Les Sénateurs fustigent le bradage des intérêts nationaux

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Le ministre du Commerce, Petites et Moyennes entreprises Bernard Biando a passé des moments difficiles mercredi au Palais du peuple !

C’était à l’occasion du débat général ouvert sur le projet de loi abrogeant certaines dispositions de la loi n°73-009 du 5 janvier 1973 particulière sur le commerce, telle que modifiée par la loi n°74-014 du 10 juillet 1974. Ce après qu’il en ait donné l’économie générale.

Presqu’à l’unanimité, excepté le sénateur Nzeghe Alanzamina, tous les intervenants ont vivement critiqué le projet gouvernemental en l’accusant d’être suicidaire pour les nationaux, avant d’en appeler à son  rejet pur et simple.

D’une manière générale, les sénateurs ont stigmatisé de sérieux risques de bradage des intérêts nationaux si jamais la loi parvenait à être votée telle qu’envoyée par le gouvernement. Ils ont souligné la tendance déclarée de l’auteur de la loi de créer une classe moyenne pour les hommes d’affaires congolais.

Ils ont rappelé que partout à travers le monde, les gouvernements ont toujours eu pour  souci de préserver d’abord les intérêts des nationaux. Car, a affirmé un intervenant, aucun pays au monde n’a été développé par des étrangers.

Ils ont constaté avec regret que rien n’est fait pour encourager les nationaux œuvrant dans le domaine du commerce. Tout semble plutôt fait pour les expatriés.

Ce qui a fait dire à un autre intervenant que : « le gouvernement travaille pour les étrangers ».

A ce sujet, un intervenant a renseigné que selon des informations reçues, 70 à 80% de l’économie nationale serait détenus par les étrangers.

Touchant à la mondialisation, l’un des éléments de l’argument développé par le gouvernement pour justifier son texte, d’autres sénateurs se sont montrés très opposés au principe en faisant voir qu’il s’agit d’un marché des dupes.

« On ne peut pas aligner dans la course des gens ayant des moyens de locomotion différents. C’est-à-dire les uns empruntent le vélo, la moto ou même à pied ; tandis que les autres sont dans le véhicule et l’avion », s’est exclamé un intervenant sous les rires fous de ses collègues pour décrire les disparités qu’il y a  au sein de la mondialisation.

On a aussi relevé la contradiction entre l’intitulé de la loi suivant la lettre de transmission du Premier ministre qui parle de la modification ; alors que la loi elle-même parle de l’abrogation.

En tout cas, le débat n’a pas pu faire ressortir les clivages d’opinions auxquelles on assiste souvent entre majorité et opposition.

Il y avait une unanimité autour de la question dans le sens d’en appeler au rejet de la loi.

Le ministre a sollicité et obtenu un délai de deux jours pour répondre aux sénateurs. C’est demain vendredi à 10hoo qu’on sera fixé sur le sort réservé à cette loi. 

Francisca Kapinga (Stg/Upn) & Dominique Mukenza

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