Les «pros» sont de retour,2011 : le match a commencé !

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Tous les grands partis et plates-formes politiques de la République Démocratique du Congo sont en ordre de bataille, en prévision des élections présidentielle, législatives, sénatoriales, urbaines, municipales et locales de l’année prochaine. Tous les leaders politiques qui comptent, à savoir Joseph Kabila (AMP/PPRD), Etienne Tshisekedi (UDPS), François Mwamba (MLC), Kamerhe, Ruberwa (RCD)…sont d’accord pour le respect strict des règles du jeu démocratique. Il est heureux de constater qu’ils en appellent tous au respect du délai constitutionnel en ce qui concerne le calendrier électoral, à la neutralité de la Commission Electorale Nationale Indépendante, à la transparence des scrutins, à la liberté d’association, d’expression et d’opinion, au respect du choix des électeurs, à la primauté du débat d’idées sur le déploiement des biceps, à l’observance de la tolérance, etc. 

            En principe, la crainte d’une prolongation automatique des mandats des élus de 2006 au sein des institutions de la République est évacuée. Dans son discours-bilan à la Nation, le tout dernier de la législature en cours, le Chef de l’Etat, Joseph Kabila, a donné à tous les Congolais et à toutes les Congolaises, l’assurance de l’implication du gouvernement dans la réunion de tous les moyens juridiques, financiers et logistiques indispensables à l’organisation des élections en 2011.

            Les professionnels de la politique sont donc de retour sur la scène, pour une meilleure clarification du débat politique et une évaluation objective des enjeux. 

Kabila, Puela et Tshisekedi candidats à la magistrature suprême 

            Trois candidatures à la magistrature suprême du pays sont déjà annoncées. Il s’agit de celles de Joseph Kabila, d’Etienne Tshisekedi et de Fabrice Puela. Le Chef de l’Etat en exercice, pressenti candidat à sa propre succession, a été d’abord plébiscité par son propre parti, le PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie) lors de son « Université du Cinquantenaire » au mois d’août 2010 à Kisangani, pour ensuite être confirmé candidat unique de l’AMP (Alliance de la Majorité Présidentielle) lors des conclaves de Kingakati et de Lubumbashi en octobre 2010.

            Au niveau de la famille politique du président de la République, la résolution la plus partagée consiste à tuer le « match » de 2011 dès le premier tour. Toutes les stratégies et énergies sont d’ores et déjà canalisées vers cet objectif. Une fois le « doublé » à la présidentielle acquis, le second objectif serait la reconduction de la majorité présidentielle au Parlement (Sénat et Assemblée Nationale) au niveau des institutions provinciales (parlements et gouvernements provinciaux), des administrations urbaines (mairies et municipalités) et locales ( secteurs).

            Un son discordant a cependant été entendu du côté de l’AMP. Il s’agit de l’initiative du député national Fabrice Puela de briguer la magistrature suprême, en violation flagrante de la consigne à observer aussi bien au sein de son parti, l’ARC (Alliance pour le Renouveau du Congo), membre affilié à l’AMP, qu’à celui de cette plate-forme. Bien que radié de son parti et de la famille politique du Chef de l’Etat, l’élu de Matadi a décidé de maintenir sa candidature, sous le label d’indépendant.

            Quant à Etienne Tshisekedi, il est rentré au pays après un long séjour de reconstitution physique à l’étranger, pour mener le combat ultime, celui de la présidentielle. L’entrée en scène de l’opposant le plus célèbre de la RDC a surpris positivement jusqu’à ses plus farouches détracteurs qui étaient tous convaincus que le sphinx de Limete était irrémédiablement fini et son parti transformé en cadavre livré aux charognards. C’est à ce moment que l’homme a repris le combat pour, coup sur coup, annoncer son retour au pays et recadrer les enjeux. Ce qui est effectivement urgent, c’est l’instauration d’un Etat de droit en RDC. Un objectif qu’il pense matérialiser s’il est  élu à la magistrature suprême.    Le mercredi 8 décembre 2010, en dépit de la grande fatigue accumulée après 14 heures de vol entre Bruxelles, Addis-Abeba et Kinshasa ainsi que 6 heures de route pour boucler la quinzaine de kilomètres séparant l’aéroport international de Ndjili et sa résidence, puis le samedi 11 décembre 2010, dans le discours d’ouverture du 1er Congrès de son parti, il a réaffirmé la même position. La démonstration de force du mercredi 8 décembre et la participation record de plus de 5000 délégués aux assises de la 13me Rue Limete suffisent pour planter le décor de la volonté de Tshisekedi d’impulser l’alternance politique dans notre pays. 

