La liberté de manifester  en péril en RDC selon les ANMDH

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Garantie par l’article 26 de la Constitution qui recommande l’information en lieu et place de l’autorisation, le droit de manifester n’est plus exercé en RDC. Une décision des gouverneurs des provinces a suspendu depuis un certain temps ce droit constitutionnel.
Et, selon l’Ong «Les Amis de Nelson Mandela» pour la défense des droits humains (ANMDH), le droit de manifester même pacifiquement est en péril en RDC. Déclaration faite hier jeudi 25 janvier 2018 lors d’une conférence animée en la Paroisse Saint Joseph de Matonge par Robert Ilunga Numbi, Directeur Exécutif.
Avec comme thème « l’exercice des libertés publiques en RDC et les
événements du 31 décembre 2017 et 21 janvier 2018 », l’ONG «Les Amis
ne Nelson Mandela» n’a pas voulu être traité de complice par le
silence face à certains faits insupportables apportés par ses
observateurs. Son rôle n’est pas seulement de condamner le
gouvernement mais aussi de l’informer de ce qui se passe au pays et
qui va à l’encontre des droits humains.
La décision des gouverneurs des provinces est justifiée par le nombre
insuffisant des policiers pour encadrer les manifestants. Par contre
pour réprimer, le nombre des agents de l’ordre est suffisant. Un autre
motif évoqué par l’autorité est la peur des actes de violence même si
les marcheurs ont des bibles et rameaux en mains. Une autre  raison
avancée lors des répressions est qu’il n’y a pas eu autorisation alors
que nul n’a besoin d’une autorisation écrite pour exprimer ses
opinions ou revendiquer un droit sur les voies publiques.
Avec ce qui est observé lors des manifestations publiques, il faut se
poser la question de savoir si les élections seront libres,
transparentes et apaisées. Car, c’est en cette période que toutes les
libertés devraient s’exercer sans entrave conformément à la
constitution.
C’est aussi un étonnement d’entendre de la part des responsables de
la police qu’une manifestation a échoué ou réussi. Au regard de cette
constitution, les autorités policières ne sont pas conviées à ce genre
des déclarations.
Face à la situation, les ANMDH ont recommandé aux autorités
congolaises d’avoir une oreille attentive au cri du peuple qui ne se
retrouve pas dans leur manière de diriger. A la communauté
internationale de demeurer vigilante et continuer à identifier les
auteurs des violations des droits de l’homme pour des sanctions
appropriées. A la population de continuer à revendiquer ses droits par
la non violence et de collaborer efficacement avec elle afin que les
acteurs de certains crimes ne restent impunis.
Le Directeur Exécutif Robert Ilunga a rappelé qu’élu au conseil des
Droits de l’homme des Nations Unies, la RDC siégera  dès ce mois de
janvier 2018 dans cette structure des Nations Unies. Mais, la grande
question qui reste sans réponse est celle de savoir quelle expérience
le pays va apporter ou vanter. Il ne faut pas laisser le pays sombrer
et être toujours au banc des accusés. Tout le monde doit se remettre
en question, surtout ceux qui ont une parcelle d’autorité et sont
reconnus être les protecteurs des Droits de l’homme. Agir dans le sens
contraire pendant cette période de recherche de légitimé est criminel.
C’est à tort qu’il est demandé aux  défenseurs des droits de l’homme
d’être neutres. Devant un mal et un bien, devant le méchant et le
juste, devant la médiocrité et l’excellence, la barbarie et la
justice, l’oppresseur et l’opprimé, «Les amis de Nelson Mandela» ne
peuvent en aucun moment être neutres a affirmé Robert Ilunga. Sa
structure restera esclave de l’objectivité que de la neutralité qui
est souvent un comportement des lâches, des peureux et flatteurs.

Yves Kadima