Les Enyele au Palais du Peuple : pas de péril pour Muzito !

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La conférence des présidents des groupes parlementaires et commissions permanentes, de commun accord avec le Bureau de l’Assemblée Nationale, a confirmé mardi la venue, ce mercredi matin au Palais du Peuple, du Premier ministre, dans le cadre de la « Question orale » lui adressée par le député national Bussa. Au centre de la préoccupation majeure de cet élu du peuple : être éclairé sur l’attaque des insurgés Enyele à Mbandaka, mais aussi sur ses retombées aux plans politique, sécuritaire et autres.

Dans ce premier « Acte », Adolphe Muzito se fera violence pour écouter religieusement son « interpellateur » ainsi que d’autres députés intéressés par l’affaire. On sait d’avance une chose : le chef du gouvernement va se livrer à un exercice démocratique à priori sans risques.

L’intérêt du face à face entre la Chambre basse du Parlement et l’Exécutif national est évident car, pour une fois, une question ultrasensible est dépouillée du sceau du tabou.

Point n’est besoin de rappeler à quel niveau, dans un passé récent, des compatriotes ont été diabolisés pour s’être interrogés, publiquement et à haute voix, au sujet de l’opportunité des alliances militaires conclues par la RDC avec des Etats voisins. La porte ayant été fermée à la contradiction, ce sont les radios périphériques qui se sont chargées de compenser le déficit de communication entre les décideurs congolais et leurs administrés. Et personne n’ignore le poids et le crédit de ces médias au pays comme à l’étranger par rapport aux positions et points de vue officiels. Et la radio-trottoir, cette compagne fidèle de la société des rumeurs, en a largement profité pour tirer son épingle du jeu.

Il est à espérer que les membres des deux institutions de la République vont jouer franc jeu pour permettre à l’opinion nationale, mais surtout aux populations de Mbandaka, de comprendre ce qui leur était arrivé le 04 avril 2010 et pourquoi il en avait été ainsi. Maintes interrogations continuent d’attendre des réponses claires, notamment celle relative à l’incursion des Enyele au cœur d’une ville où aucun scénario d’invasion d’insurgés présumés décimés depuis novembre 2009 n’était imaginable. Il y a aussi celle liée aux complicités internes et externes tant mises en cause dans les communiqués officiels, au point de donner lieu à une chasse à l’homme dans les cercles politiques des ressortissants de l’Equateur et d’ailleurs.

On aimerait également savoir si la leçon des Enyele a été bien comprise et si un dispositif de sécurité mieux outillé a été mis en place à Mbandaka et dans l’ensemble de l’Equateur, pour éviter la répétition d’un feuilleton semblable à l’avenir. Enfin, les armateurs et voyageurs des bateaux voudraient savoir pourquoi des contrôles dits de sécurité sur le fleuve Congo et ses affluents s’apparentent de plus en plus aux tracasseries et opérations de rançonnement. De même, des habitants des villes, villages et territoires de l’Equateur ont soif d’être fixés sur la mission véritable des trouble-fête qui empoisonnent leur quotidien sous des prétextes les plus divers.

Le débat démocratique en marche ?

Evariste Boshab, président de l’Assemblée Nationale, a confié le week-end dernier à la presse que les journées de mercredi seraient réservées désormais au « défilé » des membres du gouvernement devant la Représentation Nationale. Le débat démocratique est ainsi relancé. Tout ce que l’on peut souhaiter, à ce stade, est que l’Assemblée Nationale et le gouvernement capitalisent leurs idées dans le sens d’une large et correcte information du public. Les animateurs de la radio-trottoir pourraient, à l’occasion, prendre une fessée mémorable si toutes les équivoques sont levées autour de l’affaire des Enyele. Que chercherait encore à savoir le Congolais, si tout lui est dit sur les Enyele, de manière claire, du haut de la tribune de l’Assemblée Nationale ?

                                   Jacques Kimpozo

 

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