Les grandes options de la Banque mondiale pour la RDC

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Au terme d’un mandat rempli en RDC, avec dévouement et abnégation, Marie-Françoise Marie Nelly a regagné le siège de la Banque mondiale à Washington, pour de nouvelles fonctions. Avec son départ, le bureau de la Banque mondiale de Kinshasa a désormais un nouveau directeur des opérations qui a également à sa charge, le bureau de Brazzaville. Il s’agit de Eustache Ouayoro, de nationalité ivoirienne.

Il a pris le relais des opérations pour les deux pays voisins, il y a douze jours, non sans afficher, sa volonté d’être plus à l’écoute de toutes les sensibilités et acteurs du terrain, ainsi que sa détermination à poursuivre le programme d’appui de la Banque mondiale au gouvernement congolais.
Eustache Ouayoro entend le faire avec un sens élevé de dialogue avec tous les partenaires que la Banque africaine de développement, le Pnud, l’Union européenne, mais aussi en multipliant les contacts avec la société civile et en s’ouvrant davantage à la presse.
Avec une telle stratégie, on peut être sûr qu’aucune cassure ne sera observée entre son mandat et celui de son prédécesseur.
La continuité du programme de la Banque mondiale pour la RDC et la république populaire du Congo, sera donc assurée sans failles, surtout que Eustache Ouayoro tient lui aussi à marquer son mandat avec le sceau de la réussite.

Il a décliné ses principales préoccupations, vendredi dernier, dans la salle du Centre de l’information publique, lors de sa présentation à la presse tant nationale qu’internationale.
En dépit du changement intervenu à la tête du bureau de la Banque mondiale à Kinshasa, a souligné Ouayoro, la volonté de dirigeants de cette institution de Bretton Woods est d’aider la RDC à aller de l’avant. Que la RDC puisse enfin retrouver sa place parmi les pays qui avancent et dont le progrès va profiter davantage à ses populations, et certainement rejaillir sur les autres pays de la sous-région !
C’est ce Congo-là que la Banque mondiale et l’ensemble de ses partenaires veulent soutenir.
Pour sa première rencontre avec la presse, le nouveau directeur des opérations de la Banque mondiale pour la RDC a choisi de répondre aux questions des journalistes qui pour lui, représentent la pluralité d’opinions en RDC, tout en étant des canaux par lesquels on fait passer des messages.
A la question de savoir ce que la Banque mondiale prévoit pour le soutien de la presse, compte tenu du rôle qu’elle joue, Eustache Ouayoro a indiqué d’emblée que la presse a un rôle important à jouer. Il faut avant tout qu’elle soit crédible. Sa crédibilité vient surtout de l’accès à l’information. Et dans ce domaine, a-t-il dit, ses services sont disposés à fournir toutes les informations sur les actions de la Banque mondiale en RDC.
Pour être plus efficace, a fait remarquer Ouayoro, la Banque mondiale tient à se consacrer à ses domaines de qualification que sont les infrastructures, les routes, la santé, l’éducation, l’eau et assainissement, l’appui à la gouvernance, etc… On ne peut pas être partout à la fois, et on ne pourra pas ainsi être plus efficace et plus performant, a conclu sur cette question, le directeur des opérations de la Banque mondiale, avant d’ajouter que sous son mandat, il fera tout ce qui est à son pouvoir pour communiquer davantage. A ce sujet, il a réaffirmé sa disponibilité, ainsi que celle de ses collaborateurs, Mme Louise Engulu Mekonda, responsable chargée de la communication et Bob Bobutaka, responsable du Centre de l’information publique.

L’Afrique toujours au cœur des préoccupations de la Banque mondiale

A la question de savoir comment la Banque mondiale va aider la RDC avec ses forêts pour un rôle majeur, Eustache Ouayoro a signalé que la Banque mondiale est très engagée dans ce secteur. Il a profité de cette occasion pour annoncer la tenue en octobre prochain, à Kinshasa, d’une grande conférence internationale sur les forêts qui sera placée sous le patronage du président de la république.
Le directeur des opérations de la BM a insisté pour que soient préservées les forêts congolaises, surtout qu’elles contribuent à l’atténuation des effets néfastes des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Avec le projet d’appui au processus national REDD + en RDC, son institution participe à l’aide consentie en faveur des pays détenteurs des forêts tropicales à faire face aux défis complexes de la conservation des forêts et du développement durable.

Aux préoccupations des journalistes qui tiennent à être informés sur les résultats palpables des actions de la Banque mondiale dans la réduction de la pauvreté, Eustache Ouayoro a indiqué que cela est visible dans le domaine de l’agriculture. En Afrique, la majorité de la population vit dans les campagnes, où l’activité principale est l’agriculture. Dans sa stratégie, la Banque mondiale a accordé la priorité à la construction des routes, à la productivité de l’agriculture et à la création des systèmes de conservation et des circuits de distribution. Toutes ces actions ont un impact sur la population qui se consacre à l’agriculture, en facilitant l’écoulement harmonieux de sa production et en améliorant ses revenus.
Dans le pool Malebo, la Banque mondiale finance plusieurs projets comprenant entre autres, l’ouverture des pistes, l’amélioration de la qualité végétale, du système de stockage et des prix de produits.

Pour le directeur des opérations Eustache, l’Afrique a tout ce qu’il faut pour produire davantage. Le problème, a-t-il fait remarquer, est que le budget de l’Etat est faible et les fonds consacrés à l’agriculture sont insignifiants par rapport aux défis complexes à relever.
Concernant la poursuite du programme d’actions de la Banque mondiale en RDC pour les années à venir, Ouaroyo a indiqué que sa direction veut un portefeuille propre. L’engagement de la Banque mondiale se situe à plus de 3 milliards de dollars dont un milliard consacré au secteur énergétique. L’autre partie couvre une multitude des projets dans plusieurs secteurs, notamment routes, eau et assainissement, agriculture, santé et éducation, développement urbain, gouvernance et autres secteurs.
On va accroître ce portefeuille, a fait savoir le directeur des opérations comme pour rassurer ses interlocuteurs sur la volonté de la Banque mondiale à poursuivre son appui à la RDC.

Il a fait remarquer d’autre part que la BM travaille en coordination avec d’autres partenaires au développement pour être plus efficaces.
Enfin, Eustache Ouaroyo a signalé la tenue, à partir du 21 septembre 2011, à Washington, des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale. Plusieurs questions seront abordées dont le dossier de l’Afrique à la lumière des récents bouleversements politiques pour certains pays, et des progrès importants réalisés par d’autres.

Signalons qu’avant d’être nommé pour le bureau de la RDC et la république du Congo, Ouayoro était conseiller aux opérations dans la région des Caraïbeset d’Amérique latine. Recruté en 1990, comme chargé de projet eau et assainissement du Pnud et BM, cet ingénieur civil et de génie sanitaire a occupé plusieurs fonctions. Directeur du secteur de l’eau, assainissement et développement urbain pour l’Afrique occidentale et centrale, il a également été représentant résident
de la BM en Haïti.

J.R.T.

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