Les «gants cloutés» frappent à Matete

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Une nouvelle race de marginaux vient de faire son apparition à Matete. Il s’agit des « gants cloutés ». Surnommés les « coriaces », ils se distinguent des autres délinquants par le port et l’usage des gants en cuir couverts de clous. Ils ont signé leur première sortie, dans la nuit du 27 au 28 mai 2011, à la frontière entre les quartiers Ngufu et Kinsaku, à Matete. De quoi accroître la frayeur de paisibles citoyens y domiciliés.

Premières victimes de cette bande, Gary Ndombele et Patrick Nzuzi, habitant la même commune et qui regagnaient à pied leurs domiciles, samedi 28 mai à 2 H du matin, après une soirée prolongée passée en compagnie d’un groupe de  prostituées. Les deux hommes sont tombés entre les griffes de ces marginaux en empruntant le « fameux couloir Madiakoko ». Ce point de passage baignant dans l’obscurité, abrite des marginaux de tout acabit et autres fumeurs de chanvre qui y opèrent chaque nuit. Ce « no man’s land » a la triste réputation d’être un raccourci «  coupe-gorge » et on ne peut le traverser sans se faire détrousser.

A l’intérieur de ce couloir, Gary Ndombele et son ami Patrick Nzuzi ont été surpris de se voir filés par trois énergumènes aux allures de sportifs. Ils n’avaient pas remarqué que trois autres membres de la même bande les avaient précédés.

Ce sont ceux-là qui feront brusquement marche arrière, formant ainsi une trappe qui allait se refermer eux. Ne pouvant échapper, Gary Ndombele et Patrick Nzuzi ont accueilli une pluie de coups de clous sur le visage. Gary Ndombele a eu la mâchoire brisée, un œil écrasé, tandis que Patrick Nzuzi s’en est tiré avec des blessures sur tout le corps.

Avant d’abandonner leurs victimes, les «  gants cloutés » ont laissé un message valant menaces : «  tant que vous ne cesserez pas avec les filles de l’écurie Nguang zhou, nous ne vous laisserons pas en paix ! » «  La prochaine fois, vous aurez plus de dégâts sérieux ! ».
Satisfaits de cette correction, les «  gants cloutés » se sont volatilisés dans les dédales des ruelles de Matete. Peu après l’agression, et récupérés par de bons Samaritains, les victimes défigurées et ensanglantées ont été acheminées dans un centre médical proche où leur état de santé a été déclarée très critique.
Selon des informations recueillies auprès d’une source, l’une des victimes qui a eu la mâchoire brisée et l’œil abîmé, a été transférée aux Cliniques universitaires du Mont Amba.

Une semaine avant, Symphorien Kalombo, un homme d’affaires, avait partagé un verre avec ses amis au bar «Procès-verbal». Quelques prostituées de Matete se sont attablées à leurs côtés et échangeaient sur tout. Ces éclaireuses ont vendu la mèche aux mariginaux sur les dépenses.
Aux petites heures, les différents couples se sont dirigés vers les flats des environs. Chemin faisant, ils sont tombés dans l’embuscade leur tendue par les «  gants cloutés ». Ceinturées dans le couloir Madiakoko, les filles ont été relâchées sans conditions, alors que les garçons étaient dépouillés de leurs  téléphones, ainsi que de leurs économies.
A en croire un habitant de Matete, cette commune vient en effet, de basculer de nouveau dans le banditisme, depuis que les marginaux utilisent des filles prostituées pour appâter les «  partenaires » friqués. Elles sont chargées d’attirerer des « proies » et d’occasionner des dépenses pour connaître le contenu de leurs portes-monnaies.

C’est dans ce climat d’insécurité qu’a été également agressé la semaine dernière, un officier de la police. Son seul malheur, avons-nous appris, c’est d’avoir courtisé les filles de l’écurie «  Nguang Zhou » très célèbres à Matete.
Le policier qui était habillé en civil, a passé un mauvais quart d’heure dans le couloir Madiakoko, qu’il n’est pas prêt d’oublier. Transformé en «  punching ball », il a été tabassé jusqu’à ce qu’il s’écroulent et se mette à saigner abondamment des yeux, du nez, de la bouche et des oreilles.
«  Les gants cloutés », a indiqué un policier résidant à Matete, ne s’attaquent pas à n’importe qui et ne volent pas. Leur cible principale, ce sont les viveurs intéressés par les filles prostituées de la commune. Tel n’est pas l’avis d’autres victimes.
Au rythme de telles agressions, les filles de Matete risquent de demeurer célibataires pour des décennies, les prétendants n’osant s’aventurer contre les intérêts de « gants cloutés ».
«A cette allure, a averti un autre habitant de Matete, notre commune restera pour longtemps encore, un véritable volcan en éruption pour les paisibles citoyens.»

J.R.T.

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