Les victimes de Hewa Bora en colère

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Les familles des victimes ainsi que les rescapés du crash de Kisangani sont montés au créneau mercredi après-midi au cours d’une réunion de prise de contact organisée dans la salle des conférences de la paroisse Notre Dame de Fatima. Ils ont, à l’unanimité, dénoncé la profanation de certaines tombes de leurs proches et amis ayant péri dans cet accident d’avion et enterrés précipitamment au chef-lieu de la Province Orientale, pour des raisons d’hygiène. Ils ont condamné aussi la médiatisation abusive des cérémonies de remise des frais funéraires à certaines familles des morts.

Leur avocat-conseil, Me Paulin Malanda, également présent à cette rencontre, a indiqué que selon la Convention de Montréal, la créance indemnitaire est fixée à au moins 150.000 dollars américains par victime. Le même spécialiste du droit souligne qu’est considérée comme victime d’un accident d’avion, toute personne se trouvant à bord au moment fatidique, qu’elle en sorte morte ou vivante, esquintée ou indemne. La grande question reste de savoir si la RDC a déjà ratifié la Convention de Montréal.

Pour leur part, les participants ont déploré l’embargo décrété par les médias publics contre leurs activités, sous prétexte que le crash de Kisangani ne ferait plus partie de l’actualité. Pour mieux coordonner leurs actions, ils ont décidé de mettre sur pied un comité provisoire chargé de la défense de leurs intérêts. Celui-ci a reçu mission d’élaborer d’urgence un statut, avec le concours du professeur Nyabiringu, député national et Doyen de la Faculté de Droit de l’Université de Kinshasa, qui en fait du reste partie. La prochaine réunion est prévue ce vendredi au même endroit.

En marge de cette réunion, plusieurs témoignages ont été faits par les parents, maris, femmes, enfants et connaissances des personnes ayant trouvé la mort dans le crash. Un survivant d’un autre crash de Hewa Bora, survenu en 2008 à Goma, au Nord-Kivu, s’est plaint du fait de n’avoir toujours jamais été indemnisé, jusqu’à ce jour, en dépit des promesses lui faites à la fois par les responsables de cette compagnie aérienne privée et les autorités, tant provinciales que nationales.
Il a recommandé aux victimes du crash de Kisangani de ne pas relâcher les pressions sur le gouvernement et la société Hewa Bora, au risque de connaître le même sort que celles de Goma.

Eric Wembakungu (CP)

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