Lokondo contre la caporalisation des députés

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« C’est devenu ridicule qu’à chaque fois qu’il y a une motion de défiance, que mécaniquement soit suivie une motion incidentielle », a lâché le député national Henri Thomas Lokondo, à l’issue de la plénière du vendredi 6 octobre 2017 à l’Assemblée nationale, consacrée à l’examen des motions de défiance dirigées contre deux membres du
gouvernement, à savoir le vice- Premier ministre en charge de l’Intérieur, Emanuel Shadari, et son collègue ministre d’Etat en charge de la Justice, Alexis Tambwe Mwamba.

L’élu de Mbandaka, à qui le président de l’Assemblée nationale avait refusé d’accorder la parole pendant les débats, s’est tourné vers les médias pour désapprouver l’adoption de la motion incidentielle soulevée par un député de la Majorité Présidentielle, en l’occurrence
Zacharie Bababaswe, pour sauver les titulaires des portefeuilles de l’Intérieur et de la Justice, pourtant présents dans l’hémicycle, d’une déchéance qui planait dans les airs.

Par conséquent, les intéressés n’ont pu présenter leurs moyens de défenses face aux griefs retenus contre eux dans les deux motions de défiance initiées par des députés de l’opposition.

Seul à s’abstenir lors du vote de la motion de Zacharie Bababaswe, effectué à l’unanimité par les députés de sa famille politique, en l’absence de ceux de l’opposition, Henri Thomas Lokondo a déclaré qu’il n’était pas venu à l’Assemblée nationale pour se faire
caporaliser.
Dans une Assemblée où on s’emploie à tout galvauder, Lokondo estime
qu’on devrait tenir compte de la dignité et de la fierté des députés,
mais aussi des Arrêts de la Cour Constitutionnelle.
D’après lui, speaker de la chambre basse du Parlement, Aubin Minaku,
aurait dû d’abord lire, à l’intention de députés, l’Arrêt de la Cour
Constitutionnelle rendu depuis l’année passée sur la requête en
interprétation des articles 145 et 146 de la Constitution, afin
d’édifier tout le monde et clore un débat qui dure depuis 2015.
Lokondo a fustigé le fait que le président de l’Assemblée Nationale a
résumé l’Arrêt de la Cour Constitutionnelle et donné sa propre
conclusion, invitant au passage ceux qui n’étaient pas d’accord avec
lui de reposer la question à la Cour Constitutionnelle. L’élu de
Mbandaka a déploré aussi le fait que le bureau n’a pas pris soin de
distribuer le texte dudit Arrêt aux députés nationaux, comme l’exigent
les us et coutumes parlementaires.
« Répéter ce théâtre pendant toute la législature équivaut à la
caporalisation des députés », a-t-il martelé, avant de souligner que
l’Arrêt de la Cour Constitutionnelle est clair au sujet des articles
146 et 147 et ne donne pas matière à interprétation.
Selon cette haute institution judiciaire, la motion incidentielle
n’est pas prévue dans la Constitution. Lokondo a indiqué que l’enjeu
pour lui n’était pas de faire tomber les ministres par une motion de
défiance mais plutôt le débat républicain que devaient susciter ces
deux motions.
Il n’a pas compris pourquoi on a donné l’impression d’avoir peur du
débat, alors que la Majorité présidentielle ne manquait pas
d’arguments pour soutenir ses ministres.
Pour le précité, l’Arrêt de la Cour constitutionnelle a déjà tranché
: une motion incidentielle ne peut pas arrêter une motion de défiance.
Eric Wemba