Liberté de la presse : FFJ à Ndolo pour réconforter trois journalistes bénéficiaires de la loi d’amnistie

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Prison journalisteFreedom for Journalist (FFJ), organisation de défense et de promotion de la liberté de la presse a rendu visite, mardi 25 février dernier, à Patrick Palata, John Mpoyi et Fortunat Kasongo, respectivement journalistes à Canal Congo Télévision (CCTV),  Radio Lisanga Télévision (RLTV) et Radio Télévision Autonome du Sud-Kasaï (RTAS) détenus à la prison militaire de Ndolo, à Kinshasa, capitale de la RD Congo.

 La délégation de FFJ comprenait son directeur et chargé du fonds d’assistance au journaliste en détresse (FAJ). Sous une tente dressée dans l’enceinte de la prison pour abriter les audiences, la délégation de FFJ s’est entretenue avec les trois journalistes, chacun expliquant l’avancement de son dossier à la délégation, dossier que suit de très l’organisation depuis 2011 et 2012, années où les trois journalistes ont été interpellés par l’Agence Nationale des Renseignements et transférés à Kinshasa.

FFJ, qui travaille étroitement avec les avocats des journalistes, a assuré le condamné Palata et les deux autres détenus que la loi d’amnistie promulguée par le chef de l’Etat leur sera bénéfique parce qu’ils couvrent les faits insurrectionnels pour lesquels ils sont poursuivis et que ce n’est qu’une question d’heures. «Gardez votre moral haut, la profession est longtemps restée orpheline de vous et bientôt elle vous retrouvera, FFJ est à vos côtés. Le risque du métier, c’est aussi cela», a déclaré le directeur de FFJ. Les trois journalistes ont, de leur côté, remercié FFJ pour les actions qu’elle mène afin d’obtenir leur libération, allant, ont-ils rappelé, de leur transfert devant leur juge naturel à la demande de relaxation pour les deux condamnés.

 Les larmes de Palata

 Patrick Palata, 37 ans, n’a pas retenu ses larmes devant la délégation de FFJ qu’il a remercié de n’être jamais fatigué, en dépit de diverses menaces proférées, d’alerter l’opinion sur son emprisonnement. Il a, pour ce faire, rappelé que FFJ a pu imprimer le calendrier 2013 à son effigie, calendrier distribué aussi bien dans les ambassades que dans les rédactions de Kinshasa en signe de solidarité avec lui.

Mpoyi et Kasongo ont souligné avoir appris de leurs proches restés au Kasaï le travail abattu par FFJ pour obtenir leur libération. Les deux détenus ont souligné que l’aboutissement de la lutte est l’application de la loi d’amnistie.

 «Au nom de la cohésion nationale, une amnistie a été initiée par le législateur et son application imminente vous sera bénéfique, restez attachés aux prescrits de la déontologie pour ne plus donner un quelconque prétexte à qui que ce soit», a ajouté Désiré Kazadi à l’intention des journalistes, sourires aux lèvres, en attente de l’exécution de la loi. Arborant les blouses de détenus, les trois professionnels des médias ont indiqué être fatigués de porter une tenue qui a tout d’une caractéristique hors du commun.

 C’est aux termes d’environ deux heures d’échanges, loin de regards des gardes de la prison, que la délégation de FFJ a quitté la prison. On rappelle que FFJ s’est régulièrement signalé aux côtés des journalistes mis dans l’impossibilité d’exercer leur travail.

Les journalistes poursuivis ont été accusés de collision avec les responsables de différentes rébellions, allégation qu’ils ont toujours niées.

Tshieke Bukasa

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