Loi électorale : l’Opposition ne rassure pas !

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Le toilettage de la Loi Electorale est censé être en chantier, depuis plusieurs jours, au sein de la Commission ad hoc de l’Assemblée Nationale. Celle-ci a pour « matériels de travail » les amendements venus du gouvernement. Ce texte revêt une importance capitale pour la bataille des urnes car appelé à régler, entre autres questions, celles relatives à la taille des circonscriptions électorales et au nombre des sièges à leur attribuer tant pour la députation nationale que provinciale.

La Loi Electorale devrait aussi vider la controverse autour des modes de scrutins actuellement en compétition, à savoir la proportionnelle,  le scrutin majoritaire, le scrutin mixte, etc. Le même document est appelé à fixer les critères d’éligibilité des candidats à la Présidence de la République, au Sénat, à l’Assemblée Nationale, au Parlement provincial, au Gouvernorat de province, à la Mairie, à la Commune, au Secteur.
Personne n’ignore les querelles que soulèvent les paramètres tels que l’âge, le niveau d’études, l’expérience, la compétence, la nationalité, la caution financière, la moralité, voire le sexe (genre).

Prise de court et « dribblée » proprement par la Majorité Présidentielle en janvier dernier, à l’occasion de la session extraordinaire consacrée à la révision unilatérale de la Constitution, l’Opposition semble n’avoir pas tiré les leçons de ses faiblesses dans les travaux en commission et de son infériorité mathématique lors des votes « mécaniques » de l’Assemblée Nationale.

L’actualisation de la Loi Electorale échappe totalement à la Société Civile et à l’opposition extraparlementaire. L’unique possibilité de faire bouger les choses et de contrer la Majorité Présidentielle dans sa volonté de faire de la Loi Electorale une « copie collée » de la Constitution révisée reste, pour les députés de l’opposition, de se rendre totalement disponibles et suffisamment actifs dans la Commission ad hoc.

Mais les échos qui nous parviennent du Palais du Peuple laissent entendre que même les élus qui se réclament de l’opposition ont pris leur inscription à l’école buissonnière. Ceci risque d’avoir pour conséquence le passage, comme une lettre à la poste, de la mouture concoctée par le gouvernement. L’Opposition parlementaire sur laquelle l’on compte tant est gagnée par la distraction.
Ses élus sont plus présents et actifs dans leurs futures circonscriptions électorales que là où se discute la Loi Electorale, encore en circuit fermé. Pendant qu’ils mobilisent, leurs collègues de la majorité sont occupés à fixer, au profit des membres de leur famille politique, les termes des enjeux électoraux à venir.

Le MLC non partant

Parmi les groupes parlementaires de l’Opposition qui ont souvent fait la pluie et le beau temps tant en commissions qu’en plénières de l’Assemblée Nationale, il y a celui du Mouvement de Libération du Congo (MLC). Avec la crise de légitimité qui bat son plein entre les ailes « Muamba » et « Luhaka », il ne faut pas compter sur ce parti pour une contribution de valeur dans la défense d’une Loi Electorale qui accorde l’égalité de chances à tous les Congolais et Congolaises.

La division qui secoue le MLC est très mal tombée pour la bataille des idées entre l’Opposition Parlementaire et la Majorité Présidentielle.

Des opposants douteux ?

Le doute commence à gagner certains esprits quant à l’adhésion de certains députés de l’opposition au combat politique visant le changement. Nombre d’entre eux en effet, tout en se réclamant de cette famille politique, ont déjà traversé la rue sans crier gare. En dehors des défections et reniements connus, il y a déjà une flopée de « taupes » qui brillent par un double jeu, celui consistant à faire chorus avec l’opposition parlementaire le jour alors qu’une fois la nuit tombée, ils se retrouvent dans la mangeoire de la Majorité Présidentielle.

L’absentéisme de nombre d’entre eux aux travaux de la Commission ad hoc chargée de discuter des amendements du gouvernement avant leur intégration éventuelle dans la Loi Electorale est à chercher dans un vagabondage politique qui ne dit pas son nom.
Lorsque, dans les jours à venir, la Majorité Présidentielle, qui travaille pratiquement en solo, aura ficelé un texte sur mesure, que l’Opposition parlementaire ait la gentillesse d’épargner notre peuple des déclarations politiques sans lendemain.

Kimp

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