L’industrie du crime frappe encore à Kinshasa

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Le diamantaire Tshimanga assassiné

Kinshasa toujours hanté par des tueurs à gages de la pire espèce, a renoué mercredi, au moment où on s’y attendait le moins, avec ses réflexes de peur panique. Au coin des avenues Equateur et Komoriko, non loin du stade Vélodrome, commune de Kintambo, une jeep Durango de couleur grise en stationnement, laissait couler à l’une des portières, un filet de sang. Curieux, les passants et les habitants des environs n’ont pas retenu leurs larmes en jetant un coup d’œil dedans. Un spectacle macabre suscitait l’émotion : le cadavre d’un homme frisant la quarantaine, gisait sur le siège.

            Il était 2 H 45’. L’industrie du crime a choisi le mois de janvier 2010 pour signer son retour en force dans la capitale. Est-ce une nouvelle saison criminelle qui commence à Kinshasa ? Les faits le diront peut-être dans les jours qui viennent. Car, après le braquage et le meurtre du chauffeur du Programme national de lutte contre la trypanosomiase, les membres de la pègre ont abattu dans la nuit du mardi à mercredi matin, un diamantaire. 
Crime crapuleux ou règlement des comptes ? Il est trop tôt pour le dire. Toujours est-il que cette victime de l’insécurité a été identifiée plus tard. Et c’est peut-être dans sa vie professionnelle ou extra-familiale qu’il faudrait chercher la réponse à cet interrogatoire.
L’homme, Tshimanga Nyembo Diabintu alias Diab’s, est diamantaire passionné par le négoce des pierres précieuses. Il réside sur avenue de l’Ecole n° 15, quartier Ma Campagne, commune de Ngaliema.
En attendant les conclusions de l’enquête criminelle que le Bataillon de la police criminelle vient d’ouvrir, un chauffeur de taxi résidant sur l’avenue Equateur, à des centaines de mètres plus loin du lieu de crime, se rappelle avoir échappé de justesse à un braquage de la part d’une bande composée de quatre hommes.
Il était 2 H30’ mercredi, quand il regagnait son domicile à bord de sa voiture. A ses côtés, une jeune fille également témoin de l’agression manquée.
Au croisement des avenues Komoriko et Equateur, quatre gaillards en tenue civile et armés, étaient debout. Ils tentèrent de l’arrêter. Le chauffeur feignit de s’arrêter et dès que les assaillants se dirigèrent vers les portière, il accéléra et disparut dans un nuage de poussières. Quelques coups de feu  tirés en l’air ont salué sa fuite. Mais c’est plus loin que sa voiture tomba en panne.

Le diamantaire Tshimanga menacé par les professionnels du crime

Quinze minutes plus tard, le diamantaire Tshimanga a garé sa jeep Durango immatriculée 7188 AC 01 au bord de la chaussée, au croisement des avenues Komoriko et Equateur. Les bandits qui venaient de rater le taximan, se sont consolés à l’idée de voir une autre victime s’offrir.
Selon des témoins qui ont requis l’anonymat, les bandits ont demandé à la dame qui accompagnait l’homme d’affaires, de déposer son sac à main et sa belle paire des chaussures, et de courir sans regarder derrière.
Fouillé de fond en comble, le diamantaire a donné tout ce qui lui restait d’économies sans satisfaire ses agresseurs. A quoi tenaient-ils le plus ? Que lui ont-ils dit ? Voilà des questions auxquelles seuls les agresseurs de Tshimanga pourront répondre.
Des coups de feu, le diamantaire tué, la jeep transformée en cercueil est abandonnée sur le lieu du crime.
Aujourd’hui, les milieux des diamantaires en deuil, la profession crie à l’insécurité, réclamant que les pouvoirs publics puissent faire leur travail d’assurer la protection des personnes et de leurs biens. Si des tels criminels ne sont pas traqués,  ils se complairont dans l’impunité et l’on assistera à la recrudescence de la criminalité.
Alors que le corps du diamantaire a été acheminé à la morgue de la Clinique Ngaliema, le véhicule de Tshimanga est gardé à l’état-major du district de la Lukunga.

 J.R.T. 

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