Les territoires de Shabunda, Kalehe et Mitwaba passent en phase d’urgence

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Les territoires de Shabunda et Kalehe dans la province du Sud- Kivu et le territoire de Mitwaba dans la province du Katanga sont passés dans la phase d’urgence, phase 4, selon l’outil de Cadre intégré de la classification de la sécurité alimentaire (IPC), a révélé Paul Busambo, chargé de la sécurité alimentaire de la FAO a Kinshasa.  C’était lors d’une séance de restitution des résultats de l’analyse de l’insécurité alimentaire en RDC en marge d’un atelier organisé à Goma du 23 au 29 juin 2012.  Il a souligné que ces trois territoires sont en prise avec d’intenses conflits armés. Jusque-là, ces territoires étaient dans la phase 3 (de crise). Répondant à une question, l’orateur a indiqué que toutes les zones de ces territoires ne sont pas en phase d’urgence.
Un seul territoire est dans la phase minimale, soit 1% sur 135 des 145 territoires examinés. Il s’agit du territoire de Moba au Katanga. 68 territoires, soit 50%, sont dans la phase 2 (sous- pression) et 63 territoires, soit 47%, sont dans la phase de crise. Les 10 territoires restants sont de la province du Bas-Congo dont l’analyse en cours est réalisée par PRONANUT. 
En comparaison avec la précédente analyse du 6eme cycle, 21% des territoires ont connu de détérioration, passant de la phase 2 (sous pression) à la phase 3 (de crise). On estime que 5.445.000 personnes (soient environ 1.089.000 ménages) ont besoin d’un accompagnement humanitaire, soient 21% de plus par rapport à ceux proposées par la précédente analyse IPC. Paul Busambo a signalé que le 7eme cycle IPC est une première mise en œuvre de la version 2.0 en RDC. Selon des récents résultats d’enquête du PAM, 17.337.428 personnes (environ 22% de la population) demeurent en situation de précarité alimentaire prononcée et courent le risque de plonger dans un état nutritionnel déplorable.   
 
Comme raisons majeures à la base des crises alimentaires, l’orateur a parlé de la pauvreté en milieu rural en RDC, de l’insécurité, de l’absence des infrastructures pour l’écoulement des produits agricoles, du manque de mécanisation agricole, etc…
Comme recommandations destinées essentiellement au gouvernement congolais, les analystes demandent d’augmenter la résilience des ménages en développant des activités de réhabilitation et de création d’actifs productifs d’atténuer les facteurs de risque qui affectent la sécurité alimentaire des ménages,  de prendre en charge des enfants malnutris sévères et modérés, de reconstruire de la capacité de production agricole, de réhabiliter des infrastructures rurales…
A une question sur les facteurs de risque, il a répondu qu’il s’agit notamment de l’insécurité des populations, de l’état de dégradation très avancé de routes, du faible pouvoir d’achat de la population, de la faiblesse de l’investissement public dans le secteur agricole.
 
La version 2.0 de l’IPC
 
Selon Paul Busambo, l’utilisation de l’IPC dans des pays de contextes différents depuis 2006 a mis en évidence un certain nombre des domaines à améliorer. La version 2.0 a pour objectif de répondre à ces défis et offre des innovations comme le cadre analytique de l’IPC et l’analyse de l’insécurité alimentaire chronique en complément de l’analyse de l’insécurité aiguë. Pour assurer une meilleure collaboration et adhésion, la version 2.0 réconcilie aussi les différentes approches d’analyse de la sécurité alimentaire entre les gouvernements et les agences internationales.   
Il a souligné qu’après les analyses IPC du 6eme cycle d’octobre 2011, la RDC a connu une campagne électorale émaillée d’incidents et une  crise postélectorale au premier semestre 2012 qui ont perturbé le fonctionnement des institutions du pays et porté un coup dur au processus de consolidation des institutions démocratiques amorcées depuis bientôt 6 ans.
La recrudescence des conflits armés dans la partie Est du pays, notamment dans les provinces du Nord et Sud-Kivu, le centre du Katanga et le nord de la Province Orientale affecte sensiblement les moyens d’existence et la sécurité alimentaire des ménages extrêmement vulnérables. Les progrès constatés au cycle précèdent restent précaires face à la pauvreté généralisée des populations et à des crises de natures diverses qui exposent les femmes et les enfants a des taux de malnutrition largement supérieurs aux seuils d’urgence et des conditions d’hygiène alarmantes. 
 
Le 7ème cycle IPC est une première mise en œuvre de la version 2.0 en RDC. La classification des territoires s’est faite au regard de quatre éléments des résultats, à savoir : la consommation alimentaire, l’évolution des moyens d’existence, l’état nutritionnel et la mortalité, corroborés par des facteurs en amont de disponibilité, accès, utilisation, aléas divers et vulnérabilité. 
L’orateur a fait remarquer que leur analyse a porté sur plusieurs sources d’informations émanant des services de plusieurs ministères comme ceux de l’Agriculture et du Plan, des agences du système des Nations Unies telles que le PAM, la FAO, l’UNICEF, ainsi que des rapports de certaines ONG nationales et internationales. L’IPC compte cinq phases à savoir minimale (1), sous pression (2), de crise (3), d’urgence (4) et de famine (5). Aucun territoire n’est dans la phase de famine.   
 
Jean-René Bompolonga

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