L’Institut Monako de Ngiri-Ngiri sous le choc

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Mort du chargé de discipline Kanga Océan : suicide ou assassinat ?
L’ombre de la mort plane sur l’Institut Monako de Ngiri-Ngiri. Un membre du personnel administratif de cet établissement scolaire, Kanga Mazebo alias Ocean, 30 ans, chargé de la discipline, est mort la semaine dernière, dans des circonstances non encore élucidées jusqu’à ce jour.

Porté disparu depuis le dimanche 17 avril 2011, son corps a été découvert le mardi 19 avril, au bord de la rivière Ndjili Brasseries, d’abord par des jeunes gens, et puis par les policiers du sous-commissariat du quartier 13 à Ndjili.
Noyade ou crime crapuleux simulé en noyade ? Quelques thèses s’entrechoquent, mais déjà avec le recoupement de plusieurs témoignages, la version de l’assassinat semble prédominer.

Selon Mme Lisette Denyimi Olongo, sa femme, 27 ans, Kanga Mazebo alias Océan l’a rencontrée samedi 16 avril vers 2 H 30’, le temps pour ce dernier de l’informer qu’il devrait aller au deuil du père d’un de ses amis Ruffin, bouquiniste au Pont Kasa-Vubu. Elle s’y est opposée et lui a recommandé de ne pas s’y rendre seul.

Dimanche, Kanga Mazebo n’a pas fait signe de vie, toute la journée. Mme Lisette Denyimi s’est même inquiétée du silence. Car, elle n’a reçu aucun de ses appels. Lundi 18 avril, vers 19 H 15’, son père résidant sur Lokolenge n° 100, commune de Ngiri-Ngiri, a reçu la visite de quatre jeunes garçons qui seraient des amis de Kanga Océan. Ce groupe était composé de Fabrice, Preso, Charles et Yamis.
Le but de leur visite : informer le père que Kanga Océan n’a pas regagné son domicile depuis dimanche, et obtenir quelques frais de déplacement pour entreprendre des recherches. Ce qui fut fait.

Mardi 19 avril, vers 8 heures du matin, ce groupe de jeunes volontaires est rentré sur Lokolenge livrer une autre version. Cette fois, ils diront à Kanga Augustin, le père, que son fils Océan, avaient-ils appris, avait pris part à un pique-nique organisé par l’Institut Monako. Il était accompagné d’une jeune fille et avait séjourné dans un hôtel du quartier Ndjili Brasseries dont ils connaissaient l’adresse.
Le groupe a obtenu de nouveau les frais de déplacement et s’est rendu à Ndjili Brasseries en compagnie de Kanga Tonton,  grand-frère d’Océan.
A l’hôtel, le préposé a refusé de leur donner des renseignements, sous prétexte qu’ils n’étaient pas munis d’un bulletin de service et n’avaient aucun document les autorisant à mener une enquête.

Mercredi 20 avril, un rapport a été fait à Kanga Augustin qui ne s’expliquait pas la disparition prolongée de son fils. Révolté par les versions contradictoires en circulation, il a chargé l’un de ses fils d’accompagner les quatre amis d’Océan dans leurs recherches.
Le même jour, c’est au bureau du sous-commissariat du quartier 13 qu’est venue la première information vérifiable. Selon un des policiers, ils avaient fait depuis mardi soir, la découverte dans la rivière Ndjili, du corps d’un jeune homme frisant la trentaine, athlétique, barbu, portant une bague et quelques tatouages sur les bras.

Le procureur près le Tribunal de grande instance de Ndjili alerté, a ordonné la levée du corps, en même temps qu’il a établi une réquisition aux fins d’autopsie adressée au médecin-légiste.
«Plus aucun doute, c’est mon jeune frère» ! s’est écrié Kanga Tonton. Après un passage par la rivière, il est allé à la morgue de l’hôpital sino-congolais de Ndjili où il a trouvé le corps de son jeune frère en état de décomposition.
Sur instruction du père du défunt, le corps d’Océan a été transféré à la morgue de l’Hôpital général de référence de Kinshasa.    
 
Une grande blessure à la nuque

En effet, les premiers témoins de la découverte macabre notent que le corps portait plusieurs blessures. Avec un courage particulier, son grand-frère Tonton a relevé lui aussi mercredi dans l’après-midi, à la morgue, une grande blessure à la nuque et d’autres sur le corps. Ce même constat a été établi par les policiers qui avaient fait la descente à la rivière Ndjili.
Sur base de ces quelques témoignages, il ne fait l’ombre d’aucun doute que ces blessures sont consécutives aux violences subies par la victime avant d’être basculée dans la rivière.

Pour la famille Kanga qui s’est confiée au Phare, leur fils Océan a été assassiné. Les responsables de l’Institut Monako qui avaient organisé le pique-nique devraient expliquer comment Kanga Mazebo est décédé noyé, le corps portant des blessures.
D’autres questions soulevées par cette mort, méritent bien des réponses. Quelle est l’identité des tueurs de Kanga Mazebo alias Océan ? Quels sont les mobiles de leur crime ? Comment ont-ils opéré ?

Une plainte de la famille adressée au Bataillon de la police d’investigations criminelles, a permis à cette unité spécialisée de l’Inspection provinciale de la police ville de Kinshasa, d’entamer le travail fastidieux de reconstitution du parcours de Kanga Ocean de son domicile à la rivière Ndjili. Par où était-il passé ? Avec qui était-il ? Comment a-t-on mis fin à ses jours ? Pourquoi au lieu de donner directement l’information de la découverte macabre à la rivière Ndjili, a-t-on préféré berner la famille et soutirer des frais de recherche, sans associer son employeur, l’Institut Monako ?

Cette affaire criminelle mérite une enquête approfondie pouvant établir les responsabilités des uns et des autres. Au Bataillon de la police d’investigations criminelles, les batteries sont mises en marche pour traquer ces criminels qui se recrutent dans les rangs des autres travailleurs et ses amis sportifs.

    J.R.T.

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