Les violences sexuelles à l’agenda des pasteurs

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Dans le cadre de la sensibilisation sur les violences sexuelles et même domestiques, Ius et Vita (ndlr Droit et Vie) et la Société Internationale pour la Prévention des Abus Sexuels chez les Enfants « ISPCAN » ont organisé du 29 au 30 septembre 2011 à l’Eglise la Louange un séminaire sur la prise en charge psycho-sociale des victimes.

Destinée surtout aux pasteurs des églises de réveil, cette septième édition a été animée par docteur Marcel Tshibangu, médecin et pasteur Mwepu et le psychiatre Nsitu successivement. Ces médecins ont planché sur «Parents, élèves et environnement familial dans notre système éducatif», «Jeunesse, église et sexualité», les conséquences psycho-sociales des violences sexuelles», la prise en charge psycho sociale des victimes.
Peu avant la clôture des travaux , les participants par le biais d’ Anders Ngalasi et Brady ont remercié les intervenants pour avoir enrichi leurs connaissances sur la prise en charge des victimes des violences sexuelles. Ils ont promis d’appliquer les enseignements reçus.

Adelin Nsitu a été l’unique intervenant pour la journée de vendredi. Pour une meilleure prise en charge des victimes des agressions sexuelles, a fait remarquer ce psychiatre, il est recommandé d’identifier la personne abusée, d’amener la victime vers des services appropriés, de la sécuriser afin de réduire les risques de récidive.

Et comme étapes suivantes, il a épinglé les examens cliniques, le recours aux tests psychologiques, le dépistage si possible de l’agresseur, le traitement des lésions physiques et autres infections….
Le plus grand problème en matière d’accompagnement psycho-social est le refus de la victime de briser le silence. L’acteur religieux est appelé à développer le sens de l’écoute pour espérer venir en aide à la victime. Le pasteur doit cultiver le secret, se garder de minimiser ou de dramatiser les faits. Et comme « interdits », il ne doit pas être trop distant ni trop proche de son interlocuteur au risque de susciter un sentiment de rejet auprès du « plaignant » ou encore de tomber lui-même dans le vice.

Mais aussi de se laisser submerger par ses émotions, ou encore de prendre des décisions à la hâte….
En raison de la complexité des cas des violences domestiques, le recours à une approche multidisciplinaire ( médecins, pasteurs, avocats, …) n’est pas exclue.
Comme exercices d’application, les hôtes d’Ius Vita ont énuméré des cas des hommes ayant abusé de leurs belles sœurs, des nièces de leurs épouses ou encore des parents qui ont commis l’inceste.

Sujet tabou

Pour la journée de jeudi, Marcel Tshibangu, président de «Ius et vita, Mwepu et Nsitu ont parlé de « Parents, élèves et environnement familial dans notre système éducatif », « Jeunesse, église et sexualité » et enfin des conséquences psycho sociales des violences sexuelles
Tshibangu a articulé son intervention sur les rapports censés exister entre les parents et le milieu scolaire, parents et élèves…
Enumérant les facteurs qui sont à la base des violences domestiques, il a épinglé la paupérisation du système éducatif, l’insécurité matérielle des parents, la dualité entre les traditions africaines et les réalités du monde moderne.

Si l’Etat veut s’attaquer réellement à ce problème, il doit revaloriser le métier d’enseignant, offrir des emplois décents aux parents et établir une législation adéquate sur les violences domestiques souvent injustifiées des parents à l’endroit de leurs rejetons, a-t-il souligné.
« En matière de sexualité, la jeunesse s’éduque elle-même. L’école en parle peu. L’Eglise l’aborde quelque fois », a dit de son côté Etienne Mwepu.
Quasiment abandonnée à elle –même, la jeunesse se rattrape en s’intéressant de près aux nouvelles technologies de l’information, lesquelles causent beaucoup des méfaits. Dans la foulée, il a parlé du film anglo saxon « What is your number ? » qui est en vogue et incite la jeunesse à la débauche.

Jean- Pierre Nkutu et Eddy Simbungu (CP)

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