les ministres se téléscopent : cacophonie à l’OCC

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C’est la grande cacophonie à l’OCC (Office Congolais de Contrôle), où l’on assiste au feuilleton des décisions contradictoires entre le Vice-Premier ministre et ministre des PTT, Simon Bulupiy Galati, le ministre du Commerce et PME, Bernard Biando, et le PCA de cet établissement public, Nestor Dimbwana. L’affaire tourne autour de la levée de la suspension du DG a.i. Albert Kasongo de l’OCC, jugée non-conforme à la procédure par le PCA Diambwana, soutenu en cela par le ministre Biando.

            Suspendu le 25 octobre 2010 par le ministre du Commerce, Petites et Moyennes Entreprises, Bernard Biando Sango, le Directeur Général intérimaire de l’Office Congolais de Contrôle (OCC), Albert Kasongo Mukonzo, a repris du service depuis le mercredi 02 février 2011. C’est à cette date en effet que lui a été remise la lettre du Vice-Premier ministre et ministre des PTT (Postes, Téléphones et Télécommunications) ayant en charge la cellule économico-financière du gouvernement, portant sa réhabilitation à son poste. L’expéditeur lui a recommandé de « reprendre vos fonctions dès réception de la présente », ce que l’intéressé a fait sans se faire prier.
            Alors que l’on croyait le dossier clos, après l’accueil triomphal réservé à Albert Kasongo par les cadres et agents de l’OCC, le Président du Conseil d’Administration de cet établissement public, Nestor Diambwana, a jeté un terrible pavé dans la mare, le même mercredi 02 février 2011. Dans un communiqué signé de sa main, dont une copie au ministre du Commerce, Petites et Moyennes Entreprises ainsi qu’aux banquiers, il considère la décision du Vice-ministre Bulupiy comme nulle et de nul effet, au motif qu’elle n’a pas obéi au parallélisme des formes.
            Selon le PCA de l’OCC, il n’y a que le ministre Bernard Biando, auteur de l’arrêté ministériel n°16/CAB/MINCOMPME/2010, qui est habilité à lever la suspension frappant le DG a.i. Albert Kasongo. En clair, Nestor Diambwana considère le DG a.i. réhabilité comme « sans qualité pour engager l’OCC ».
            En réponse à la copie lui réservée, le Ministre du Commerce, Petites et Moyennes Entreprise, Bernard Biando Sango, déclare appuyer « entièrement le contenu et vous exhorte d’en assurer une stricte application ».
            Comme si cela ne suffisait pas, les syndicalistes de l’OCC, dans un document remis à la presse le jeudi 03 février 2011 et intitulé « mise au point de la délégation syndicale nationale au sujet de la situation qui prévaut à l’OCC » salue le retour aux affaires du DG Albert Kasongo. Selon eux, le crime commis par le numéro un de leur établissement public était d’avoir défendu « les intérêts légitimes de l’OCC à travers son opposition au déblocage de gros sous en financement de certains contrats léonins, susceptibles de faire tomber l’entreprise ».
 
Que va-t-il se passer ?
 
            Que va-t-il se passer à l’OCC à la lumière de l’épreuve de force engagée entre le Vice-Premier ministre Bulupiy, le ministre Biando, le PCA Diambwana et les syndicalistes de cet établissement public ? Nul ne le sait. Toujours est-il que le DG intérimaire, Albert Kasongo s’est réinstallé dans son fauteuil de mandataire public l’OCC. Il bénéficie pour cela du quitus de Bulupiy, qui a préséance sur son collègue du Commerce et PME, mais surtout, qui s’appuie sur une lettre du Premier ministre Adolphe Muzito pour s’estimer en droit de lever la suspension qui pesait l’intéressé.
Dans quel climat de travail vont opérer les différents protagonistes ? Le DG a.i. Kasongo va-t-il continuer à rendre compte de sa gestion au PCA Diambwana et à son ministre de tutelle Biando ou les enjamber pour s’adresser directement au Vice-Premier ministre Bulupiy ?  Les banquiers vont-ils exécuter les instructions du PCA Diambwana ou la lettre de Bulupuy ?
 
Rappel des faits
 
            On rappelle que le fond de « l’affaire Kasongo » s’articule autour des allégations de détournement d’un montant de plus de 4 millions de dollars américains, représentant des impôts dus par l’OCC au Trésor public, que lui impute le ministre du Commerce et PME, Bernard Biando. On laisse entendre que la Direction Générale des Impôts a innocenté l’accusé, d’où la décision du Vice-Premier ministre et ministre des PTT, de le rétablir dans ses fonctions.
            Le dossier a-t-il été traité en Conseil des ministres ? La question reste. On croit savoir que le Vice-Premier ministre Bulupiy a agi avec l’aval du chef du gouvernement, pour casser l’arrêté du ministre du Commerce, qui refusait visiblement de s’exécuter, comme cela arrive depuis un certain temps au niveau de l’exécutif national, où plusieurs ministres donnent l’impression de fonctionner comme des électrons libres.
                                                                                                                                                                                                                            Jacques Kimpozo
 

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