L’état du pied gauche du bâtonnier Muyambo inquiète

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muyambo-j-cL’état de santé du bâtonnier Jean-Claude Muyambo, arrêté depuis le 20 janvier 2015, est très préoccupant et ne fait que se dégrader. Il totalise à ce jour 86 jours de détention sans être confronté au plaignant ni à un témoin à charge.  C’est au vu de cette détérioration de son état de santé que l’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ), demande aux autorités congolaises d’autoriser son évacuation à l’étranger pour  des soins appropriés dans une formation médicale spécialisée pour prévenir tout dommage irréparable. Notamment, le risque d’amputation de ce  pied, a fait savoir Me Georges Kampiamba, responsable cette structure de la société civile  au cours de la conférence de presse qu’il a animée hier  mercredi 15 avril 2015, à Gombe.

 Selon le numéro un de l’ACAJ,  le bâtonnier Muyambo avait rapporté à son ONG lors de son arrestation par les agents de sécurité en représailles  de son départ de la majorité présidentielle et son opposition à la modification de la Constitution et de la loi électorale.  Pendant son arrestation,  il a fait savoir que l’un des éléments des forces de l’ordre avait délibérément marché sur son pied gauche pour lui faire mal. Les résultats des examens médicaux et diagnostics  qu’il a subis à la suite de ces violences dans plusieurs formations médicales de Kinshasa établissent que les os de son pied gauche ont été broyés lors de son arrestation et qu’il souffre d’une fracture polytraumatique. Seul le gros orteil n’est pas touché. Il se tord des douleurs et de l’avis de son médecin traitant,   il doit absolument subir une opération d’urgence dans une formation médicale spécialisée disposant d’une banque d’organes  et d’une main-d’œuvre qualifiée dont ne dispose pas la RDC.  Cela, afin de prévenir  tout dommage irréversible, dont l’amputation du pied. Il marche désormais avec des béquilles. Le cas Muyambo nécessite l’intervention de trois spécialistes pour cette opération, notamment un orthopédiste de qualité, un esthéticien, etc. a-t-il martelé.

Par la suite, le responsable de cette Ong a relevé qu’après avoir demandé sans succès une enquête indépendante sur les circonstances de l’arrestation de Muyambo et sa libération sans condition, ACAJ va accompagner le prisonnier politique Muyambo dans les procédures qu’il entend  lancer incessamment contre les responsables de son arrestation et sa détention arbitraire, sa torture et son mauvais traitement, l’atteinte à l’exercice de ses libertés d’expression et d’opinion. Ces actions seront menées tant au niveau national qu’international. Il en sera de même pour les actions de prise à partie contre les magistrats qui ont commis des actes équivalents au dol.

            Le tribunal de paix de la  Gombe a même siégé  le lundi 13 avril 2015 dans la chambre d’hospitalisation de Muyambo et ordonné le prolongement de sa détention pour 30 jours, sans tenir compte de son état de santé critique, indique Me Georges Kapiamba.

            L’ACAJ condamne également le harcèlement judiciaire contre des membres de la plateforme « Filimbi » ainsi que toutes les autres personnes et exige leur libération immédiate et sans condition. Il s’agit notamment de Fred Bauma, leader du mouvement Lucha, Sylvain Saluseke, entrepreneur et activiste, Yves Makwambala, webmaster et artiste et un nombre inconnu d’autres participants, spectateurs, détenus au secret depuis 30 jours. Il y a aussi quatre membres de Lucha, à savoir Mulume Zahiga, Akili Kahiwa, Kambere et Kasereka Vincent, détenus à la prison Munzenze à Goma depuis 8 jours mais  aussi Mme Mbuli, agent à la Rawbank et gestionnaire du compte bancaire du Forum National de la Jeunesse pour l’Excellence.

Murka