Les organisations de la société civile de la R.D.Congo condamnent l’enlèvement, l’arrestation et la détention des acteurs de la société civile africaine et congolaise

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Société CivileLes Organisations de la société civile de la République Démocratique du Congo sont vivement préoccupées par l’enlèvement et la détention de plusieurs acteurs de la société civile Sénégalaise, Burkinabé et Congolaise par  des hommes armés en tenue de la  Police Nationale Congolaise (PNC), des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et d’autres en civil, alors qu’ils animaient une conférence de presse au siège du Studio ELOKO YA MAKASI situé derrière Apocalypse 22 dans la commune de MASINA, à Kinshasa.
En effet, en date du 15 mars 2015, aux environs de 15h30, Messieurs ALIOU SANE, FADEL BARRO et MALAL ALMANY de nationalité sénégalaise et membre du mouvement  Y EN A MARRE, Monsieur  OSCIBI JOHANN  de nationalité burkinabé, membre du mouvement Balai Citoyen et Messieurs  DEDDY KISHIMBI , FRED BAUMA , LUCRECE LOPENGO alias LYKE MIKE,  ALAIN CANON, YVES MAKWAMBALA , OLIVIER MUNONGO, KADHAFI MBUYAMBA et DIEU MERCI, tous de nationalité congolaise membres des organisations de la société civile et journaliste ont été enlevés et amenés par les agents de sécurité, alors qu’ils animaient une conférence de presse consécutive à l’atelier de réflexion et d’échange organisé par la “Jeunesse pour une Nouvelle Société (JNS)’’, le  “Forum National de la Jeunesse pour l’Excellence (FNJE)’’ et “Lutte pour le Changement (LUCHA)’’ qui s’est tenu du 14 au 15 mars 2015, dans l’enceinte des “Œuvres de Don Bosco, Paroisse
– Marie Auxiliatrice, située à Masina Pétro-Congo, dans la commune de Masina.
Interrogé par les radios périphériques sur ces enlèvement et détention arbitraire, le Porte Parole du Gouvernement de la République Démocratique du Congo, Monsieur Lambert MENDE, a déclaré que, d’une part, qu’ « ils ont voulu déstabilisé le pays », et d’autre part que « La police estime avoir des raisons de croire qu’il y a une manœuvre de déstabilisation et d’atteinte à la sûreté de l’Etat derrière cette activité de personnes qui se réclament de Y’en a marre et du Balai du Burkina Faso, dans la mesure où le voyage a été entaché de pas mal d’irrégularités, d’une sorte de manipulation même de nos services d’immigration. Donc, ils ont été plus ou moins sous surveillance et on est tombé sur des choses que la police se réserve de mettre à la disposition de la justice ».
Les organisations signataires de la présente déclaration estiment que les accusations du Gouvernement sont dénouées de tout fondement  dans la mesure où les réunions pacifiques  sont reconnues par la constitution et que les acteurs de la société civile africaine sont entrés en R.D.Congo de manière régulière.
Il y a lieu de signaler aussi qu’en date du 17 mars 2015, à Goma au Nord Kivu, plusieurs étudiants qui manifestaient pacifiquement, devant le bureau de l’ANR/Goma, pour exiger la libération de leurs collègues congolais, burkinabés du « Balai citoyen » et sénégalais de « Y’en a marre », en détention arbitraire à Kinshasa, ont été brutalisés et  arrêtés en violation de la Constitution  par les agents de l’ordre.
Il s’agit de  Messieurs Serge SIVYA (faculté de médecine à l’UNIGOM), Parfait MUTSONGO (faculté d’agronomie à l’UNIGOM), Franck KAMBA (ISTA), John ANIPENDA (faculté de droit à l’UNIGOM), Trésor AKILI (faculté de droit à l’UNIGOM), John BYAMUNGU(ISC), Pascal BYUMANINE (faculté de droit à l’ULPGL), Luc NKULULA (licence en droit de l’UNIGOM), Justin KIKANDI (Université de Pretoria en RSA) et Mademoiselle Rebecca KABUO (faculté de psychologie à l’ULPGL).
Les organisations signataires condamnent cette recrudescence des atteintes aux droits fondamentaux reconnus aux acteurs de la société civile et la réduction d’espace d’expression démocratique en République Démocratique du Congo.

Vu ce qui précède,  elles recommandent :

* Au Président de la République de la RDCongo de :
– Veiller à ce que toutes les institutions respectent les engagements pris par les autorités en ce qui concernent la protection des droits humains tant au niveau national qu’international ;
– Faire libérer, sans condition, tous les acteurs de la société civile enlevés et détenus en violation de la constitution par l’ANR
* Au Gouvernement congolais de :
– Respecter la liberté de manifestation et des réunions pacifiques ;
– Faire libérer tous les acteurs de la société civile détenus dans le cadre de cette affaire ;
– Faire poursuivre les agents de l’ordre impliqués  dans ces arrestation et détention arbitraires ;
* Aux Organisations de la Société civile africaine et internationale de :
–  Organiser des sit in devant toutes les représentations diplomatiques de la République Démocratique du Congo en Afrique et à travers le monde en date du 25 mars 2015, si nos collègues ne sont pas libérés avant cette date.

Fait à Kinshasa, le 18 mars 2015
Les Organisations signataires
1. Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO)
2. Amis de Nelson Mandela
3.  Anges du Ciel
4.  AMECO/Société civile RDC
5.  Agir pour Elections Transparentes et Apaisées(AETA)
6. Ligue   Nationale pour les Elections Libres et Transparentes(LINELIT)
7. Centre National de Développement et Participation Populaire(CENADEP)
8.  Ligue des Electeurs
9.  Forum pour les Droits des Jeunes et Enfants(FODJEC)
10.  Œuvres sociales pour le développement (OSD)
11. Réseau d’Education Civique (RECIC)
12.     Réseau National des Organisations des Droits de l’Homme au Congo (RENADHOC)
13.     Voix Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV)