Les faux monnayeurs font des victimes

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Au nom d’une compétition qui n’a pas dévoilé ses règles, ni le nombre des athlètes et l’identité des membres du jury, certains hommes et femmes d’affaires de notre pays rêvent d’une grande fortune. Devenir riche et même extrêmement riche pousse les plus naïfs d’entre eux à se jeter dans les bras du premier charlatan venu ou des escrocs de la pire espèce. Ce genre de mésaventures a déjà ruiné plus d’un dans la ville de Kinshasa. Les cas sont légion et les victimes nombreuses.
Mme Nkelani, femme commerçante, domiciliée dans la commune de Kasa-vubu, vient de l’apprendre à ses dépens. Et voici comment !

 Au mois de février dernier, elle avait fait connaissance avec un groupe de jeunes gens dirigé par un certain Omar qui prétendait posséder des pouvoirs surnaturels pouvant l’aider à devenir l’une des femmes les plus riches de Kinshasa. Il lui suffisait d’amener trois cent dollars pour les voir multipliés par deux.

 Le jour de l’expérience, un bassin rempli d’eau savonnée ne faisait plus apparaître le fond à cause de la mousse abondante.
Omar, le jeune magicien vêtu d’un boubou aux manches longues, glissa les trois billets de 100 dollars dans l’eau. Il pria et se mit en transe en bougeant ses mains dans le basin. Au bout des incantations, il sortit ses mains et les manches mouillées de sa tenue de cérémonie. Et voilà qu’il sortit six billets de 100 dollars. C’était de bons billets dont trois appartenaient à la dame et trois créés dans le bassin. Le miracle était accompli.
 Pour s’en convaincre, Mme Nkelani les a échangés auprès des cambistes qui n’ont pu déceler les traces de faux.
 Et pour obtenir 20.000 dollars, elle dut remettre à la bande à Omar, le montant de 10.000 dollars. Depuis que les escrocs avaient reçus le paquet, ils avaient promis d’acheter des produits, afin de réussir la multiplication de cette somme. Mais depuis février jusqu’à ce jour, ils sont introuvables. On laisse entendre qu’ils ont fui vers Kisangani.
 Kabengela, trafiquant de diamants, basé à Kananga, vient d’être roulé dans la farine. Des sujets ouest-africains lui ont proposé de multiplier ses avoirs en devises. Chose qu’il n’a jamais faite dans sa vie. Après une longue hésitation, le trafiquant de Kananga, a pris le risque de tenter l’expérience.
 Ces contrefacteurs qui utilisent des produits de photographie pour reproduire des billets de devises, ont su convaincre Kabengela de verser 25.000 dollars.
Première tentative : la reproduction a échoué. Prétexte avancé par les escrocs : les produits chimiques achetés étaient de faible teneur en fixateur. Le trafiquant a été prié d’acheter d’autres produits pour 2.500 dollars. Ne sachant plus retirer son argent, il céda aux demandes des malfrats, voulant réussir cette opération pour ne plus s’aventurer.
Après trois échecs, Kabengela a été contraint de réclamer la restitution de son argent. Trop tard ! Les escrocs avaient traversé le fleuve pour Brazzaville.  

Jadis, les femmes commerçantes apprivoisaient un boa

 Hier, l’escroquerie qui faisait courir les femmes commerçantes tournait autour d’un boa qui vomissait des billets de banque. Ce n’était pas une légende, mais un crotale drogué encore en vie qui vous est proposé pour élevage domestique. Placé dans un panier fermé où étaient entassés de nombreux billets de banque neufs, le serpent avait besoin de se détendre et de se mouvoir dans sa gêole. Dans ses mouvements, l’on pouvait apercevoir des liasses d’argent en petites coupures et de grosses coupures disparates. Entre les mailles du panier, s’échappaient quelques billets que l’on pouvait ramasser à la pelle. A la longue, les initiés qui ne parvenaient pas à supporter la présence d’un boa dans leur chambre à coucher, le laissaient échapper hors de leur résidence. Et c’étaient les voisins qui se chargeaient de l’abattre.
 Aujourd’hui, les escrocs sont revenus à la charge avec une palette des produits, vente de mercure, de la poudre d’or, des grains de diamants, pour certains. Les autres malfaiteurs proposent des purifiants d’eau, des stimulants pour chevaux de course, ainsi que l’opération de multiplication des devises.
 Dans leur modus operandi, les faux trafiquants des substances précieuses vous confieront volontiers un échantillon qui, au niveau des tests physico-chimiques va se révéler une bonne matière.
Mais c’est lors de la vente d’une grande quantité que ces malfrats vont écouler de la camelote.  Partout, où cette marchandise sera proposée, on vous dira que le produit est du ciment coulé dans une bouteille, ou cette poudre d’or est de la poussière d’argent ou de cuivre.
 Avec la furtivité de ces malfaiteurs qui disparaissent aussitôt leur coup réussi, seule la vigilance peut aider beaucoup des candidats à l’enrichissement rapide à éviter de tomber dans le panneau.
              J.R.T.

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