Libération suspecte d’un redoutable assassin à Kinshasa

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Le meurtrier Bekazua tente d’extorquer une Mercedes au rond-point Victoire

La semaine passée, toutes les unités de la police étaient en émoi en apprenant à travers un message radio répercuté dans le réseau de télécommunication, la réapparition dans les rues de Kinshasa, d’un certain Bekazua, un redoutable criminel qui avait fait trembler toute la capitale à l’aube du second millénaire. Ce brigand était en réalité, un sergent qui aimait porter également les insignes de lieutenant des Fardc. Il avait marqué la criminalité de la ville de Kinshasa de ses empreintes.

 Car, c’est lui qui, en l’an 2.000, avait attaqué un soir, le fils de Monseigneur Bokeleale, ancien président de l’Eglise du Christ au Congo, au moment où ce jeune homme achetait, en compagnie de sa fille étudiante à l’Université protestante au Congo, des oranges, devant un étalage fruitier au quartier Tshibangu, à Bandal. Le bandit et ses comparses avaient tiré sur lui des coups de balle. Pendant qu’il se débattait entre la vie et la mort, les criminels, a rappelé une source, lui avaient arraché sa voiture.

La nouvelle de cette agression ayant abouti au meurtre du fils du représentant légal de l’ECC, avait plongé à l’époque, toute la communauté religieuse dans une profonde tristesse et révolté toutes les bonnes consciences. Dans les milieux de la police, on se demandait si cette agression répondait à un règlement des comptes. Car, ce meurtre était injustifié étant donné que Bokeleale Junior n’avait  opposé une quelconque résistance. Bekazua et ses acolytes avaient choisi de mettre fin à ses jours, comme si, outre l’extorsion de son véhicule, ils lui en voulaient personnellement. Ce crime gratuit et révoltant avait suscité beaucoup d’inquiétude et fait couler beaucoup d’encre et de salive. D’aucuns se demandaient si l’on visait Mgr Bokeleale et pour ne l’avoir pas atteint, il fallait s’en prendre à l’un de ses proches. D’autres pensent que pour démoraliser le président de l’ECC, il fallait frapper un grand coup. Toutes ces spéculations n’avaient pu orienter les enquêteurs vers d’autres pistes. La seule qui fera date est celle du vol à main armée du véhicule de la victime que les malfaiteurs avaient continué à utiliser jusqu’au jour où ils avaient guidé les enquêteurs vers leurs domiciles. Dès que l’un d’eux avait été arrêté, il a communiqué à la police les adresses des autres membres de la bande. Et de fil en aiguille, le gros des effectifs de ce groupe était mis hors d’état de nuire.

On se rappellera qu’à l’issue de l’enquête et de l’instruction de cette affaire, les meurtriers étaient transférés à l’auditorat militaire de garnison de la Gombe. Le dossier suivit son cours normal jusqu’au Tribunal militaire de ce ressort où Bekazua et sa bande ont été reconnus coupables d’association de malfaiteurs, de vol à main armée et de meurtre. Pour tous ces faits, ces criminels furent condamnés à la prison à perpétuité.

Des années plus tard, alors que pour des crimes de sang, les condamnés ne bénéficient pas de remise de leurs peines, Bekazua et certainement, ses amis, ont curieusement retrouvé la liberté.

Il revient aux enquêteurs de faire toute la lumière sur la remise en liberté de ce redoutable bandit qui a été récupéré dernièrement en compagnie de son comparse, le sous-lieutenant Andeke Ambia alias Alpha. Lors de leur dernière arrestation, une source indique qu’ils avaient tenté d’extorquer vers 17 heures, au rond-point Victoire à Matonge, une voiture de marque Mercedes Benz. Telle est la piste qui a conduit à leur capture. Les limiers du Bataillon de la police d’investigations criminelles l’ont facilement reconnu comme voleur à main armée récidiviste. D’ailleurs, les policiers ont surpris sur eux, un revolver GP de calibre 9 millimètres qui sera joint au dossier judiciaire.               

J.R.T.   

 

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