F. Mwamba et le MLC très critiques sur le bilan de l’AMP 

            François Mwamba et le Mouvement de Libération du Congo (MLC), après avoir à leur manière chauffé leur « base » à blanc dernièrement à la Fikin, dans le cadre des manifestations commémoratives du 12me anniversaire de la création de leur parti, et affiché leur détermination à gérer autrement le pays au terme des scrutins de 2011, sont revenus à la charge jeudi dernier. C’était à la faveur de la clôture de leurs journées parlementaires. Pour la circonstance, ils ont pris pour cible le bilan de 4 ans de mandat de l’AMP, qu’ils ont jugé négatif sur toute la ligne. Bien que l’AMP, par la voix de Koyagialo, son Secrétaire Exécutif adjoint, ait dénoncé un coup porté en dessous de la ceinture, l’opinion a pris acte.

            Selon le MLC et ses cadres, le pays va mal sur tous les plans : sécuritaire, politique, social et économique. L’unique thérapie pour le sauver, c’est l’émergence d’une nouvelle gouvernance, qu’il pense devoir piloter, en tant que parti phare de l’opposition institutionnelle. Chaque fois que les médias cherchent à savoir s’il aurait l’intention de se porter candidat à la présidence de la République, en l’absence de Jean-Pierre Bemba, président national, présentement détenu au centre pénitencier de la CPI (Cour Pénale Internationale) à La Haye, François Mwamba reste muet. 

Kamerhe en route 

            Ancien Secrétaire général du PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie), ancien Directeur de campagne de Joseph Kabila pour la présidentielle en 2006 et président honoraire de l’Assemblée Nationale limogé de son poste dans des conditions connues du microcosme politique congolais, Vital Kamerhe est inscrit sur la liste des intervenants, lors de la matinée politique de l’UNC (Union pour la Nation Congolaise), ce mardi 14 décembre 2010 à l’espace GB. Ce député national, sur qui se racontent tout et rien au sujet de ses relations avec l’ « Autorité morale » du PPRD et de l’AMP, pourrait à cette occasion, indiquent des sources branchées, annoncer sa rupture officielle avec la famille politique du Chef de l’Etat.

            On laisse entendre, sur la place de Kinshasa, que l’élu de Bukavu a décidé d’évoluer à visage découvert, comme activiste de l’opposition politique congolaise. Son omniprésence, dans les rangs de l’opposition parlementaire, à l’hémicycle de Lingwala, en disait déjà long sur son futur politique. La conséquence logique de ce changement d’option politique serait, pense-t-on, sa démission en tant que député du PPRD et de l’AMP.

            La grande sortie politique de Vital Kamerhe intervient, curieusement, à la veille de la clôture officielle de la session en cours du Parlement (Sénat et Assemblée Nationale). Les analystes politiques pensent que l’homme ne tarderait pas à fixer l’opinion sur son agenda politique pour 2011. 

Pour un espace politique ouvert à tous 

Certes, tous les poids lourds de la politique congolaise souhaitent que la compétition des urnes ait lieu conformément aux échéances constitutionnelles et que « les meilleurs l’emportent ». Il y a toutefois lieu de souligner qu’en 2006, un tas d’obstacles avaient été dressés sur le chemin de beaucoup de compatriotes désireux de briguer des mandats électifs. Tracasseries administratives, politiques, policières et judiciaires ; restrictions des libertés de réunion, de mouvement et de parole ; menaces et même agressions verbales et physiques ; exclusions et fraudes préélectorales et électorales furent le lot d’un processus électoral attendu pourtant comme annonciateur du grand retour de la RDC dans l’arène de la démocratie.

            Il est à espérer qu’en 2011, il sera laissé à tous les candidats aux différents postes de représentation ou de direction de l’Etat, le loisir d’aller partout, de s’exprimer largement et librement à travers les médias, de faire le bilan de la législature en cours et d’exposer leurs nouveaux projets de société, bref de mobiliser suffisamment l’électorat autour des enjeux nationaux, provinciaux et locaux pour la législature de 2011 à 2016. L’idéal serait qu’aucun Congolais et aucune Congolaise n’aient peur d’être « candidat » ou « électeur ».                               Kimp.

 

 

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