Les experts de la Banque mondiale préconisent la prudence face aux risques des chocs exogènes

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banque_mondiale-2L’Afrique subsaharienne a enregistré au cours de six premiers mois de 2013, une solide croissance. Si certains pays ont connu une croissance de 5 %, d’autres sont demeurés sous ce seuil. En présentant les éléments du rapport semestriel de 2013, intitulé Africa’s Pulse, les experts de la Banque mondiale basés  à Washington et Bruxelles, ont débattu hier lundi 7 octobre 2013, de ce sujet avec les journalistes africains dans les bureaux de la Banque mondiale dans les différents pays africains, grâce à une connexion de vidéo-conférence. Ils se sont appesantis sur les progrès économiques récemment enregistrés par l’Afrique, avant de relever les défis à vaincre face aux inégalités qui demeurent élevées. Pour ce point de presse, ce panel d’experts alignait pour la région Afrique, Mme Punam Chuhan-Pole, économiste principale et M. Francisco Ferreira, économiste en chef adjoint, ainsi que pour le bureau de Bruxelles, l’économiste Luc Christiaenssen. De l’avis de ces experts de la Banque mondiale, auteurs de ce rapport, le contexte économique mondial s’améliore, même si les risques d’un ralentissement persistent.

A partir de leurs bureaux, ces économistes ont abordé trois points importants de ce rapport, notamment la croissance telle qu’elle a été enregistrée dans deux groupes de pays. Les uns faisant partie des producteurs du pétrole et des métaux, ont connu une croissance soutenue, tandis que la croissance des autres s’est située en-dessous de 5 %. Ensuite, Ils ont épinglé des questions sur la vulnérabilité des économies africaines, face aux chocs exogènes liés à la baisse des cours des matières premières qui entraînerait une tendance baissière à la croissance. Bien qu’ils prévoient un raffermissement de la croissance en 2013, les auteurs du rapport d’Africa’s Pulse notent des risques énormes de vulnérabilité de certains. D’ailleurs, ont-ils soutenu, les statistiques montrent aux gouvernements qu’ils doivent être plus prudents.

Malgré cette embellie, le constat est qu’un Africain sur deux, sinon plus, vit sous le seuil de la pauvreté. Pour les experts de la Banque mondiale, l’Afrique devrait profiter de certaines opportunités qu’offre la hausse des cours des produits pétroliers et miniers pour soutenir cette croissance. Les pays à croissance assez faible devraient pour leur part, attirer des flux des capitaux, notamment les investissements directs étrangers.  Trois facteurs restent déterminants pour accroître leur croissance. Il s’agit de renforcer et de stabiliser leurs politiques macro-économiques, monétaires et budgétaires. Ils pourraient réduire leurs déficits budgétaires. Les pays africains qui ont accès aux marchés des capitaux, devraient profiter d’une forte demande intérieure pour attirer davantage les investissements directs étrangers. Les experts de la Banque mondiale recommandent beaucoup d’investissements dans l’agriculture  qui pourraient entraîner la création des emplois pour de nombreux paysans, et de petites exploitations agricoles, et favoriser la réduction de la pauvreté. Ils ont insisté pour que l’on investisse davantage dans l’éducation et la santé.

A une question sur le cas de la RDC, l’économiste Luc Christiaenssen qui lie la croissance économique à la croissance démographique, la Banque mondiale peut préconiser le rééquilibrage des politiques macro-économiques. Et comment les immenses ressources dont regorge le pays peuvent-elles profiter aux citoyens ? Pour cet expert, les indicateurs humains en RDC sont les plus bas au monde. Pour relever les défis qui se présentent, il faut que la RDC puisse investir dans l’éducation et la santé. Il faut que les dépenses faites par le gouvernement puissent atteindre les citoyens. Il faut que ces transferts puissent se faire dans le secteur agricole, par des transferts de financements vers des petites exploitations agricoles. Il faudrait accroître une soutenabilité budgétaire, éviter des risques d’endettement, et réduire les écarts assez significatifs dans le domaine des infrastructures. Cela passe par la transparence et la bonne gouvernance.

J.R.T.   

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