Loi électorale : des femmes interpellent le Chef de l’Etat

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La non prise en compte du principe de la parité homme-femme dans le
projet de loi portant organisation des élections présidentielle,
législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales, voté la
semaine dernière au Parlement, a terriblement déçu les femmes militant
au sein des organisations de la société civile et des partis
politiques.

A cet effet, le Cadre Permanent de Concertation de la Femme
Congolaise (CAFCO), en collaboration avec le Mouvement Rien Sans les
Femmes (RSLF), a organisé une conférence de presse le lundi 18
décembre 2017 à son siège, dans l’enceinte du ministère du Travail et
de la Prévoyance Sociale. Cette conférence avait pour but d’attirer
l’attention du Chef  de l’Etat sur cette anomalie contraire à l’esprit
et à la lettre des dispositions pertinentes de la Constitution en
matière de parité.
Cette activité avait pour animatrices Rose Mutombo (présidente
nationale de CAFCO), Adine Omokoko (secrétaire générale de Cafco),
Léonie Kandolo (membre de Cafco), Irène Esambo (RSLF) ainsi que
Solange Masumbuko de l’AFDC. Pour ces femmes, il est temps que les
institutions du pays prennent en considération les prescrits
sacro-saints de la Constitution de la République d’une part, et les
instruments régionaux et internationaux ratifiés par le pays d’autre
part.
S’agissant de l’alignement des femmes sur les listes électorales, Me
Irène a souligné que cette question fait débat depuis le Dialogue
Intercongolais de Sun City (2002). « C’est pourquoi, il est important
que nous puissions faire ce plaidoyer en vue d’attirer l’attention du
Président de la République pour que les dispositions genre, qui ont
été élaguée du projet de loi voté par l’Assemblée nationale soient
réintégrées ».
Voici en quoi se résume, en gros, les revendications  des femmes de
CAFCO et RSLF: -a prise en compte de la parité homme-femme ; la
cooptation d’une femme par province (art.118) ;  l’ajout du point  4 à
l’article 22 pour rendre  effectif le respect de la parité-homme femme
(point 4. Cette disposition stipule notamment qu’« une liste est
irrecevable si… elle ne respecte pas l’article 13 de la présente loi »
(art.22 point 2).
« Dans  les circonscriptions comptant cinq sièges ou plus, un siège
est réservé à la compétition des femmes » (Art.118) ; le principe de
rotation des candidats chefs coutumiers doit s’appliquer en tenant
compte des diversités ethniques du territoire ou de la province, selon
le cas, ainsi que de la représentation de la femme (Art. 154) ; la
prise en compte des personnes vivant avec handicap (Art. 13), et
enfin, les noms des deux suppléants dont un homme et une femme
conformément à l’article  14  de la Constitution et 13 de la présente
loi (Art. 149,186, 211).
Ces femmes ont rappelé que leurs revendications s’inscrivent dans la
droite ligne du message du Chef de l’Etat devant le Parlement réuni en
Congrès à l’issue des Concertations Nationales en 2013, dans lequel il
donnait  instruction au Parlement de prendre des mesures nécessaires
pour instaurer le système à compétition unique des femmes dans une
circonscription à trois sièges, dont un devrait revenir à la
compétition exclusivement féminine.
Interrogé sur les scores modiques des femmes dans les précédents
cycles électoraux, Rose Mutombo a fait savoir que ses consoeurs n’ont
jamais échoué. Au contraire, on assiste à leur montée en flèche au
plan de la participation. Leur souci est celui de voir cette
participation être reconnue comme un droit.  « Le plaidoyer que nous
faisons aujourd’hui et ici concerne les femmes des 26 provinces de la
République. Nous avons introduit notre demande d’audience auprès  du
président. Nous attendons la suite », ont fait savoir les panelistes.
Dorcas NSOMUE