Les Parlements réactivent la CEPGL

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« Les contacts permanents entre nos chambres législatives devront contribuer à combler le fossé d’incommunicabilité et à bannir la méfiance qui avait longtemps empoisonné les relations entre pays membres de la Communauté Economique des Pays des Grands Lacs( CEPGL) ». Ce credo a été au cœur de l’allocution  prononcée  par le président de l’Assemblée nationale, Evariste Boshab, hier jeudi 1er avril 2010 au Grand Hôtel Kinshasa à l’occasion de l’ouverture de la deuxième conférence des présidents des chambres parlementaires des pays membres de la CEPGL. Ce forum de Kinshasa, a souligné Evariste Boshab, vise à bâtir le développement de la sous-région des Grands Lacs, raffermir la concorde et assurer la coopération économique profitable à nos peuples sur une nouvelle perspective avec les efforts des parlements pour relever le défi.

En présence du Premier ministre, Adolphe Muzito, et du président du Sénat, Léon Kengo, ainsi que du président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, Roger Nsingi, les délégations des parlements du Burundi et du Rwanda ont été ovationnées par les participants à cette session. Il s’agit, pour le Burundi, de Pie Ntavyohanyuma (président de l’Assemblée nationale) et de Gervais Rufyikir (président du Sénat). Tandis que le Rwanda s’est fait représenter par Alfred Kayiranga (député national et représentant de la présidente de la Chambre des députés empêchée) et par le Dr Vincent Biruti, président du Sénat. A cette occasion, le président de la chambre basse du parlement congolais a d’entrée de jeu rappelé le succès récolté par la session précédente de Bujumbura (28-29 septembre 2009) qui a contribué à jeter les bases d’une concertation continue entre les chambres parlementaires de la RDC, du Burundi et du Rwanda. « Depuis cette date se sont réalisés beaucoup d’événements qui ne montrent qu’une volonté commune de tourner la page de l’histoire sombre de la CEPGL pour se focaliser sur les facteurs qui orientent nos pays respectifs vers la paix, la stabilité et le développement durable » s’est-il réjoui.

Saluant la détermination des chefs d’Etats de ces trois pays pour leur ferme volonté de voir l’organisation sous-régionale reprendre vie et devenir un véritable cadre de concertation, Evariste Boshab a par ailleurs exhorté ses homologues à consolider cet élan par un véritable rapprochement de cœur entre leurs peuples, au travers de leurs représentations nationales. 

Calquer sur le modèle européen

Lucide et clairvoyant, le speaker de l’Assemblée nationale a encouragé l’assistance à puiser sur le modèle européen pour construire l’intégration sous-régionale. Selon lui, des cendres encore fumantes d’une fin de guerre mondiale difficile fleurissait l’idée, dans les années 1940, d’une paix mondiale poussée par des illustres visionnaires créateurs d’une solidarité de fait entre nations autour de ce qu’ils avaient à la fois de commun et de singulier. « Dans cet ordre d’idées qu’avançait Robert Schuman en mai 1950, la mise en commun des productions de charbon et d’acier assura la première étape de la Fédération européenne et changea le destin de ces régions longtemps vouées à la fabrication des armes de guerre dont ses peuples ont été les plus constantes victimes »

Autant pour les pionniers occidentaux, Boshab a salué la mémoire des « véritables sopranos de la symphonie pour la concorde congolo-rwando-ougandaise», qui le 29 aout 1966 jetaient déjà à Kinshasa, les premiers jalons de la future coopération régionale. Depuis la « Déclaration de Goma »(1969), en passant par les « Résolutions de Gisenyi »(1969), ainsi que la Convention constitutive de la CEPGL(1976), le président Boshab a conclu à la continuation de l’esprit de la tripartite de 1969. D’où son exaltation de cette « volonté commune de créer une unité plus vaste qui transcende les particularités nationales et renforce la compréhension entre nos Etats afin de répondre aux profondes aspirations de nos populations, à la consolidation d’une fraternité et d’une solidarité intégrée dans les domaines économiques, techniques, financiers et culturels »

Tshieke Bukasa

 

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