Les « Stratégies de domestication d’un peuple », une interpellation pour les Congolais

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Publié aux éditions « Edilivres », à Paris, au dernier trimestre de l’année 2014, l’ouvrage « Stratégies de domestication d’un peuple. BMW comme armes de distraction massive » de Germain Nzinga Makitu compte quatre parties essentielles.

 A travers son sous-titre : « BMW (entendez : Bier, Music and Women) comme armes de distraction massive », cet ouvrage de 650 pages se veut une interpellation de tout Congolais, quelle que soit sa condition sociale, analphabète ou intellectuel, chômeur ou travailleur, pauvre ou riche, opérateur culturel ou social, opérateur économique ou politique, mandataire public ou membre d’une institution nationale, athée ou chrétien, civil ou homme en uniforme, jeune ou vieux … La RD Congo est-elle un pays où l’on ne fait que chanter, danser, boire et se livrer à la prostitution (à la fornication) ?

            Le préambule de ce livre est résumé par un  titre prémonitoire : «Gouverner par le chaos» qui annonce les couleurs d’une publication qui n’a pas fait dans la dentelle pour revisiter avec audace et à sa manière l’histoire politique de notre pays de l’accession à l’indépendance à nos jours.

            La première partie de l’ouvrage traite de l’injure BMW suivant ses diverses fonctions (violence verbale et physique, vérité blessante, mépris et humiliation, implication du peuple à dessein …) et ses nombreux avatars. La deuxième partie planche sur les différentes stratégies de domestication d’un peuple à travers ses ressorts politiques.

            La troisième partie interpelle, à travers ses trois chapitres, les Congolais sur les conséquences à court, moyen et long termes de la bière, la musique et la femme considérées par l’auteur non seulement comme des armes de distraction massive, mais aussi et surtout comme le triangle de la mort, de la domestication et de la lente extinction d’un peuple. A ce sujet, le premier chapitre pointe la musique comme opium du peuple ; le deuxième chapitre dénonce la chosification de la jeune fille comme machine de guerre ; le troisième chapitre stigmatise la puissance domestiquante de la bière.

            Dans la quatrième et dernière partie, Germain Nzinga Makitu réarme moralement la population congolaise. Au lieu d’abdiquer, il est temps, pour les Congolais, martèle-t-il, de passer à l’offensive. Un appel à la prise de conscience collective des Congolais sur leur destin. Mais, pour y arriver, conseille-t-il, les Congolais doivent vaincre la peur, comme ils l’ont prouvé dernièrement.

M.L.