Littérature : « Complice du destin » de l’écrivain Gabriel Kifukiau

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Ce titre est celui du nouveau roman de Gabin Kifukiau Mabanzila, porté sur les fonts baptismaux par le professeur Philippe Ntonda, le  samedi 12 décembre 2015, à la Halle de la Gombe.
Produit par les éditions « L’Erablière » du Canada, « Complice du destin », comme le renseigne son titre si évocateur, est un roman autobiographique écrit à la première personne du singulier qui relate une histoire vraie, dont le personnage principal du récit, Gabriel, n’est autre que l’auteur qui nous raconte un pan de cette histoire qui a marqué son destin pour toute la vie. 
Cette production littéraire parsemée d’anecdotes et d’événements vécus date de la veille de l’indépendance de la République Démocratique du Congo, c’est-à-dire de 1959 jusqu’à l’entrée de l’Afdl. En effet, loin d’être une fiction, toutes les scènes décrites dans ce roman se passent dans des villes et endroits où le personnage principal du roman a vécu. Notamment,  le territoire de Kasongo Lunda, dans l’ancienne province du Bandundu, où l’auteur remet en surface tous les souvenirs de sa tendre enfance, ainsi que sa vision du monde dominé par la figure d’un père « évolué » exerçant comme infirmier auxiliaire et agent sanitaire au service de la colonisation.
En ce temps-là, un tel père ne pouvait que fasciner et éblouir les yeux d’un enfant qui était à la recherche d’un modèle. Par ailleurs, au fil des pages, le lecteur pourra se rendre compte par lui-même qu’à l’heure où le problème migratoire se pose avec persistance, Gabriel était en avance par rapport aux jeunes de sa génération.
En effet, marqué par l’ « ailleurs »,  il va finalement venir, le temps pour lui d’aller découvrir le monde. Ce périple captivant va conduire successivement au fil du temps, le personnage principal à Luanda en Angola, Johannesbourg en Afrique du Sud, Maputo au Mozambique, Manzini au Swaziland, sans véritablement prendre racine. D’illusions en désillusions, in fine, Gabriel finira par se faire sa propre religion qu’ailleurs n’est pas forcement mieux que chez soi.
            Fatigué d’être à la poursuite du vent, il finira par s’établir dans son propre pays. En filigrane dans cette œuvre, tout lecteur réalisera que toute l’histoire du roman repose sur la conception du mot « destin » que construit l’auteur avec ses matériaux. Car, dans son entendement et dans son embarras de donner un contenu à ce concept qui demeure polysémique, le destin est constitué par l’ensemble d’événements à la fois accidentels, éventuels, fortuits, etc.
            Bref, sur la  base d’une  somme d’expériences personnelles, ce roman qui invite à la lecture par son style alerte, vient d’être mis sur le marché du livre. Il sonne comme une interpellation à la jeunesse qui pense toujours qu’ailleurs, c’est mieux que chez soi.
            Très éclectique, polyglotte et père de famille, Gabriel Kifukiau Mabanzila que l’on ne présente plus,  a plus d’un tour dans son sac, disons-mieux, une idée dans sa tête. Doublement licencié en pédagogie appliquée, option  Anglais et culture africaine de l’Institut pédagogique national – Université du Zaïre (Unaza) et licencié en Sciences de l’information et de la communication, il travaille finalement à Kinshasa  comme   Représentant pays de l’Ong de droit américain Population Media Center (PMC).
VAN