Les gouverneurs de provinces prêts à se faire auditer

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mbongo Le mémo adressé par la PPK (Participation Populaire Kinoise) de l’Apôtre Thierry Bongo au Chef de l’Etat en date du 24 décembre 2014 et exigeant un audit de la gestion de tous les gouverneurs des provinces a été un vrai pavé dans la mare. Piqué au vif, le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku, en sa qualité de porte-parole de ses pairs, a tenu à remettre les pendules à l’heure.

            Dans une réaction recueillie par Radio Okapi, il a fait savoir qu’aucun gouverneur ne redoutait un éventuel audit. Bien au contraire, tous sont ouverts à pareil exercice, lequel aurait pour mérite de tirer au clair l’affaire des fonds en provenance des partenaires internationaux et destinés à financer des projets de développement communautaire. Le numéro un de l’administration provinciale du Nord-Kivu a martelé haut et fort que la coopération internationale est un domaine relevant exclusivement de la compétence du pouvoir central. Par conséquent, aucun gouverneur de province ne reçoit directement des fonds des partenaires internationaux. Il a précisé que les fonds, internes comme externes liés aux investissements, ont toujours été gérés, jusqu’à preuve du contraire, par le gouvernement central.

Après avoir pris connaissance de l’éclairage de Julien Paluku, les observateurs estiment que le problème soulevé par la PPK (Participation Populaire Kinoise) reste sans réponse. Aussi, dans le souci de la recherche de la transparence dans l’utilisation de l’aide extérieure dans le secteur du financement des infrastructures de base, il serait souhaitable qu’un double audit soit diligenté par la présidence de la République. L’un concernerait la gestion des gouverneurs de provinces et l’autre, celle des membres du gouvernement proches du dossier de la coopération internationale.

            Dans ce cas, le gouvernement, cité par PPK comme partie prenante dans la commission d’enquête mixte qu’elle a suggérée au Chef de l’Etat, devrait se déporter et laisser travailler uniquement le Parlement, la Cour des Comptes, le Parquet Général de la République, la Cour Suprême de Justice, l’ANR (Agence Nationale de Renseignements) et la DGM (Direction Générale de Migration). L’intérêt général commande que des millions de Congolais, qui soupçonnent les gouverneurs de provinces de ne pas faire bon usage des ressources en provenance de l’extérieur, alors que ceux-ci viennent de nier toute implication dans leur dispatching, soient pleinement informés de ce qui se passe réellement. Le gaspillage des fonds se situerait-il au niveau des exécutifs provinciaux ou national ? La question reste pendante jusqu’à la mise en place éventuelle de la commission d’enquête sollicitée par la PPK.

                                               Kimp