Les termitières des «Kuluna» se réorganisent à Bandalungwa

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kuluna1Demeurées sans suite, les maintes plaintes de la population de Bandalungwa contre la montée de la violence sécrétée par les marginaux opérant sous le label de Kuluna, suscitent aujourd’hui des sentiments de découragement et même de révolte.

Que les services d’enquête et d’intervention aient été alertés à temps, c.à.d avant le lancement des attaques par ces délinquants, sous la pluie, les habitants de certains quartiers de Bandalungwa finiront par déchanter ! Car, aucun policier ne se présentera sur le lieu. Et le mal sera fait avec son lot des conséquences, des extorsions de biens de valeur, des blessures causées par des armes blanches dont des machettes, des pierres et des tessons de bouteilles.

            Tard la nuit, la semaine passée, une pluie torrentielle est tombée sur la commune de Bandalungwa et ses environs, comme dans d’autres communes. Les rues désertes, seuls quelques kuluna se rassemblent dans leurs termitières et se déployent dans les quartiers environnants pour perpétrer des agressions sur de paisibles citoyens.

            Une bande composée de cinq marginaux sort de sa termitière de la rue Bwete, quartier Moulaert, empruntant le tunnel qui sépare cette avenue à la rue Dekani voisine. Le rassemblement des « troupes » se tiendra devant les magasins situés au croisement de Bwete et Inga. Cette présence suspecte va pousser M. Nkashama, habitant le quartier, à alerter la police.

            Promesse lui sera faite qu’une équipe d’intervention sera dépêchée sur le lieu. De son observatoire et sous la pluie, il s’attendait à une réaction rapide et musclée. Malheureusement, deux heures plus tard, toujours pas l’ombre d’un policier.

            La bande va alors se diriger vers l’avenue Mwatayangu, avant de rentrer sur Bwete et sillonner les rues voisines. Dans leur ronde, les Kuluna ont attaqué Luyindula et son ami Joe, non autrement identifié, qui revenaient d’une boîte de nuit incrustée au coin des avenues Lubumbashi et Inga. Ils tentent de résister. La cruauté aura raison de leur témérité. Car, Luyindula a reçu une claque lui administrée à l’aide de la face plate de la machette. Ce qui ne l’a pas blessé, mais au moins causé une grande frayeur.

            Butin réalisé : deux téléphones, des montres bracelets, des chaînettes en or et quelques billets de banque.

Deux avenues plus loin, les marginaux croisent une dame et sa fille de 11 ans. Des menaces. Son sac est fouillé. On arrache le téléphone et ses économies.

            Depuis belle lurette, les termitières de Bwete, Balari, Dekani, et autres avenues recrutent de jeunes marginaux. Les groupes s’agrandissent et le danger est là, fait remarquer la population des environs. Elle sent que chaque jour qui passe, ces délinquants semblent jouir d’une certaine impunité.

Mais, bon sang, s’indigne un habitant, que font nos policiers lors de leur service de permanence. Si on déplore le fait qu’ils se consacrent aux discussions de derniers matches de la CHAN ou de la Liga, ou se distrayent en suivant des films ou de séries télévisées, le constat de leur indifférence aux interventions nocturnes est patent. Effectifs insuffisants, carence de moyens de transport, tels sont les principaux prétextes évoqués pour justifier leur inertie.

            Aujourd’hui, la population croit que tout espoir n’est pas perdu quant à la réorganisation des unités d’intervention. Le Centre de coordination, de contrôle et de commandement peut recueillir les appels de détresse émis dans plusieurs communes de Kinshasa, et les dispatcher auprès des unités implantées dans les communes. Et le n° 112 n’étant pas en mesure d’enregistrer des milliers de demandes d’intervention, en une seule nuit, le CCC pourra orienter les unités de la police provinciale vers les lieux où les Kuluna opèrent.

J.R.T.