Les experts préconisent la neutralisation rapide des forces négatives

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Mis à l’abri de toute pression politique et de toute perturbation administrative, les experts de différents ministères et services publics dont la présidence de la république, les ministres provinciaux des Mines de Maniema, du Nord et du Sud-Kivu, chargés de réfléchir sur les mécanismes pouvant permettre une application efficace des mesures d’accompagnement de la décision présidentielle de suspension des activités minières à l’Est, ont bouclé hier, leurs cogitations. Un catalogue de recommandations sanctionne cette réflexion qui était entourée de toutes les garanties de sécurité, quand on sait que la décision présidentielle a arraché de la bouche de la plupart des responsables des services de l’Etat, des groupes armés et des autres forces négatives, le beefteack qui les nourrissait depuis des années. Ce qui entretenait les conflits armés et qui donnait des ailes aux exploitants miniers illégaux. 

            Le ministre des Mines Martin Kabwelulu, sous l’égide duquel, ces assises ont été organisées, et à qui une copie des recommandations des experts a été destinée, s’est félicité du travail laborieux réalisé et des propositions formulées. Ce qui a permis enfin à ses services de dresser un chronogramme des actions concrètes et urgentes à entreprendre d’ici la fin du mois d’octobre 2010.

            Aux problèmes de sécurité dans les zones minières et a      vec les pays voisins, les experts ont préconisé le renforcement du contrôle de ces zones par les Forces armées de la République démocratique du Congo, et l’intensification des échanges d’informations avec les services spécialisés des pays voisins dans la lutte contre la criminalité transfrontalière.

Il s’agira aussi de renforcer le contrôle du flux migratoire des populations aux frontières de la RDC par les services spécialisés, ainsi que de renforcer les contacts diplomatiques.

            La constitution d’une mission conjointe des experts de différents ministères et de la Banque centrale du Congo a été proposée pour sillonner les pays voisins suivants, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie.

            Cette mission devra obtenir sur le plan régional, la collaboration entre les services douaniers, judiciaires et sécuritaires des pays voisins, devant assurer le contrôle rigoureux du trafic transfrontalier pendant toute la durée de la suspension des activités minières à l’Est.

            Concernant le contrôle de séjour des expatriés dans les provinces du Maniema, du Nord et du Sud-Kivu, les experts ont recommandé le renforcement de la collaboration entre la DGM et le ministère du Travail et de la Prévoyance sociale pour l’échange d’informations, afin de fournir aux gouvernements provinciaux des éléments  pour lancer un contrôle des titres de séjour et de la carte de travail pour expatriés. A cet effet, la Commission nationale de l’emploi devra être convoquée urgemment d’ici le 10 octobre.

            Les experts ont également recommandé au Cadastre minier de mettre à la disposition du secrétariat technique, tous les tableaux relatifs à l’identification des titulaires des droits miniers, à l’inventaire des titres miniers actifs et à l’assainissement des droits miniers octroyés par ses services.

Quant à la conversion des permis de recherche à ceux d’exploitation, la commission interministérielle a envisagé la réalisation des missions urgentes de contrôle sur le terrain, de tous les titres miniers et de prélèvement des coordonnées géographiques des sites d’exploitation et des points de vente. Il faudra également accélérer la procédure de conversion des permis de recherche en permis d’exploitation. Ce qui implique la régularisation des dossiers de demande en cours de traitement dans les différents services des Mines. 

Sécurisation des sites d’exploitation minière 

            Pour assurer la sécurisation des sites d’exploitation minière, le ministère des Mines devra obtenir de la Police nationale congolaise, le détachement d’une unité spéciale qui sera mise à la disposition de l’administration des Mines. Cette unité pourra accomplir des missions particulières dans les sites miniers, afin d’assurer leur sécurisation dans les trois provinces du Maniema, du Nord et du Sud Kivu. Elle ne devra pas être seule et devra travailler en collaboration avec les inspecteurs des Mines. Le caractère opérationnel de ce service d’ordre ne peut être garanti que par le renforcement de ses moyens d’action.

            Au sujet de l’inventaire des titulaires des droits miniers en phase de développement ou de construction, les experts requièrent la production de leur liste par le Cadastre minier et la direction des Mines.

            Aujourd’hui, au nombre des préoccupations majeures du ministère des Mines, les experts ont inscrit la cartographie générale des sites et le renforcement des capacités des agents et cadres des services des Mines, ainsi que des OPJ.

            Signalons que parmi ses grandes recommandations, la commission interministérielle a préconisé d’autre part que le ministère des Transports puisse assurer un contrôle plus rigoureux du trafic dans les espaces aériens concernés par la décision présidentielle, l’identification et le suivi des mouvements des aéronefs, des véhicules et des embarcations dans ces espaces.

            Enfin, pour lutter contre le blanchiment des capitaux, les experts ont proposé la traçabilité des opérations financières liées aux activités minières dans les trois provinces. Les transactions devront se faire auprès d’une banque commerciale de la place.

            Un accent particulier a été mis à la lutte contre les comptoirs maffieux et pirates, et au renforcement des Fardc par des moyens logistiques et financiers adéquats, en vue de déloger et de neutraliser les forces négatives dans les sites miniers et axes routiers.

            Au regard de cette série des recommandations des experts et de la détermination du gouvernement de mettre en application, la décision présidentielle de suspension des activités minières à l’Est, l’on croit savoir que des opérations militaires vont reprendre bientôt dans les trois provinces du Maniema, du Nord et du Sud Kivu. 

         J.R.T.

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