Les rebelles du CNDP délogés de Bunagana

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Les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) ont réussi à déloger de Bunagana, le dimanche 08 avril 2012, plusieurs dizaines  d’éléments incontrôlés qui tentaient d’y perturber l’ordre et la sécurité. Les insurgés, identifiés pour la plupart comme d’anciens officiers et soldats de l’ex-mouvement rebelle CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple) s’étaient fait signaler dans ce poste frontalier avec l’Ouganda, le mercredi 04 et le jeudi 05 avril 2012, provoquant du coup des mouvements massifs de fuite des populations civiles.
A en croire des médias périphériques, les « rebelles » auraient même neutralisé, pendant deux jours, les services administratifs locaux, y compris les antennes locales de la DGDA (Direction Générale des Douanes et Assises) et de la DGM (Direction Générale de Migration). Après avoir ramené le calme à Bunagana, les FARDC, qui ont reçu plusieurs renforts en troupes et matériels, ont poursuivi leurs opérations de nettoyage jusqu’à Rutshuru et Kitchanga, où étaient signalés des fuyards.
Selon des sources militaires, la situation était totalement sous contrôle de l’armée régulière au sortir du week-end.
 
Revendications sociales ou soutien à Bosco Ntaganda ?
 
S’agissant des mobiles du mouvement de colère des ex-combattants du CNDP intégrés au sein des FARDC depuis le début de l’année 2009, les versions en circulation sont partagées entre les revendications sociales et le soutien à Bosco Ntaganda. Selon certaines sources, officiers et soldats issus de cet ancien mouvement rebelle se plaindraient d’arriérés impayés de solde, du gel de leurs grades, de conditions précaires d’hébergement et de nourriture, etc. En dépit de plusieurs actions de protestation, la hiérarchie militaire continuerait à les nourrir de promesses.
Pour d’autres, le général Bosco Ntaganda, contre qui court depuis 2006 un mandat d’arrêt émis par la Cour Pénale Internationale (CPI) pour enrôlement et utilisation d’enfants dans un conflit armée en Ituri entre 2002 et 2003, craindrait d’être lâché par Kinshasa. Aussi aurait-il sensibilisé ses anciens collaborateurs et soldats au sein du CNDP à anticiper militairement, par l’occupation de Bunagana, sur une éventuelle action de traque contre sa personne. Ce serait sa manière à lui de faire savoir aux autorités civiles et militaires congolaises à quel point il serait capable de nuire à la paix et à la sécurité au Nord-Kivu.
Mais aux journalistes de l’AFP (Agence France Presse) qui l’ont approché le week-end à Goma, le général Bosco Ntaganda a déclaré rester fidèle à l’engagement pris par le CNDP d’intégrer les FARDC, de se transformer en mouvement politique, de participer à la gestion des institutions du pays et à la consolidation de la paix dans sa partie Est. Il a toutefois reconnu que ses anciennes troupes connaissent des problèmes logistiques qui méritent d’être pris en compte par la hiérarchie militaire.
 
Bruits de bottes confirmés
 
Tout au long de la semaine, Le Phare ainsi que plusieurs médias tant nationaux qu’étrangers se sont fait l’écho des bruits de bottes qui se faisaient de plus en plus entendre dans le Nord et le Sud-Kivu. Au regard des mouvements suspects de troupes autres que celles des FARDC, le décor d’une micro-rébellion était en train de se planter. Les événements de Bunagana viennent de confirmer les craintes des observateurs.
Il est à espérer que la hiérarchie militaire et le gouvernement central, qui ont finalement pris la pleine mesure du retour de la guerre à l’Est, vont renforcer le dispositif de sécurité en place. Une vigilance particulière devrait être exercée non seulement sur les ex-troupes du CNDP mais aussi sur les groupes armés étrangers (ougandais, rwandais et burundais) prêts à faire imploser l’ex-Kivu et à replacer le pays dans la spirale de la balkanisation manquée entre 1998 et 2003.
Les chasseurs des postes politiques juteux à Kinshasa devraient particulièrement se secouer pour empêcher le pays d’éclater, comme l’ont toujours souhaité les forces du mal, avec l’aval de certaines puissances étrangères. C’est le lieu d’insister, pour la énième fois, sur la nécessité de résoudre, par le dialogue, la crise politique née des contestations post-électorales. Car, les contentieux électoraux non ou mal résolus risquent de faire le lit des ennemis de l’unité de la patrie. L’alerte de Bunagana exige d’être bien décryptée.
 
Kimp
Communiqué du Gouvernement
 
Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo informe l’opinion tant nationale qu’internationale, qu’ii s’observe depuis le week-end dernier une sorte de psychose au sein des communautés locales dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
En effet, il a été constaté dans cette partie du territoire national des mouvements irréguliers de quelques éléments armés incontrôlés.
Ces hommes de troupes indisciplinés érigent des barricades non autorisées par la hiérarchie militaire et perturbent, de ce fait, par endroits l’ordre public et la quiétude des populations.
Le Gouvernement de la République, qui suit cette situation de très près, regrette que nos populations soient ainsi régulièrement soumises à des exactions et, tracasseries de tous ordres. Il invite les responsables de cette situation à !a stricte observance de la discipline militaire et à s’abstenir d’actes susceptibles de les exposer aux rigueurs de la justice tant nationale qu’internationale.
Le Gouvernement rassure l’opinion tant nationale qu’internationale de sa volonté et de sa détermination à poursuivre et à raffermir le processus de démocratisation pour lequel notre peuple a payé le prix le plus fort. La paix tant recherchée par les Congolais, et qui s’affirme chaque jour davantage, requiert une mobilisation et une vigilance tous azimuts aussi bien des Congolais, premiers concernés, que de tous les partenaires, amis de notre pays. Le Gouvernement de la République invite les uns et les autres à y veiller comme à la prunelle de leurs yeux.
Fait à Kinshasa, le 5 avril 2012
Pour le Ministre de la Communication et des Médias
Porte-parole du Gouvernement
Richard MUYEJ MANGEZ
 

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