Les Kuluna sèment l’insécurité à Kingabwa

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 Kinshasa plonge lentement, mais sûrement, dans la culture de «  Kuluna », ces marginaux basés dans les grands quartiers de Kinshasa et qui agressent à l’arme blanche, les paisibles citoyens, juste pour arracher quelque butin et imposer la loi de la force brutale.
  On croyait ce phénomène éradiqué avec des vagues d’arrestation déjà opérées et de transfert de condamnés dans des prisons de l’intérieur du pays, force est de constater que les pépinières de ces délinquants pseudo-sportifs sont en pleine croissance et que ces criminels en herbe aussitôt leur première sortie réussie, deviennent opérationnels. 

 C’est dans ces milieux de marginaux que se recrutent les bandes des Kuluna qui envahissent les trains urbains de Kinshasa assurant des liaisons quotidiennes entre l’aéroport international de Ndjili et la Gare centrale de Kinshasa.

 Le matin, ces délinquants embarquent par dizaines dans des wagons des passagers, les uns debout ou entassés sur des banquettes, les autres juchés sur les toitures jouant à l’équilibriste, pour joindre le centre-ville, soit pour chercher de l’emploi, ou pour opérer quelque larcin.
 A bord de ces wagons bondés, la musique et le football sont au menu des conversations, tandis que des mégots de chanvre circulent souvent entre les doigts des toxicomanes invétérés. Des équipes des policiers de l’Onatra devant assurant la surveillance et le contrôle des tickets de voyage à bord, ne sont jamais parvenus à évacuer ou à discipliner ces criminels en puissance qui constituent de véritables bombes humaines.
 Plusieurs incidents émaillent le trafic ferroviaire des trains urbains le matin, entre 6 et 8 heures et le soir, vers 16 et 17 heures.

Des boutiques et des maisons d’habitation pillées

 Lundi dernier, à la suite d’une panne de train urbain à la hauteur de la société Ozacaf, les délinquants armés des pierres et autres objets contondants, sont descendus de wagons et envahis les boutiques et les maisons d’habitation des environs qu’ils ont pillées. Un témoin raconte qu’ils étaient nombreux à faire irruption dans les commerces, au point que les vendeurs n’ont pu opposer la moindre résistance. «Je les ai vus emporter des boîtes de lait et de sardine, des paquets de biscuits», a tenu à préciser un autre habitant de Kingabwa qui ajoute que d’autres Kuluna ont vidé les caisses des magasins.
 Un père de famille surpris devant sa maison, par ces hordes des malfrats, en train d’administrer des produits pharmaceutiques à son fils, a été molesté et ses quelques biens de valeur emportés par ces vandales.
 Face à ces bandes menaçant avec des armes blanches, le poste de police «  Les rails » avec ses effectifs insuffisants s’est vidé en un clin d’oeil. Heureusement, les inciviques n’ont pas saccagé les installations de ce poste. Ces pillages en série ont suscité la colère de jeunes garçons de Kingabwa qui ont réagi aussitôt par des jets de pierres sur ces inciviques.  
 Une demi-heure plus tard, une unité spécialisée de la police appelée en renfort est arrivée en catastrophe sur le lieu des incidents. Déploiement des équipes dans tout le périmètre, tirs  des coups de feu en l’air, les inciviques ont été mis en déroute.
 On signale que quelques arrestations ont été opérées dans les rangs de ces hordes de malfaiteurs.
Ces incidents ne sont pas les premiers du genre. Kingabwa a toujours été le théâtre des affrontements entre marginaux de ce quartier de Limete et ceux embarqués dans des trains urbains.
  Il y a deux ans, à l’arrêt du train sur la 14 ème rue, ces hors la loi  avaient arraché un bébé des mains de sa mère et l’avaient emporté avec eux. On raconte qu’ils l’avaient jeté dans la rivière Ngwele. L’enfant est mort et le cadavre a été récupéré le lendemain de ce crime. C’est à la suite de ces incidents que le trafic ferroviaire fut suspendu. Le gouverneur de la ville indigné par le comportement marginal et criminel de ces Kuluna, a fait une descente à Kingabwa pour réconforter les habitants de cette partie de la ville. Il avait promis de renforcer la sécurité à chaque passage de train urbain à Kingabwa.
 Pour ce faire, des réunions furent tenues avec les responsables de la société Onatra et l’Inspection provinciale de la police ville de Kinshasa.
 Aujourd’hui, les Kuluna sont revenus en force et tentent de rééditer leurs sinistres exploits en semant l’insécurité à Kingabwa. La police du district de Tshangu devrait définir ses priorités. Car aujourd’hui, on lui reprocherait de s’intéresser plus aux conflits d’enfants et aux bagarres entre voisins ou entre bailleurs et locataires, qu’à sécuriser les arrêts de trains urbains où embarquent les délinquants.

       J.R.T.     

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