L’interminable journée de samedi 31 décembre

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whatsapp-image-2016-12-08-at-14-45-33-1132x670Le samedi 31 décembre 2016  fera date dans l’histoire politique de la République Démocratique du Congo. Ce jour en effet, un compromis politique sanctionnant la fin des négociations politiques entre les signataires de l’accord du 18 octobre 2016 et le Rassemblement a été finalement signé. Avant d’en arriver là, le suspense était à son comble.

– 9 heures : la fumée est encore noire car les divergences persistent.
La Majorité Présidentielle, avec Adolphe Lumanu en première ligne, tient absolument à faire inscrire dans le texte de l’accord l’article 5 de la Constitution, qui offre la possibilité d’organiser un référendum pour déverrouiller l’article 220, considéré par le Rassemblement comme le fruit de l’arbre interdit. Refus catégorique.

D’où, le blocage est total 10 heures : « Si les caciques de la MP tiennent à faire inscrire
l’article 5 dans l’accord, nous allons nous désengager et prendre le peuple congolais à témoins, déclare dans les couloirs le chef de la délégation du Rassemblement, Félix Tshisekedi.

11 heures : une autre affaire qui empoisonne le climat au Centre Interdiocésain, ce sont les mesures de décrispation politique en faveur de Moïse Katumbi et consorts, pour lesquelles le pouvoir en place traîne les pieds.

Les acteurs de G7 et de l’AR menacent de claquer la porte si le
gouvernement refuse d’accorder une mesure de grâce à leur candidat à
la prochaine élection présidentielle.
Faute de trouver un accord , les diplomates et autres officiels
invités pour la signature officielle de l’accord sont obligés de
rebrousser chemin.
En dépit du blocage, les tractations en coulisses se poursuivent dans
les couloirs.
– 12 heures : le Nonce Apostolique entre en jeu au Centre
interdiocésain. Il fait des navettes entre les deux camps.
-13 h30 : le Secrétaire général de la Majorité Présidentielle, Aubin
Minaku, fait son entrée dans la salle. Peu après, il improvise une
réunion de ses « troupes » dans la cour du Centre Interdiocésain. On
note la présence de Shadary, Tambwe Mwamba, Nkulu, Lumanu …
On croit savoir qu’il vient transmettre à ses pairs les dernières
instructions de leur « Autorité morale ».
Vieux routier de la vie politique, Kiakwama nous confie que les
caciques de la Majorité Présidentielle sont sous de fortes pressions
de la communauté internationale et qu’ils finiront par signer.
15 heures : les tractations politiques connaissent leur épilogue.
Delly Sessanga, qui y participe pour le compte du Rassemblement,
signale sur son compte tweeter que la fumée est devenue « blanche ».
La majorité renonce à sa démarche de faire inscrire l’article 5 de la
Constitution dans l’Accord politique.
Concernant le sort de Moïse Katumbi, on laisse entendre que
l’ex-gouverneur de l’ancienne province du Katanga vient d’instruire
ses lieutenants, à travers Olivier Kamitatu, de signer l’accord en
l’état.
« Que mon problème personnel ne bloque pas la signature de l’accord
», lâche-t-il dans un tweet.
22 heures : de nombreux invités, dont des diplomates, affluent au
Centre Interdiocésain, pour assister à la cérémonie officielle de
signature de l’Accord global et inclusif entre la Majorité
présidentielle et le Rassemblement.
Dans son allocution de circonstance, le président de la CENCO, Mgr
Utembi, rappelle les fondamentaux de cet accord, notamment le maintien
de Joseph Kabila à son poste, jusqu’à l’investiture du nouveau
président élu.
L’accord interdit néanmoins à l’actuel Chef de l’Etat de postuler
pour un troisième mandat et d’organiser un référendum.
L’accord prévoit l’organisation des élections en 2017 et la
redynamisation de la Commission Electorale Nationale Indépendante
(CENI).
Le président de l’UDPS et du Conseil de Sages du Rassemblement est
désigné, par consensus, président du Conseil National de suivi des
résolutions de l’accord.
Le clou de la cérémonie est la signature de l’accord du 31 décembre
2016 par les délégués de différentes forces présentes au dialogue du
Centre Interdiocésain, avec en tête Alexis Tambwe  (Majorité
présidentielle), suivi de Félix Tshisekedi (Rassemblement) , Vital
Kamerhe (opposition signataire de l’accord du camp Tshatshi), Bongongo
(opposition Républicaine), Christopher Ngoyi (Société civile non
signataire de l’accord de 18 octobre), Madeleine Kalala (Société
civile signataire de l’accord de la Cité l’Union Africaine), etc.

ERIC WEMBA