Liberté provisoire accordée à Fred Bauma et Yves Makwambala, main levée de la détention de Christopher Ngoy

0
178
Fred-Bauma-et-Yves-Makwambala-symboles-de-la-repression-en-RDCC’est vers 17heures 30 minutes hier lundi 29 août que la Cour suprême de Justice a rendu publiques deux ordonnances dans les affaires opposant respectivement l’Etat congolais à Fred Bauma de la Lucha (Lutte pour le changement) et Yves Makwambala de Filimbi (Sifflet), identifiés sous RP 4740. Le troisième dossier concerne un activiste des droits de l’homme,  Christopher Ngoy Mutamba,  identifié sous RP 4659.
Aux termes de ces ordonnances, la haute Cour accorde la liberté provisoire aux deux premiers cités tandis que pour Christopher Ngoy, elle a prononcé la main levée de la détention.
Avant d’en arriver là, la Cour s’était d’abord réunie à huis-clos avec les avocats vers 12 heures 30 minutes en attendant l’arrivée des trois prévenus. Au cours de cette audience non ouverte au public, les avocats de Fred Bauma, Yves Makwambala, et Christopher Ngoyi ont renouvelé les demandes de mise en liberté provisoire pour leurs clients que la Cour leur avait refusée lors d’une première tentative.
Cette fois-ci, a-t-on appris, le ministère public a abondé dans le même sens que le collectif des avocats des prévenus en sollicitant de la Cour la mise en liberté provisoire. On comprend clairement que c’était dans le but de rendre exécutoires les décisions prises il y a dix jours par le ministre de la Justice en vue de créer un climat de décrispation politique en prévision du dialogue.
L’affaire a été donc prise en délibéré, et à 17h30, la haute Cour a prononcé des ordonnances favorables aux requêtes des avocats. Le collectif des avocats des prévenus était composé de Me Jean-Joseph Mukendi wa Mulumba, Me Tuka, Me Mikobi, Me Mukengule, Me Kibamba et Me Yemomina.
On rappelle que Fred Bauma et Yves Makwambala sont membres des organisations citoyennes « Lucha » et «Filimbi» qui mènent la campagne de sensibilisation des masses en vue du respect de la Constitution avec un accent particulier sur l’alternance politique devant intervenir au sommet des institutions à la fin de l’année 2016 en cours. La Lutte pour le Changement, Lucha, revendique également un espace d’expression libre pour les citoyens auprès des autorités.
            Quant à Christopher Ngoyi, on sait qu’il a été arrêté au lendemain d’un tour effectué à l’hôpital général de Kinshasa, ex-Mama Yemo, pour s’enquérir de la situation notamment du bilan des victimes des journées chaudes de janvier 2015 à Kinshasa. Il est coordonnateur de la société civile de la République démocratique du Congo.
            Il importe de signaler que tous les trois ont été arrêtés au lendemain des manifestations organisées à travers le pays, en janvier 2015, à la demande des partis de l’opposition et des organisations de la société civile. C’était à l’occasion du vote le samedi 17 janvier 2015, par les députés de la majorité, de la loi portant modification de la loi électorale.
            C’est à 20 heures hier que les trois bénéficiaires des ordonnances de la Cour Suprême de Justice ont été libérés par le directeur de la prison de Makala expréssement rappelé à cette fin à son lieu de travail.
Dom