Liste des candidats à la présidentielle aujourd’hui : la Ceni sous haute surveillance de l’UDPS et du MLC

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Des millions de Congolaises et Congolais attendent, avec impatience, de connaître les listes provisoires des candidats aux élections présidentielle et législatives nationales du 23 décembre 2018, que la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), a promis de
rendre publiques ce vendredi 24 août 2018. Point n’est besoin de souligner que l’attention de tous se focalise sur les 25 présidentiables en attente de la confirmation de la validation de leurs dossiers déposés au siège de la centrale électorale.

On signale à cet effet que Corneille Nangaa et ses collaborateurs ont démarré, hier jeudi, l’examen desdits dossiers, en vue de décider de leur conformité ou non aux critères d’éligibilité définis dans la Loi électorale. Mais avant que la CENI ne dévoile les noms des « nominés », la fièvre monte de façon vertigineuse dans les rangs des cadres et militants de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social) comme de ceux du MLC (Mouvement de Libération du Congo). Et pour cause?

Des rumeurs de plus en plus persistantes, qui donnent l’air d’être le résultat des « fuites » volontaires en provenance de la CENI, font état de l’invalidation de certains candidats de l’Opposition, spécialement Félix Tshisekedi (UDPS et Alliés) et Jean-Pierre Bemba
(MLC et Alliés). Elles installent d’autant la psychose d’un projet des règlements des comptes qu’au moment où, des instructions officielles émanant du ministre de la Justice, invitaient la centrale électorale à invalider les candidats à la double nationalité dont les listes lui étaient envoyées par les « services compétents ».

Dans ce cafouillage, Félix Tshisekedi serait donné porteur d’une
fausse identité sur fond de la prétendue inversion de son nom,
Tshilombo, contre son post-nom, Tshisekedi, mais aussi de faux
documents académiques dont la traçabilité poserait problème et d’une
nationalité étrangère. Ces trois « péchés » réunis concourraient à son
inéligibilité.
Quant à Jean-Pierre Bemba, des juristes de la famille présidentielle
du Chef de l’Etat l’estiment non éligible au motif qu’il a été
condamné à une année de prison dans l’affaire de subornation de
témoins à la CPI (Cour Pénale Internationale) et qu’il serait, lui
aussi, porteur d’une nationalité étrangère. En dépit de la décision
attendue en appel au niveau de cette juridiction internationale, les «
juges » congolais de Bemba soutiennent que son sort est scellé.
D’où, tous les regards sont tournés vers la CENI (Commission
Electorale Indépendante), pour démontrer, à l’opinion tant nationale
qu’internationale, son indépendance vis-à-vis du pouvoir en place et
sa neutralité dans le traitement des dossierr de tous les candidats, à
la magistrature suprême comme à la députation nationale. C’est à un
véritable test de maturité et de responsabilité que sont soumis,
présentement, Corneille Nangaa et les membres de son staff.

Conditions d’éligibilité et d’inéligibilité

Compte tenu de la surenchère qui s’est installée, dans les salons
politiques de Kinshasa, au sujet des conditions d’éligibilité et
d’inéligibilité des candidats aux mandats présidentiel et législatifs,
un rappel puisé dans la Constitution et la Loi électorale s’impose. En
effet, selon l’article 72 de notre loi fondamentale du 18 février 2018
:
– « Nul ne peut être candidat à l’élection du Président de la
République s’il ne remplit les conditions ci-après :
–  1. Posséder la nationalité congolaise d’origine ;
– 2. Etre âgé de 30 ans au moins ;
– 3. Jouir de la plénitude de ses droits civils et politiques ;
– 4. Ne pas se trouver dans un des cas d’exclusion prévus par la Loi
Electorale ».

Quant à l’article 10 de la Loi électorale, il dispose que sont inéligibles :
«  1) Les personnes privées de leurs droits civils et politiques par
décision judiciaire irrévocable ;
1) Les personnes condamnées par décision judiciaire irrévocable pour
crimes de guerre, crimes de génocide et crimes contre l’humanité ;
2) Les personnes condamnées par un jugement irrévocable du chef de
viol, d’exploitation illégales des ressources naturelles, de
corruption, de détournement des deniers publics, d’assassinat, des
tortures, de banqueroute et les faillis ;
3) Les personnes frappées d’une incapacité mentale médicalement
prouvée au cours des cinq dernières années précédant les élections ;
4) Les fonctionnaires et agents de l’administration publique ne
justifiant pas, à la date limite du dépôt des candidatures, du dépôt
de leur demande de mise en disponibilité ;
5) Les mandataires actifs dans les établissements publics ou sociétés
du portefeuille ne justifiant pas, à la date limite du dépôt des
candidatures, de dépôt de leur lettre de démission ;
6) Les magistrats qui n’auraient pas donné la preuve, à la date limite
du dépôt des candidatures, du dépôt de leur lettre mise en
disponibilité ;
7) Les membres des forces armées et de la Police nationale congolais
qui n’auront pas donné la preuve, à la date limite du dépôt des
candidatures, de leur démission acceptée ou de leur mise à la retraite
;
8) Les membres du Conseil Economique et Social, du Conseil Supérieur
de l’Audiovisuel et de la Communication, de la Commission nationale
des droits de l’Homme, du Conseil National de Suivi de l’Accord et du
processus électoral, de la Cour des Comptes qui n’auront pas donné la
preuve, à la date limite du dépôt des candidatures, de leur démission
ou de leur mise à la retraite ;
9)       Les membres de la Commission Electorale Nationale Indépendante à
tous les niveaux, y compris le personnel »
Il est permis de croire, au regard de ce qui précède, que la CENI ne
va pas modifier les règles du jeu en pleine compétition.
Kimp