En effet, cette disposition contraint
tout le monde, y compris les indépendants au jeu de regroupement.
Chose impossible à imaginer pour des personnalités indépendantes.
Ladite disposition viole ainsi l’article 101 de la Constitution. Et
ceux qui avaient saisi la Cour Constitutionnelle s’étaient basés sur
l’article 118 de la loi fondamentale.
En outre, pour le camp de Lokondo, cet arrêt constitue un antécédent
fâcheux pour la République car que c’est à la cour constitutionnelle
que revient le rôle de juge des contentieux électoraux. D’où, elle
devrait se comporter en juge indépendant plutôt que partisan.
Dom