Les marchés publics au coeur du débat

0
36

Le ministre des Finances a dévoilé hier mercredi 06 avril 2011 à l’Hôtel Venus, les principaux problèmes enregistrés par son cabinet, dans les procédures de passation de marchés. Il y a entre autres les retards qui continuent de s’imposer comme un des défis majeurs de la mise en œuvre opérationnelle des projets. Et par conséquent, comme une de principales sources de la faible absorption des ressources dans plusieurs projets et programmes financés par les bailleurs de fonds.
Depuis 2008, les résultats des discussions récurrentes sur les questions de passation des marchés ont produit peu d’impact sur le relèvement des performances en matière de décaissement. Il a noté à ce sujet, que pour 2010, l’ambition du gouvernement de décaisser environ 600 millions de dollars sur le portefeuille IDA, n’a pu être exécutée qu’à moitié, parce que l’ensemble des agences d’exécution n’ont pas pu dépasser le cap de 300 millions de dollars.

Il a fait le même constat en parcourant la plupart des rapports des missions de supervision effectuées par les équipes de l’IDA et de la BAD.
Aussi désabusé par le temps excessivement long pour la passation, l’attribution et la signature des contrats, les délais des réponses aux commentaires des équipes de gestion fiduciaire des bailleurs, jugés souvent démesurés au niveau des unités d’exécution des projets, et par l’insuffisance des capacités et d’expérience de certains acteurs impliqués dans la passation des marchés, ainsi que les lenteurs dans la réaction des bailleurs des fonds pour l’octroi des avis de non objection, le ministre des Finances a formulé une série des recommandations aux participants à l’atelier sur l’amélioration de la performance de la passation des marchés financés par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement.

Dans son discours à l’ouverture des travaux de cet atelier, Matata Ponyo estime que ces constats malheureux qui pouvaient se comprendre au début de l’année 2001, à l’aube de la reprise de la coopération structurelle avec les principaux bailleurs des fonds du pays, ne sont plus acceptables aujourd’hui.
Il s’est toutefois réjoui de relever que de nombreux efforts conjugués du gouvernement et des partenaires au développement ont permis de former un grand nombre des spécialistes de passation des marchés. Aucune unité d’exécution de projet ne manque aujourd’hui ses propres capacités de passation de marchés. D’autres unités sont appuyées par des consultants internationaux chèrement payés ou par des structures externes de passation de marchés. A ce propos, Mapon a cité le cas de la Banque mondiale et de la BAD qui ont étoffé leurs équipes fiduciaires locales pour mieux se rapprocher des équipes de coordination ou d’exécution des projets au niveau du pays.
Il s’est alors posé des questions sur ce qui continue de justifier des retards et des faiblesses en matière de passation des marchés, et ce qui doit être fait pour que la passation de marchés cesse d’être un goulot d’étranglement permanent.
Telle est pour lui, toute la problématique de cet atelier dont l’enjeu essentiel ne réside pas seulement dans la maîtrise technique des processus de passation de marchés par les équipes des projets.

De cet atelier qu’il voudrait devenir un forum d’échange d’expériences, le ministre des Finances souhaite une vision partagée du rôle déterminant que doit jouer la passation de marchés sur l’efficacité globale de la mise en œuvre opérationnelle des activités, en termes de respect de délais, des budgets et de maîtrise des coûts des transactions.
Il s’est ensuite interrogé comment le plan de passation de marchés doit devenir un instrument de gestion du projet et s’articuler avec le plan opérationnel de travail et le planning de décaissement. Il s’agit aussi de voir comment le travail du spécialiste de passation de marchés est suivi par la coordination à travers un tableau de bord facilitant l’identification rapide des problèmes et la prise des décisions efficaces.
Sur base ses recommandations qui seront prises par les participants, le ministre des Finances espère que nous soyons capables de mesurer à l’occasion de la prochaine revue du portefeuille IDA qui sera organisée en juin 2011, par des indicateurs simples, les progrès imputables à la mise en œuvre du plan d’action qui sortira du présent atelier.

Les principaux problèmes de passation de marchés en RDC

Le délégué de la Banque mondiale à ses assises, a pour sa part, souligné l’intérêt que cette institution financière internationale accorde aux travaux de cet atelier qui visent évacuer les différents problèmes dans la chaîne de passation et d’exécution des marchés.
M. Bourama a épinglé quelques recommandations pouvant aider à améliorer les procédures de passation des marchés, dont entre autres, mettre en place un mécanisme de suivi de la mise en œuvre des actions du présent plan et en désigner les principaux responsables. Ensuite, assurer un meilleur suivi de la mise en œuvre des actions d’atténuation des risques identifiés dans le rapport d’évaluation du projet, réviser les manuels d’exécution de projets et définir les indicateurs de mesure de la performance de l’équipe du projet.

Il a enfin, émis le vœu de voir d’autres recommandations élaborées lors de ces assises, telles que définir un plan de renforcement de capacités en passation de marchés et démarrer sa mise en œuvre, assurer sur le plan technique et financier, le contrôle et le suivi des activités déléguées à des acteurs externes.
Le représentant de la BAD a pour sa part, relevé un certain nombre d’écueils dans la passation des marchés, surtout ceux liés au décaissement qui ralentissent la capacité d’absorption du portefeuille alloué à la RDC, avant de souligner les efforts déployés par la BM et la BAD, notamment pour la formation des experts en passation des marchés.

A ses yeux, le présent atelier va engager une profonde réflexion qui permettra de résoudre ces problèmes et favoriser l’harmonisation des vues entre le gouvernement et les principaux partenaires au développement.
Lors des échanges, M. Bourama a fustigé le faible niveau de décaissement des fonds, alors que la RDC représente le 4 ème portefeuille de la région Afrique de son institution. Ce faible niveau n’est pas celui attendu par le gouvernement, ni la Banque mondiale, ni aussi les populations. On n’est pas face-à-face, a-t-il fait remarquer, mais ensemble et côte-à-côte. Il a souhaité que soient écourtés les délais de réponses aux questions soulevées par les uns et les autres.

     J.R.T.       

LEAVE A REPLY

*