Likinga « Redo » sera inhumé ce mardi à la nécropole Entre Ciel et Terre

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Likinga-Redo-tres-malade-en-Belgique_full_articleC’est depuis que le corps de l’artiste musicien Likinga Mangenza alias Redo est exposé dans l’enceinte de l’Assanef à Lingwala. Arrivée à Kinshasa le 25 août 2013 en provenance de Reims, en France, la dépouille mortelle de ce talentueux chanteur de charme a été conservée à la Clinique Ngaliema. La levée du corps a eu lieu lundi 26 août 2013 en présence des musiciens du Clan Langa-Langa et des amis  avec lesquels il a  partagé le son magique de Zaïko. En cortège, ils ont accompagné la dépouille mortelle jusqu’à la salle Assanef via un passage éclair à Barumbu, la Commune qui l’a vu grandir et démarrer sa carrière.

Likinga Redo qui a fait son entrée en 1974 dans Zaïko, a commencé au sein des Malou et Sensationnel, deux groupes des jeunes de Barumbu, avant d’aller fourbir ses armes dans Empire Bakuba. A la dislocation du Tout choc Anti Choc Zaïko Langa Langa, il avait rejoint l’aile dite «Familia Dei», avant de choisir de s’installer définitivement en France jusqu’à ce que la mort l’emporte.

Les fanatiques ont encore en mémoire, des chansons de cet auteur-compositeur de talent notamment Moselebende, Manzaka ebende, Viya et Kamanzi. « J’ai encore souvenance de la sortie de ce fougueux et talentueux chanteur sur scène dans Kin Show, une émission de variétés musicales, avec Zaïko à la Renapec. Mais c’est en 1976, à mes débuts en journalisme à Elima, un dimanche, que je le découvre en faisant son poster que je trouve des points communs avec moi. Tenez, il est né un an avant le 15 mars comme moi, il est Ngombe comme ma mère, nous avons un ami commun Edo Mbuta. C’est depuis sa mésaventure du Portugal que je l’ai perdu de vue jusqu’à l’annonce le 08 août dernier de son décès. De sa carrière dans Zaïko, je garde de lui le souvenir de quelqu’un qui ne voulait rien remettre à demain. Il faisait ce qu’on lui demandait à la perfection et voulait l’argent en contrepartie tout de suite sinon, clash. Adieu, cher ami et frère. Dansons et oublions, les êtres les plus chers nous quittent vite, la vie amène le deuil », a témoigné à chaud Eale Ikabe Jean-Pierre, journaliste et membre du Conseil Supérieur de l’Audio-visuel et de la Communication (CSAC).

C’est ce mardi que le corps de Likinga Redo sera inhumé à la nécropole Entre Ciel et Terre, dans la commune de la N’Sele.

Tshieke Bukasa 

1 COMMENT

  1. Merci Tshieke pour ce papier émouvant par le témoignage d’un proche de Likinga. Cela nous a permis de planter un souvenir bien vivant de ce chantre de la vie que fût Likinga. Vous avez cité « Moselebende » parmi ses créations. Ce qui fut en effet une belle oeuvre mais c’st aussi le nom d’un fétiche ! Je vais m’y attarder un peu. Ce fétiche à base de morve d’escargot ferait que celui qui en est envoûté soit attaché comme pas posssible à la personne qui en est le commanditaire. C’est pratiquement le sommet de l’envoûtement! La magie et toutes sortes de fétiches avec les féticheurs et marabouts sont souvent plébiscités par nos artistes musiciens comme si ce n’était que la voie à suivre quand on est désespéré en amour ou dépassé par ses soucis quotidiens. Et des tas d’exemples pulullent ainsi dans les thèmes exploités dans notre musique. C’est direz-vous la chronique de la vie de la population. Mais, combien encore jusqu’à ce jour tablent leur réussite dans ces pratiques si peu recommandables ? Ausi avant diffusion de leur oeuvre , certains musiciens en quête de succès iraient-ils d’abord déposer leur produit chez un féticheur ,un peu comme les footballers avant un match ,D’où de Zaîko langa langa, on a connu : « savon le coq accompagné na sonzo » pour parler fétiche. Mais quand on tourne le coin de la rue on tombe net sur l’autre pilier d’inspiration de notre musique : « le sexe » . Un exemple: Mokila eza na nyama ! ou Nzoto na nzoto…Suivez l’image … Le sexe élevé en piédestal par nos musiciens au grand dam des parents et personnes dites ‘bien éduquées ». Pourraient-ils nous dire où ils nous conduisent , ces musiciens? L’inspiration, si brillante soit-elle, si elle n’est pas disciplinée, on ne peut tomber que dans les bas fonds et dommage pour les os fragiles!…Mais malins comme ils sont, car conscients des énormités qu’ils diffusent, nos artistes musiciens ont pris l’habitude de développer un jargon propre à eux compréhensible surtout par les initiés. Et pour arriver à quoi en fin de compte ? Aussi un jour ou l’autre, par pur hasard ou au carrefour des curiosités, on finit avec stupeur par comprendre la signification de ce que l’on frédonnait si innocemment … Les bonnes moeurs chez nous n’existeraient finalement que pour les codes et non dans la pratique . Moralité: on devrait prévenir les consommateurs en indiquant bien visiblement sur la pochette de l’oeuvre  »interdit aux moins de 10, 12 ans … 18 ans » afin de protéger les mineurs. Dans certains cas, il serait même prudent de mentionner en clair  » cette oeuvre contient des propos pouvant offenser ». Voilà le travail d’une certaine commission de censure chez nous pour filtrer les énormités produiutes par des cerveaux parfois trop délurés . Adieu toutefois Likinga , tu as été une étoile dans le firmament de la musique congolaise . Dommage que tu n’y sois pas resté plus longtemps pour nous bercer d’avantage au pays des muses.

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