Les femmes du Grand Kivu disent oui au dialogue

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Femme-Congolaise-15Préoccupée par la situation politique actuelle du pays en général et des massacres répétitifs perpétrés dans la partie Est de la RDC, marqués par les violences sexuelles et la misère accrue des femmes, la plateforme « Alliance des femmes du Grand-Kivu » (A.F.G.K.) a invité toutes les composantes de la société civile et les acteurs politiques à soutenir le dialogue national, seule voie de sortie de la crise actuelle.

Cette association féminine apolitique l’a fait savoir au cours d’une grande marche pour la paix, organisée dans l’avant-midi du samedi 5 mars 2016. Cette caravane à pieds a commencé  au niveau du rond-point Moulaert, dans la commune de Bandalugwa, pour déboucher au stade de Martyrs, où il était prévu une grande prière pour la pacification du pays.

Selon Irène Wasso, présidente de l’AFGK, le dialogue est le seul cadre où tous les acteurs de la vie nationale peuvent présenter et discuter de toutes les questions relatives à la situation politique du pays. «Nous devons, a-t-elle martelé, amener nos appréhension,  c’est-à-dire nos craintes, nos doutes, nos inquiétudes sur la table du dialogue. Car, dit-on, les linges sales se lavent en famille».

Elle a indiqué que les multiples violations des droits de l’homme visant surtout les femmes à l’Est de la RDC, dont elle est ressortissante, doivent prendre fin. Et c’est en se réunissant autour de la table que la solution sera trouvée.  « Maisons brûlées, population tuée à coup de machette, sans épargner femmes, enfants, vieillards. Le comble est que nous mourrons dans ces collines sans que personne ne nous entende… On en a marre de cette situation », s’est indignée Irène Wasso, tout en insistant sur l’importance majeure du dialogue afin de mettre fin à l’effusion du sang.

            Dans ce même ordre d’idées, Desy Furaha, vice-présidente de l’AFGK, a fait savoir que les viols sont devenus une stratégie de guerre dans l’Est de la RDC, dans la mesure  où ils sont « systématiques » et « massifs ».

            D’après elle, la solution durable aux problèmes des violences sexuelles reste le retour de la paix dans la région du grand-Kivu. C’est ce qui justifie la présence de cette composante des femmes du Grand-Kivu à Kinshasa pour décrier ce comportement barbare est sont victimes cette population». Et l’unique cadre pour faire entendre notre voix n’est rien d’autre que le dialogue.

            Elle a en outre renseigné que le viol est une arme de guerre utilisée par tous les belligérants. Enlèvement d’enfants pour servir dans les milices, esclavage sexuel, viols collectifs, publics et massifs pour humilier et terroriser les populations sont planifiés et mis en œuvre…

            Le terme « viol », selon elle, fait quasiment d’euphémisme. Car les modes opératoires constituent souvent des tortures et des actes de barbarie, visant la destruction des femmes.

            Au nom de toutes les victimes, elle a appelé les acteurs politiques, les membres de la société civile et les organisations féminines à privilégier en premier lieu l’intérêt général de la nation et surtout à penser à cette population inoffensive qui meurt chaque jour. «Dialoguons pour la paix durable de la RDC… Unissons-nous main dans la main pour mettre en déroute tous les plans de nos ennemis visant la déstabilisation du pays », a-t-elle conclu.

            Il sied de noter que l’«Alliance des Femmes du Grand Kivu » a pour but de promouvoir l’unité et la solidarité entre les femmes de l’ancienne province du Kivu pour la paix durable et le développement intégral.

            Elle lutte par ailleurs contre toutes les formes des violences et veille à la prise en charge psycho-médicale et la réinsertion socio-économique des victimes des violences sexuelles.

Perside DIAWAKU