Les Evêques de Mbandaka interpellent politiciens et notables

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A l’occasion des anniversaires d’épiscopat de trois de leurs collègues,  les Evêques de la province ecclésiastique de Mbandaka, dans la province de l’Equateur, ont concélébré dimanche 13 juin 2010  une messe d’action de grâce dans la paroisse Notre Dame de Fatima, dans la commune de la Gombe. Il s’agit de Nosseigneurs : Louis Nkinga Bondala (30 ans), Evêque de Lisala, Joseph Kumundala Mbimba  Archevêque de Mbandaka-Bikoro  (29 ans), et Dominique Bulamatari (10 ans), Evêque de Molegbe.

 

              Les ressortissants de la province du feu Maréchal Joseph-Désiré Mobutu Sese Seko Kuku Gbendo Wazabanga y ont répondu présents. Sénateurs et députés, toutes tendances confondues, membres du gouvernement, députés provinciaux, officiers de la police nationale et des FARDC, opérateurs politiques et socio-économiques, des barons et notables de l’Equateur.

 

              Dans son homélie  l’Archevêque Joseph Kumundala a rappelé à toutes les filles et à tous les fils de l’Equateur quelques vertus cardinales d’un fils de Dieu, à savoir  l’amour, l’unité et le développement. La province de l’Equateur se meurt dans l’indifférence presque totale de ses enfants. Tous les indicateurs sont au rouge. Les finances, l’éducation, la santé, l’eau et l’électricité s’enfoncent au fond du gouffre.

              A titre illustratif : 46 % des enfants à l’âge de scolarité ne fréquentent plus l’école maternelle comme  primaire, 80 % l’école secondaire et 82 % des filles n’attendent plus que d’être mères. Les hôpitaux ne sont pas assez équipés ; ils ne comptent que 11 % des lits et un infirmier pour cent personnes. De même, 82 % de la population n’a pas accès à l’eau potable 99 % dépourvus d’énergie électrique…Bref, la province de l’Equateur marche à reculons.

              Parmi les grands maux qui rongent cette province, Mgr Joseph Kumundala Mbimba a épinglé les démons la séparation, la jalousie, la calomnie et le procès d’intention. Pour le prélat catholique, la province de l’Equateur est en proie à des divisions ethniques Nord-Sud. Ces divisions,a reconnu l’archevêque, sont alimentées par des politiciens qui ont réussi à infecter toutes les couches sociales. Même le clergé catholique (les prêtres, les religieuses et les frères) n’a pas échappé à la règle. A cet effet, la jalousie, la calomnie et le procès d’intention font bon ménage. Bien plus, la guerre de leadership bat son plein, et les politiciens recourent à la haine tribale pour embarquer toutes les couches sociales. Certains politiciens s’activent à détourner les prélats de leur mission fondamentale de rassembler toutes les brebis du Seigneur, ou  leur fait porter des casques ou couleurs de leurs formations ou regroupements politiques.

 

Culture de la « Conscience équatoriale »

              Partant de l’évangile  sur la guérison du paralytique, l’Archevêque de Mbandaka-Bikoro a  exhorté toutes les filles et tous les fils de l’Equateur à contribuer au décollage de leur province. « Equateur, prends ton grabat et marche ». Il s’agit  d’une interpellation de tous les ressortissants de l’Equateur à cultiver l’amour et l’unité,  à rejeter tout ce qui les divise pour vivre comme des jumeaux ou des jumelles.

              Et, c’est ce qu’il faut entendre par « Conscience équatoriale ». Cette expression qui a vu le jour avec feu cardinal Frédéric Etsou, a expliqué Mgr Joseph Kumundala, prône l’amour, l’unité, le pardon, la réconciliation, l’entente et le développement de l’Equateur. « Convertissons-nous, aimons-nous les uns les autres, et contribuons tous au développement de notre province, pour que l’Equateur puisse aller de l’avant. Que chaque fille et chaque fils de l’Equateur fasse quelque chose pour le développement de son secteur, de son territoire pour le grand bonheur de la province », a conclu le prédicateur.

                         Michel  LUKA  

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