Loi Sessanga et Onip : l’Opposition redoute un agenda caché

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mavungu-300x269Dans une déclaration datée du 25 novembre 2014 et signée Bruno Mavungu, Secrétaire général de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), les « Forces Politiques et Sociales pour l’Unité d’Actions » annoncent l’organisation, ce samedi 29 novembre 2014, d’une marche pacifique à Kinshasa. Les participants sont invités à se présenter à  9 heures au point de départ, à savoir le croisement des avenues Huileries et Kabambare, avant de progresser vers le boulevard du 30 juin jusqu’au point de chute, la Gare Centrale.

            Selon ses organisateurs, cette manifestation se voudrait un signal fort du peuple congolais contre toute tentative de prolongation de la législature en cours, dont l’échéance tombe en 2016.

            Le prétexte évoqué pour cette initiative est la commémoration, ce mercredi 26 novembre, dans la méditation, du « massacre » des militants des candidats de l’Opposition – Etienne Tshisekedi et Vital Kamerhe – par les forces de l’ordre et de sécurité, le 26 novembre 2011, jour de leur retour à Kinshasa. Alors qu’ils avaient programmé des bains de foule et des meetings pour la clôture de leur campagne à la présidentielle, ils avaient été bloqués et réduits au silence par les forces de l’ordre, avant que leurs sympathisants ne soient violemment dispersés, avec à la clef plusieurs morts et blessés, confirmés par la Division des Droits de l’Homme de la Monusco.

Dans la déclaration en question, l’Opposition politique soutient que le pouvoir en place, à défaut d’opérer un passage en force à travers une révision constitutionnelle, s’emploierait maintenant à négocier un passage en douceur au-delà de 2016, à travers la proposition de loi du député Sesanga portant sur la modification de la Loi électorale et le recensement à piloter par l’ONIP (Office National d’Identification de la Population).

            «Des informations de sources politiques diverses font état du retrait des projets de loi en rapport avec la révision constitutionnelle ou l’élaboration d’une nouvelle Constitution ainsi que de l’inscription à l’ordre du jour de la proposition de loi Sesanga. Nos sources renseignent aussi que la Majorité mécanique au pouvoir profiterait de cette proposition pour obtenir malicieusement le glissement du calendrier électoral afin de prolonger le mandat de monsieur Kabila et de toutes les institutions au-delà de 2816 », lit-on.

            Mavungu et compagnie pensent que « la mise en place précipitée de l’ONIP (Office National d’Identification de la Population) ainsi que la nomination à sa tête d’une personnalité controversée visent le même objectif. En effet, l’ONIP est chargé d’organiser le recensement qui prendra 3 à 4 ans et les élections ne pourront être organisées qu’après cette opération », souligne-t-on.

S’agissant de l’opération « Likofi », les Forces Politiques et Sociales pour l’Unité d’Actions appuient le rapport de Human Rights Watch mais préconisent l’approfondissement des enquêtes afin d’identifier, au-delà des policiers et de leurs responsables, les vrais commanditaires des exécutions sommaires des « Kuluna ».

            Au chapitre de l’insécurité qui prévaut dans la partie Est du pays en général et à travers le territoire de Beni en particulier, elles invitent le pouvoir en place à bien disséquer le rapport d’enquête parlementaire, qui a établi des complicités entre les tueurs et certains éléments des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo).

Enfin, les Forces Politiques et Sociales pour l’Unité d’Action réitèrent leur exigence concernant l’organisation d’un Dialogue national inclusif entre le pouvoir, l’Opposition, la Société Civile, les mouvements rebelles et les groupes armés, selon l’esprit et la lettre de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, afin de résoudre la crise de légitimité au sommet de l’Etat, de mettre fin aux conflits armés, d’impulser une véritable réconciliation nationale, de restaurer l’Etat de droit, de booster la bonne gouvernance, d’éradiquer les antivaleurs (corruption, concussion, détournement des deniers publics, pillage des ressources naturelles,  de remettre le pays dans la voie de la vraie démocratie, etc.

 

                                   Kimp

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