Les objectifs de la politique monétaire sont sous contrôle

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On craignait des dérapages sur le marché de change avec la mise en circulation, depuis plus de deux mois, de nouvelles coupures de banque à valeur faciale adaptée aux besoins de l’économie congolaise. On redoutait même une flambée généralisée des prix sur le marché, avec l’élargissement de l’éventail fiduciaire. Et on vivait dans une ambiance caractérisée par l’incertitude du lendemain. Rares au début, sur le marché de change, les fameux billets font leur entrée lente, mais sûre dans les milieux économiques, en commençant par les canaux bancaires.
A l’issue des travaux de la 8ème réunion ordinaire du Comité de politique monétaire qui s’est tenue à la Banque centrale du Congo, c’est un sentiment de satisfaction générale qui s’est lu sur tous les visages. Pour le président de cet organe-conseil du gouvernement, décortiquant l’évolution de la politique monétaire en août 2012, cette satisfaction repose sur les résultats des analyses réalisées par ses services qui ont conclu à la stabilité de la plupart des indicateurs macro-économiques. Sur le marché des biens et services, Jean-Claude Masangu a noté que l’indice des prix est demeuré stable à la quatrième semaine du mois d’août 2012. Le rythme hebdomadaire de formation des prix, a-t-il fait savoir, s’est situé à 0,011 %, tandis qu’en annualisé, il s’est établi à 3,87 %. Sur le marché des changes au 23 août 2012, le gouverneur de la BCC relève également une certaine stabilité. En effet, le taux de change, a-t-il fait remarquer, s’est situé à 921,58 FC le dollar américain à l’interbancaire, 927,32 FC sur le marché libre et 928,33 FC au parallèle. Il a tenu à souligner qu’au cours de ce mois, l’Institut d’émission a acheté sur le marché des changes pour un montant record de 58,5 millions de dollars.
Sur le marché monétaire, l’encours global des billets de trésorerie a progressé par rapport à la situation observée un mois plus tôt, en s’établissant à 90 milliards de FC contre 62 milliards de FC. Cela a permis à ses yeux, de dégager ainsi une ponction de liquidité de 28 milliards de FC. Cependant,  a-t-il fait observer, en rythme hebdomadaire, une injection de 24 milliards de FC a pu être réalisée.
 
S’agissant du taux moyen pondéré nominal ( TMP ) des billets de trésorerie à 7 jours, cet autre instrument de la politique monétaire, les services de la BCC notent qu’il s’est établi à 6,03 %, soit 1,47 points en dessous du taux directeur.
Au regard de cette embellie, le comité de politique monétaire a décidé de maintenir inchangé le dispositif actuel de la politique monétaire qui comprend le taux directeur à 7,5 % et le coefficient de la réserve obligatoire à 7 %, tandis que la régulation de la liquidité continuera à s’effectuer au moyen des appels d’offres de BTR. 
Autre motif de satisfaction, sur le plan national, les résultats des enquêtes de baromètre de conjoncture de l’économie congolaise du mois d’août confirment, a encore relevé le gouverneur Masangu Mulongo, l’optimisme des entrepreneurs, affirmé depuis le mois de février quant au développement favorable de la conjoncture économique en RDC. En effet, a-t-il fait remarquer le solde brut d’opinions positives est en progression de 5,5 % en août contre 5,4 % en juillet dernier.
Sur le plan international, la situation est toute différente sur le plan économique, notamment avec la persistance de la crise dans la zone Euro. Il y a d’abord la flambée des prix de produits alimentaires, principalement le blé, le maïs et le soja dont les prix se sont accrus respectivement de 37,6 %, 28,1 % et 45,4 % par rapport à fin décembre 2011. Cette situation qui répand un sentiment d’incertitude, rend le marché imprévisible et risque d’entraîner une insécurité alimentaire et une résurgence de l’inflation importée pour les pays importateurs comme la RDC.
 
En Afrique, le comité de politique monétaire constate que le continent continue d’attirer des investisseurs étrangers pour sa croissance économique, jugée dynamique et forte. En effet, ses membres ont noté d’autre part, que Barclays, deuxième banque britannique, est en processus de fusion avec sa filiale sud-africaine ABSA dans plusieurs pays du continent, en raison du potentiel de croissance de l’Afrique demeuré supérieur à celui de l’Europe en crise.
Le gouverneur de la BCC en a profité pour signaler le séjour en RDC, d’une délégation de la Banque nationale de Belgique, venue à Kinshasa, pour plusieurs missions. Il s’agit pour la première, d’un échange d’expériences entre experts. Les délégués de la BNB en ont profité pour informer les responsables de la BCC, sur la gestion de la crise dans la zone Euro, au niveau de la Banque nationale de Belgique. Mais ont aussi fait des recommandations à notre Institut d’émission, sur la manière de poursuivre son programme de restructuration et de modernisation à la lumière de l’introduction de nouveaux outils financiers et de nouveaux moyens de paiement. Cette coopération bancaire entre la BCC et la BNB ne date pas d’aujourd’hui. Elle remonte à plusieurs décennies et a permis à la BCC, de puiser des enseignements dans la grande expérience de la BNB.
 
                              J.R.T.   
   

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