Les réponses de Muzito à Kengo

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    L’économie s’est invitée au Palais du Peuple, le mardi 15 mars 2011, en marge de la rentrée parlementaire. Du coup, politiciens et professionnels des médias se sont engouffrés dans le débat, les uns pour admettre la sévérité mais la justesse de l’analyse du président du Sénat au sujet des conditions de vie précaires du commun des Congolais, les autres pour estimer que Léon Kengo wa Dondo a poussé un peu fort sur le bouton de la critique.

A propos de la situation sociale et économique, les archives renseignent qu’elle fait l’objet d’une préoccupation suivie du côté du gouvernement. La dernière grande concertation en date sur le sujet avait réuni, le lundi 21 février 2011 la Directrice des Opérations de la Banque Mondiale en RDC, Marie Françoise Marie-Nelly et le Premier ministre, Adolphe Muzito, qui s’était fait entourer, pour la circonstance, des ministres du Plan, de l’Economie, de l’Industrie, de l’Agriculture et du Développement Rural.

 

    Au terme d’un tour d’horizon général, ils avaient retenu entre défis à relever pour l’année 2011 : la consolidation de la croissance, la lutte contre le chômage et la sécurité alimentaire.

    En ce qui concerne le volet de la croissance, tout le monde s’est accordé sur la nécessité de s’appuyer sur des investissements à impact visible et sur la compétitivité industrielle décentralisée.

    Pour ce faire, les trois pôles économiques du pays que sont Kinshasa, Kisangani et Lubumbashi devraient développement des synergies en matière d’échanges commerciaux, de circulation des personnes et des biens, d’aménagement des infrastructures de base, d’amélioration du climat des affaires notamment par une plus grande sécurité juridique des investissements, etc.

S’agissant de la lutte contre le chômage, elle devrait avoir comme socle la création d’emplois dans les domaines les plus divers : agriculture, pêche, élevage, commerce, industrie, services, etc. A ce jour, a-t-on appris, près de 67% de jeunes sont sans emploi. Autrement dit, la croissance devrait naturellement favoriser de nouveaux emplois aux quatre coins du pays.

    Le défi de l’autosuffisance alimentaire exige des pouvoirs publics mais aussi des citoyens la relance de l’agriculture, par la mécanisation des outils de travail, l’encadrement des paysans, la construction et la réhabilitation des routes nationales et locales, la distribution des semences améliorées, l’amélioration des circuits de vente, etc.

    Afin d’une planification responsable des actions, le chef du gouvernement avait pris l’engagement d’intégrer toutes les réflexions dans le second DSCRP (Document Stratégique de Croissance pour la Réduction de la Pauvreté).

    De manière anticipée donc, le Premier ministre avait en réalité déjà apporté des éléments de réponse aux préoccupations du Président du Bureau du Sénat. Qu’à cela ne tienne, le rappel au gouvernement de ses obligations sociales vis-à-vis des catégories défavorisées de nos populations n’est pas en soi une mauvaise démarche.

                             Kimp

 

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