Les machettes sèment la terreur dans les quartiers de Tshangu

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Destinées normalement à la coupe du bois et des branches d’arbres, les machettes «  patrouillent » désormais la nuit dans les rues et quartiers de Tshangu, non pour sécuriser les paisibles citoyens, mais pour les agresser et les terroriser.

Les attaques sont ces temps derniers, si légion, au point que les plus frileux ont renoncé aux promenades nocturnes. D’autres hésitent deux fois avant de traverser des coins coupe-gorges où surgissent ces marginaux dont la sortie se solde toujours par des pleurs et des grincements de dents.

La peur au ventre, Selemani, vendeuse des pagnes wax, au Marché de la Liberté, venait de quitter ses collègues, le samedi 30 avril 2015, vers 23 H, un peu grisée. Un verre de bière de trop, démarche titubante, le parler lent, la jeune dame longeait une avenue sombre de Kingasani quand elle a remarqué qu’elle était suivie depuis une demi-heure par deux délinquants. Sur la route de Mokali, les deux marginaux l’ont encerclée et exigé son sac à main contenant non seulement les recettes de la journée, 160.000 FC et 30 dollars, mais ses pièces d’identité et d’autres documents importants.

Après le coup, les marginaux ont emprunté une rue voisine en terre battue avec leur butin.

La semaine passée, ce sont dix «Kuluna» assis sur un tronc d’arbre, qui se sont illustrés par l’agression de l’agent d’une banque de la place. Le malheureux fonctionnaire qui a passé toute la soirée avec ses copains, était sûr de traverser la voie ferrée sans incident, avant d’atteindre son domicile situé à plus d’un kilomètre.

            Le mercredi 27 avril 2015, il était 1 H du matin. Le jeune banquier, Lusakueno Michel, avait pris une moto qui l’avait débarqué devant une boutique achalandée du quartier 3, commune de Masina. C’est là qu’il s’est ravitaillé en divers produits alimentaires, savons et autres biens de première nécessité.

            Après les achats, il a poursuivi sa route. Chemin faisant, Lusakueno sera abordé par une jeune fille qui voulait partager le reste de la soirée avec lui. Avance qu’il a refusée, car craignant un coup fourré. Soudain, un groupe des marginaux ont arraché son gros sac rempli de provisions. Le banquier a tenté de se défendre, un délinquant a brandi une machette qu’il a fait grincer sur le mur d’une parcelle proche. Michel Lusakueno pris de panique, a cédé même sa paie du mois d’avril.

            Aujourd’hui, traumatisé encore, il a décidé de limiter ses déplacements nocturnes. Il espère rejoindre son appartement aussitôt la journée de travail terminée, pour ainsi éviter les risques d’agression.

            Les machettes, ont fait parler d’elles une semaine auparavant. Une dizaine de délinquants drogués paradaient le week-end dernier, dans les rues de Kingasani. Brandissant des machettes, ils s’en prenaient à tous les piétons rencontrés dans leur périple qu’ils délestaient de leurs effets de valeur.

            Kamwanya s’est fait arracher ses deux téléphones portables, ainsi qu’une garantie locative de 1050 dollars qu’elle entendait verser auprès de son nouveau bailleur.  Ramazani, entrepreneur, a perdu, selon ses propres dires, un cartable contenant un micro-ordinateur,  des téléphones, ainsi que des documents importants numérisés.

            Dans la foulée de ces attaques, le chauffeur de taxi Bongopasi Willy qui venait de garer son véhicule dans un parking gardé de Kimbanseke,  a fait une rencontre insolite avec une écurie des marginaux. Les «Kuluna», forts de leur supériorité numérique, lui ont extorqué sous la menace des machettes, toutes les recettes de la journée, et son téléphone.

A Tshangu où s’est installée cette insécurité, des jeunes excédés par cette série d’agression, ont décidé de se rassembler en groupes d’auto-défense populaires. Cette décision serait prise pour constituer la parade à cette forme de criminalité.

            Certaines personnes laissent même entendre que les postes de police seraient peu outillés pour lancer de vastes opérations de ratissage, de peur d’enregistrer des cas de dérapages dont des tirs sur des innocents, en cas de résistance.

            En tout état de cause, la population attend que la police puisse se ressaisir pour sécuriser les quartiers érigés en fiefs de malfaiteurs. Il est temps que des mesures de sécurisation de Tshangu soient renforcées le jour comme la nuit, pour éradiquer le spectre de l’impunité pour les marginaux et autres criminels.

J.R.T.