L’industrie du crime frappe le cambiste Rosk

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cambisteEncore une fois, les nombreuses plaintes de la population kinoise au lendemain de la libération massive des Kulunas de la Prison centrale de Makala, n’ont pas suffi pour émouvoir les autorités urbaines et plaider pour le renforcement des mesures de sécurité durant les travaux de concertations nationales. Et pendant que l’actualité politique a braqué ses projecteurs sur les travaux de ces concertations et sur d’autres réunions organisées  à la fois sur trois sites, notamment à Kinshasa, Kampala et New York, l’industrie du crime dirigée par des hommes en uniforme, et opérant comme dans un territoire conquis, a choisi de frapper dans la commune de Kintambo. Et dans les milieux des cambistes. La victime désignée ? Tshimpaka mieux connu sous son sobriquet de Rosky, dont le toit paternel est situé dans le quartier avoisinant la Station d’essence Total.

 Aujourd’hui que son corps gît dans les tiroirs de la morgue de l’Hôpital général de référence de Kinshasa, les mobiles de son assassinat constituent toujours la grande inconnue pour les enquêteurs de la police criminelle du camp Lufungula mobilisés autour de ce dossier. Et de nombreuses questions demeurent sans réponses. Pourquoi l’a-t-on tué ?

Est-ce pour se refaire une santé financière ou parce que les changeurs de monnaie représentent des proies trop naïves qu’on peut facilement attirer dans un traquenard ? Ou est-ce sur instigation d’une main invisible tapie dans l’ombre que l’industrie du crime a retrouvé ses réflexes de terreur ?

            C’est en revisitant les faits tels qu’ils ont été rapportés par les voisins du quartier de la victime et les membres de sa famille qu’on tente aujourd’hui de se construire une version proche de la vérité.  Tout, comme il faudrait le signaler, a débuté dans la soirée de jeudi dernier. Fatigué et épuisé, Tshimpaka a préféré rester à la maison pour suivre les matches de l’Europe League à la télévision. Son copain Guy non autrement identifié viendra le solliciter pour aller satisfaire au coin de la rue, des clients désireux d’échanger un gros montant de devises contre des francs congolais. Rosky prendra la précaution de prévenir les membres de sa famille. Et voilà que depuis qu’il est sorti, le jeune homme ne sera plus de retour. Ce qui plongera dans l’inquiétude toute sa famille. Surtout que les premières nouvelles leur parvenues, ont fait état d’un enlèvement dont Tshimpaka a été victime de la part des hommes en uniforme qui l’avaient embarqué dans leur véhicule. Pour quelle destination ? Personne ne le savait. Car, les agresseurs de Rosky n’ont eu pour seul langage que de brandir leurs armes contre les voisins qui tenaient à savoir les raisons de cette arrestation nocturne. De toutes les façons, les spéculations tournaient autour soit d’une affaire de dette, soit d’une rivalité pour une jeune fille. Aucune de ces spéculations ne tenait la route. Rosky de nature très réservé, évite les dettes et s’intéresse peu aux demoiselles.

Voilà qu’après l’avoir cherché dans certains postes de police, et au camp Kokolo, de nouvelles déconcertantes tombaient comme la foudre. Le corps d’un jeune garçon frisant la quarantaine était découvert abandonné au bord d’une chaussée bordant le Stade Tata Raphaël, dans la commune de Kalamu. Sur le lieu, pas de doute. La victime était bel et bien Rosky Tshimpaka, le jeune cambiste de l’entrée Ma Campagne.

Pour les observateurs, le fait que les assassins de Tshimpaka aient recouru à son copain pour le sortir de sa parcelle, est un indice qui montre le rôle déterminant joué par Guy qui, contrairement aux habitudes chez les changeurs de monnaie, n’a pas voulu assister à l’opération de change pour réclamer son pourboire. Avait-il reçu déjà quelque chose de la part des hommes en uniforme ? Les connaissait-il ? Autant des questions que l’on peut se poser avant de trouver un éclairage sur les vrais mobiles de l’assassinat de Rosky que tout Kintambo pleure. D’autres suspects dans les milieux de cambistes seraient entendus dans le cadre de cette affaire par le Bataillon de la police d’investigations criminelles.                                                                                                                                                    J.R.T.

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