Les Etats-Unis d’Afrique : est-ce possible ?

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En vue de réfléchir sur la possibilité et la nécessité de mettre en place un gouvernement des Etats-Unis d’Afrique pour permettre au continent de se développer sans ingérence occidentale, le collectif « Etats-Unis d’Afrique » a organisé, le  samedi 12 septembre à la paroisse notre Dame de Fatima, une conférence de presse, en présence des scientifiques et politiques. Cette activité était animée par le président de ce collectif, Emmanuel Lukusa, le professeur Kabongo, membre du Centre Panafricain Cheik Anta Diop, le coordonnateur-adjoint du journal Le Phare, Fidèle Musangu, le D.G. du Groupe Le Potentiel, Freddy Mulumba, le président provincial de l’UNPC et D.G. de Télé 50, Jean- Marie Kasamba.

Dans son exposé, Emmanuel Lukusa a indiqué que la problématique du panafricanisme et des Etats-Unis d’Afrique date d’un  siècle. Né à l’aube des premières années des indépendances, ce concept a suscité bien d’espoirs à l’Afrique, qui se libérait du joug colonial. Mais l’on a fini par se rendre compte, dans la réalité, que le continent demeure sous la domination des occidentaux.  D’où, il faut que les Africains prennent conscience des enjeux de l’heure. Car, dit-il, plusieurs pays tels que la Chine, l’Inde ou le Brésil émergent sur l’échiquier mondial. Ces Etats, clamant leur souveraineté et gardant leurs valeurs et cultures, font aujourd’hui la convoitise des occidentaux. Mais, pourquoi l’Afrique continue-t-elle de se corrompre autant, pourquoi se renie-t-elle pour tendre la main sempiternellement ? Comment ne plus voir l’Afrique comme un continent de misère, de conflits, de corruption ?

Selon lui, pour s’affirmer avec force, le combat pour la renaissance africaine devra intégrer cette dimension, la richesse de nos origines, de nos cultures, la préciosité de nos matières premières, la nécessité de contrôler de nos vies, nos économies, nos ressources naturelles, d’échapper aux diktats du Nord. Et cela ne sera rendu possible que si l’on arrive à mettre en place les Etas-Unis d’Afrique.

La tâche est d’autant difficile qu’il existe plusieurs « Afrique » : francophone, anglophone, lusophone, hispanophone, avec leurs caractéristiques propres, découlant des influences spécifiques des pays colonisateurs et des pressions de toutes sortes subies par les différents gouvernements. Mais il a estimé qu’avec un peu de volonté et de conscience, un compromis peut-être trouvé, dans le seul intérêt du continent. Par ailleurs, il a précisé que l’Union Africaine n’est qu’un organe transitoire qui, en principe, doit nous conduire de l’OUA aux Etats-Unis d’Afrique .

Comment créer les Etats-Unis d’Afrique ?

A ce sujet, le président de ce collectif a renseigné qu’il se pose de sérieux problèmes pour la souveraineté des Etats et leur leadership. Il a proposé l’installation d’un conseil supérieur des anciens chefs d’Etats d’Afrique. C’est dans ce conseil que seraient choisis, selon lui, les présidents de cette méga-structure. Si par exemple un président, après son passage à la tête d’un Etat, arrive à bien gérer le pays et à terminer son mandat de manière démocratique, il pourra alors siéger à la tête du conseil supérieur comme président. Ce gouvernement central serait constitué également de 54 ministères. Et chaque Etat enverrait un représentant qui serait sous la tutelle du président.

 Toutefois, ce collectif prépare un congrès au mois de novembre au Cameroun, qui va réunir des Africains. Ce sera dans l’objectif de mettre en place le fameux Conseil supérieur des Etats-Unis d’Afrique et d’élaborer un mémorandum pour dire non aux frontières tracées par les colonisateurs. Selon lui, les Africains doivent circuler librement, sans visa,  comme cela se fait en Europe.

Perside Diawaku