L’EXPULSION DES RDCONGOLAIS DU CONGO-BRAZZAVILLE : JEU POLITIQUE ET ENJEU SOCIAL

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            Au-delà de toutes les atrocités commises contre les RDCongolais, le vrai jeu politique reste celui du regain de tensions entre les gens du Nord et ceux du Sud du Congo-Brazzaville à la veille du recensement général tant redouté par ces derniers et les élections locales et communales pouvant permettre la reconduction du mandat du Président actuel. Ce débat de la reconduction n’est pas celui des dispositions constitutionnelles interdisant un troisième mandat au Président, mais d’une véritable épreuve politique entre le Nord et le Sud du Congo-Brazzaville.

La crainte du Sud se fonde également sur les grands avantages et privilèges accumulés par l’élite politique du Nord, ainsi que de nombreuses promotions de grades au sein de la police et de l’armée au grand détriment des gens du Sud, et cela depuis l’éviction de Massamba Débat. Le pouvoir institutionnel dont le siège est à  Brazza et les richesses pétrolières au Sud, ainsi que les grandes recettes portuaires de la Région de Pointe Noire  ne profitent pas suffisamment aux populations du Sud, pendant que les infrastructures routières vers le Nord sont florissantes.

Si les élites du Sud ne peuvent pas exprimer politiquement leurs frustrations contre le pouvoir en place dominé par les élites du Nord, la colère contre les RDCongolais devient l’expiatoire indiqué à la fois pour diminuer le nombre de ces derniers dans la comptabilité électorale et pour embarrasser le Président Sassou Nguesso, dont les relations familiales ont d’évidentes ramifications en RDC.

Cette réalité n’exclut pas le jeu politique personnel du Président Sassou Nguesso, en course pour la recherche du leadership dans la Région et particulièrement dans l’espace géopolitique RDC-Congo/Brazzaville. Le raté  de sa médiation pendant les dernières Concertations Nationales en RDC et la montée en puissance de l’Angola dans la Région des Grands Lacs ne sont pas de nature à laisser la RDC vaincre l’insécurité à l’Est et la Paix sociale dans tout le Pays pour se hisser au rang des Grands dans la Région.

C’est dans cette grille de lecture qu’il faut insérer l’enjeu social comme stratégie de déstabilisation de la RDC à partir de sa Capitale et de ses zones environnantes, particulièrement à l’Ouest, notamment les provinces du Bas-Congo, de Bandundu et de l’Equateur, considérées comme un espace anti-pouvoir.

Cette stratégie de refoulement des RDCongolais du Congo-Brazzaville pour faire saturer la capitale avec des faibles infrastructures et structures sociales, ainsi qu’une forte propension à l’émeute sociale a été utilisée  pour rendre impopulaire le Gouvernement Lumumba dès son installation en juin 1960, le Gouvernement Tshombe en 1965, le régime de Laurent Désiré Kabila pendant et après la guerre civile de Brazza en 1997. Les exactions physiques et le débordement de langage contre les RDCongolais pour les inciter à revenir faire une révolution à Kinshasa obéit à cette même logique.

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