Les femmes exigent la mise en place du «Plan national d’affectation des terres »

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Ouverts depuis le lundi 27 octobre dernier, les travaux de l’atelier sur le renforcement des capacités des femmes sur la gestion des ressources naturelles : pétrolières, forestières et minières se poursuivent à l’hôtel Sultani. Pour cette troisième journée, quatre sous-thèmes liés à aux questions forestières ont été abordées. Les différents modules ont été pris en charge par le professeur Théophile Gata, directeur exécutif du Centre d’appui à la gestion durable des forêts tropicales et consultant indépendant à la société civile environnementale.
L’essentiel de son intervention était focalisé sur :
– Législation dans le secteur de forêts : l’exploitation forestière industrielle, l’exploitation forestière artisanale, la procédure d’attribution des titres forestiers;
– Le régime fiscal et douanier, la définition claire des services chargés de l’administration du code forestier, protection des investissements et climat des affaires;
– Les responsabilités sociales des compagnies forestières.
Lors des échanges, il a été relevé que le secteur forestier de la République démocratique du Congo connait des sérieux problèmes. Ainsi le déboisement

Lors des échanges, il a été relevé que le secteur forestier de la République démocratique du Congo connait des sérieux problèmes. Ainsi le déboisement sans reboisement est le facteur majeur du réchauffement climatique. La destruction de la couche d’ozone met beaucoup plus en difficulté les femmes.      Car, lors de l’exploitation du bois, les femmes sont les premières victimes étant donné qu’elles sont toutes dans les champs qui constituent leurs principales sources d’approvisionnement de la plupart des familles vivant en milieux ruraux..
Les problèmes particuliers de la RDC sont :
– La déforestation et la dégradation des forêts;
– Les inondations;
– La savanisation : poussée des déserts;
– La disparition des espèces animales et végétales;
– La pollution (air, eau et sol);
– Les changements climatiques ( ensemble des variations des caractéristiques climatiques en un endroit donné au cours du temps : réchauffement ou refroidissement) ;
– La pauvreté et l’accroissement démographique;
– Et l’urbanisation sauvage de suites de l’exode rural.
Quant aux exploitants du bois, seuls les aspects liés à la durabilité économique (rentabilité  financière) de leurs entreprises comptent. Ils ont peu d’intérêts aux aspects de la durabilité écologique (non respect de normes d’exploitation durable) et de la durabilité sociale (prise en compte des besoins des communautés forestières) qui sont à la base de la plupart de ces problèmes environnementaux.

Conflits
Les problèmes précités sont à l’origine de plusieurs conflits, notamment :
– les populations rurales entre elles ou conflits intra-communautaires;
– les exploitants forestiers entre eux;
– les exploitants forestiers et les populations rurales;
– les populations rurales et l’Etat;
– les exploitants forestiers et les concessionnaires fonciers privés.

Causes de ces conflits

– gestion traditionnelle des terres;
– droits de jouissance des communautés locales et autochtones;
– empiètements de concessions agricoles et foncières privées;
– coupes illégales hors de leurs concessions, etc…

Pistes de solution

En organisant cet atelier, Osisa poursuit comme  objectif, un noyau des femmes pouvant réfléchir sur la gestion des ressources naturelles. A cet effet, les participantes ont proposé comme pistes de solution :
– Militer pour l’implication des femmes dans les instances de décisions ;
– Mener des plaidoyers pour l’uniformisation des systèmes de gestion et la mise en place « du plan national d’affectation des terres » en vue de limiter les dégâts. Ce plan va faciliter la tâche aux différents ministères et institutions ayant en charge la gestion de la forêt (la répartition des terres pour tels ou tels autres secteurs) ;
–       Promouvoir l’exploitation artisanale (car, l’orateur a fait savoir que l’exploitation artisanale qui générait une grande quantité des bois) ;
– Mener des plaidoyers pour le respect de contrat d’exploitation (puisqu’il a été souligné que certaines entreprises possèdent des « permis d’exploitation artisanale » alors que sur terrain, elles font de l’exploitation industrielle) ;
– Mener un plaidoyer pour l’assainissement du personnel de différentes institutions et des ministères (provincial et central);
– Renforcer les contrôles à tous les niveaux ;
– Mener un plaidoyer pour l’octroi d’une prime au personnel chargé de contrôler les sites d’exploitation en vue de le motiver dans son travail. Et sensibiliser ce personnel sur les respects de normes sur terrain ; etc.
Quant à la femme présente à ces assises, celle qui est leader d’une organisation non gouvernementale, la femme député qui est la bouche du souverain primaire, la femme de médias, etc, il lui a été demandé de reconnaître « le rôle positif joué par la femme dans les revenus des ménages à travers ses activités forestières », afin de lui permettre de prendre conscience de la réalité. A cet effet, elle doit  favoriser les initiatives qui font la promotion de la femme dans la gestion des forêts, surtout au niveau communautaire où la coutume la retient encore prisonnière.

Initiatives

Les participantes ont été invitées à prendre certaines initiatives, notamment :
– l’inclusion des femmes dans les comités exécutifs de gestion et de surveillance des forêts (CCNF et CCPF), dans les comités de gestion et de suivi installés dans le cadre des négociations de la clause sociale des cahiers des charges et de gestion des fonds de développement local ;
– la structuration des associations féminines de défense des droits de la femme ; etc.
L’orateur a fini son exposé en exhortant les femmes à travailler en système de réseautage des organisations environnementales  à l’instar du réseau dénommé « Réseau des femmes africaines pour la gestion communautaire des forêts -REFACOF en sigle» créé et reconnu légalement au Cameroun en 2010 et regroupant les femmes africaines venues du Burkina Faso, du Burundi, du Cameroun, du Gabon, du Nigeria, de la République centrafricaine, de la République Démocratique du Congo, du Rwanda et du Sénégal.
Ce réseau a pour but de faire le lobbying et le plaidoyer au niveau des gouvernements et organisations internationales pour une prise en compte dans les réformes et l’inscription dans leurs agendas, des besoins, contraintes, et intérêts spécifiques des femmes ainsi que leurs droits de propriété sur les ressources foncières et forestières.

Dorcas NSOMUE

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